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Monsieur
Culioli n'est pas content. Après la
publication de notre article "Le mensuel
Corsica et L'Investigateur"
(lire
l'article)
l'écrivain et journaliste vedette de la
publication insulaire a piqué une
colère noire.
Le
9 octobre, nous attirions l'attention de nos
lecteurs sur une enquête, "Marion
échec et mat?" parue dans le mensuel
Corsica. Nous révélions
que cette enquête s'appuyait en partie sur
les articles d'une étrange publication
caraïbo-luxembourgeoise,
L'Investigateur, dont une des
caractéristiques est d'être
abondamment alimentée par des rapports et
des hypothèses d'origine
policière. Récemment, les noms de
deux "présumés suspects" qui, selon
une thèse policière, auraient pu
participer à l'assassinat du leader
nationaliste François Santoni, avaient
été publiés sur le site
Internet de L'Investigateur. Dans le
numéro 25 des Enquêtes
interdites, nous indiquions que le quotidien
Le Monde (voir
Les enquêtes interdites
n°25)
s'était inspiré des données du
même Investigateur pour avancer
les noms des "assassins présumés" de
François Santoni. Nous
révélions, en outre, que l'origine
des informations en provenance de
L'Investigateur avait été
passée sous silence, aussi bien par
Le Monde que par le journaliste qui signait
l'enquête sur Roger Marion dans le
mensuel Corsica... Un certain Paul Luciani,
identité fictive derrière laquelle,
affirmions-nous encore, se dissimulait
l'écrivain Gabriel Xavier Culioli.
Le
9 octobre au soir, alors que nous venions tout
juste de "mettre en ligne" le sommaire de notre
journal, nous recevions un premier courrier
électronique de Gabriel Xavier Culioli,
alias Paul Luciani. Voici ce qu'il nous
écrivait: "Bonsoir, je suis en train
de travailler sur les révélations du
site de L'Investigateur pour le
mensuel Corsica. J'ai d'ailleurs
interviewé Jean Nicolas qui m'a l'air de
s'amuser de la pagaie qu'il sème avec ses
informations. Il me semble (mais je peux me
tromper) qu'il ne sert pas d'autres
intérêts que ceux de son
journal..." Une phrase étrange où
deux hypothèses, celle de la
vérité et celle du mensonge,
cohabitent! Culioli poursuit: "je voudrais vous
demander un service: m'envoyer très
rapidement l'entièreté de votre
enquête sur l'Investigateur. Nous
bouclons et j'y trouverais sûrement des
renseignements intéressants. Par ailleurs,
nous pourrions peut-être échanger des
informations..." Ainsi, le 9 octobre à
20h15, monsieur Culioli estimait que notre
publication fournissait des renseignements
intéressants et que L'Investigateur "ne
sert pas d'autres intérêts que ceux de
son journal" à moins qu'il ne se
trompe... Quelques heures plus tard, le 10
octobre a 0 heures 24, Culioli ne parvient pas
à trouver le sommeil. Il nous écrit
encore: "Rebonsoir, je me suis abonné
pour recevoir en PDF le journal [...]
En parcourant le sommaire j'ai vu un article
sur L'Investigateur et Corsica.
J'ai hâte de le lire en souhaitant que
vous sachiez choisir les termes pour
dévoiler l'intimité d'amis qui ne
sont pas ceux des ennemis". Curieuse
formulation que cette "intimité d'amis
qui ne sont pas des ennemis", mais il est vrai
que nous avons affaire à un
écrivain... Le 10 octobre, à 15h19
nous recevons un autre courrier
électronique. C'est toujours Gabriel Xavier.
"Qu'est-ce que ça pouvait bien vous faire
que j'écrive sous le nom de Paul Luciani ou
de Tartempion [...]
Je trouve ça d'autant plus
minable que si vous m'aviez
téléphoné je vous l'aurais dit
[...] Je me répète:
pour démontrer que vous êtes bien
tuyautés vous m'avez bien mis dans la
panade. D'autant que votre source est facilement
reconnaissable. Je ne la félicite pas.
C'était tellement facile puisque face
à elle je n'ai jamais porté la
cagoule. Et ça c'est très con pour
moi..." Culioli admet l'exactitude de notre
information, et affirme même qu'il nous
aurait confirmé le fait qu'il signait aussi
sous l'alias "Paul Luciani". Il poursuit en
précisant que face à notre
prétendue source, il n'a jamais porté
la cagoule... Faut-il comprendre que face à
d'autres personnes Monsieur Culioli aurait tendance
à maquiller son identité? De
"porter la cagoule"... celle de Paul
Luciani? Toujours dans ce même courrier
électronique, le journaliste de Corsica fait
une révélation de taille: "Les
Renseignements généraux que j'ai
rencontrés ce matin voulaient absolument
savoir qui était Paul Luciani
[...] Ça y est: ils le
savent". Ce serait faire injure aux membres
des RG, qui par leur nombre composent une
minorité dans l'île, de penser qu'ils
auraient pu ignorer l'identité de ce Paul
Luciani qui puisait ses informations dans
L'Investigateur, journal dont-on
prétend avec insistance qu'il serait
alimenté en partie par quelqu'un de leur
propre administration.
Un
peu plus tard, toujours le 10 octobre,
Gabriel Xavier appelle notre
rédaction. Ses arguments prennent alors
la forme d'insultes très violentes. Il lui
est répondu avec courtoisie. Et il ne se
passe pas une demi-journée pour que le
même Culioli nous envoie un mail
précisant: "Quand j'ai
téléphoné j'étais en
colère. J'ai donc prononcé des mots
qui dépassaient ma pensée et j'en
suis désolé." Il est comme
ça Culioli, il lance une pierre puis il
donne la fessée à son bras. Toujours
dans son courrier électronique, il nous
explique, en utilisant le tutoiement: "Me
réduire à un préfacier d'un
ancien chef du FLNC... Tu te moques de qui
[
] Je trouve
particulièrement dégueulasse de ta
part d'enfoncer le couteau dans des erreurs
[sic] car c'en a été
indéniablement une [de
préfacer Pierre Poggioli NDLR], que
j'ai pu commettre [
] Et puis
merde alors, tu donnes la parole (et tu as raison)
à Pantaléon [Alessandri,
voir son
interview]
qui a été au Front quand toute la
boue montait, qui a butté deux personnes en
taule, mais pour avoir écrit deux
préfaces (dont je ne suis pas fier encore
une fois) me voilà réduit à
ces deux écrits alors que j'ai écrit
douze livres et je ne sais pas combien d'articles
de journaux". Douze livres et on ne sait
combien d'articles, c'est vrai, ce n'est pas rien,
mais pourquoi avoir honte d'avoir écrit deux
préfaces pour Pierre Poggioli qui fut
l'homme fort du FLNC, et qui prit la parole,
autrefois, pour dénoncer haut et fort la
dérive mafieuse qui gangrène la
Corse?
Dans
son courrier, Culioli tient aussi
particulièrement à affirmer que
son "attirance" pour le mouvement "corsiste" est
uniquement d'ordre professionnel, ce que nous ne
mettions pas en doute. Il ressent le besoin de s'en
expliquer: "Il [Toussaint Luciani,
élu territorial et fer de lance du mouvement
"corsiste", NDRL] m'a
téléphoné. J'ai discuté
avec lui des heures. Alors c'est vrai que c'est un
ancien OAS (ce qui n'est vraiment pas ma tasse de
thé). Mais cela fait maintenant 40 ans. Il
dit ne rien regretter et c'est un con. Je le lui ai
dit en face. Néanmoins, dans le formidable
étouffoir médiocre qu'est la Corse,
il tranche et ça fait du bien de parler avec
un type de conviction. Pardonne moi mais les
rebelles ne sont pas seulement de gauche. J'en
connais même d'extrême droite.
Je m'amusais simplement de ce type qui
est très imbu de sa personne, très
intelligent mais toujours en opposition avec
quelque chose. Voilà ce que je voulais dire.
Robert Feliciaggi maintenant. J'ai
parlé avec lui peut-être dix heures
alors qu'il n'était pas mis en examen. Je
m'en fous des a priori et des
préjugés. Si tu savais ce qui se dit
sur toi et tes amis. Mais si on
écoutait les rumeurs plus personne ne
parlerait à personne. J'ai voulu
décrire le bonhomme qu'en définitive
personne ne connaissait. Il a
été mis en examen au moment du
bouclage. C'est vrai que j'aurais dû le
signaler. Mais ça m'aurait
obligé à le recontacter à lui
poser une question à laquelle bien entendu
il aurait répondu qu'il était
innocent". Nous avons bien lu "C'est vrai
que j'aurais dû le signaler . Mais ça
m'aurait obligé à le
recontacter..." Vu la masse des articles
signés Culioli et Luciani, on peut admettre
l'argument de la lassitude, mais le problème
est que Culioli omet de dire à ses lecteurs
que Robert Feliciaggi (élu territorial
"corsiste", patron
de salles de jeux en Afrique, et aussi de casinos
en France à l'époque où
Charles Pasqua était ministre de
l'Intérieur, entre 1993 et 1995) venait
d'être mis en examen, pour corruption active
et que... l'information était
publique!
Ensuite,
Culioli nous précise qu'il s'adosse
à ses informations concernant
l'équipe de TF1 et le militant nationaliste
Mathieu Filidori: "Je suis désolé,
mais je maintiens ce que je disais. L'équipe
de TF1 était à Ghisonaccia pour
interroger certes pas Mathieu Finidori (et
là c'est vrai que j'ai effectué un
raccourci) mais sa compagne..." Dans la
même phrase, il bétonne sa version
tout en admettant qu'il a écrit une
bourde. On écrit "monsieur" à la
place de "madame" et c'est un raccourci! En effet,
Mathieu Filidori ne pouvait pas se trouver, comme
il était prétendu, près de
Ghisonaccia car
il etait emprisonné, depuis deux jours
déjà, à la prison de Fresnes
(voir le document).
Par
la suite, Culioli nous a envoyé quatre
"droits de réponse" successifs. Deux
versions provisoires puis deux définitives,
la dernière par lettre
recommandée. Dans ses courriers
successifs, il nous menace aussi de poursuites en
faisant valoir ses relations avec un grand avocat
parisien, "spécialiste des problèmes
d'édition et de presse".
Dans
le même temps, il a cru bon d'entrer en
contact avec sa source d'information
privilégiée L'Investigateur.
Il se fait interviewer sur son site web en
dévoilant sa véritable
personnalité. L'écrivain Culioli
s'impose un style que son alias Luciani n'oserait
pas dans Corsica. Qu'on en juge:
"Porsia aime s'autoastiquer la
plume pour faire jaillir son invisible
génie à la face d'une
humanité ignorante et évidemment
dégoulinante d'une admiration spermatique
féconde [...] à
force de se palucher, il est devenu
sourd à tout [...] Ce
garçon a gardé une grande
juvénilité qui, risque
pourtant dans quelques années de virer
à la sénélité
précoce. A trop vouloir rester
jeune, on passe sans s'en apercevoir de
la couche Pampers anti-fuite à la couche
Confiance, de la puérilité au
gâtisme coulant..."
Le
style, c'est l'homme! Et le site
amnistia.net
sur lequel il rêvait de voir sa signature
(voir le
document)
ne trouve soudain plus grâce à ses
yeux: "Psychiatriquement, ce site verse mois
après mois dans une paranoïa aiguë
de type khmer rouge..." Etrange de la part de
quelqu'un qui, pas
plus tard que le 10 octobre nous écrivait:
"Je trouve vos articles très bien
foutus... J'ai donc voulu faire du journalisme
d'investigation comme vous vous le faites"
(voir le document).
Puis,
tout comme L'Investigateur, Culioli se
laisse aller à nous traiter de
"balances". Pourquoi? Pour avoir
dévoilé ce secret de polichinelle:
Gabriel Xavier prend le masque de Luciani afin de
publier des informations fournies par
L'Investigateur, une publication qui se fait
une gloire d'être alimentée notamment
par des récits "d'une taupe des RG". Ne
devrait-on pas réserver ce terme de
"balance" pour qualifier quelqu'un qui jette les
noms de prétendus "suspects" sur la place
publique, comme l'a fait
L'Investigateur? Ce qui gêne
Culioli, en fait, c'est qu'il écrivait,
anonymement, en publiant des informations
appartenant à la revue
L'Investigateur et cela tout en omettant de
citer l'origine de l'information. Et cela avec
l'accord explicite de L'Investigateur!
Quelle exception dans l'histoire de la presse:
Demander, et recevoir, l'accord de publier des
documents sans citer le titre de la publication qui
les édite...
La
personnalité du patron de
L'Investigateur est peut-être
à l'origine de cette remarquable
discrétion. Car Jean Nicolas est un
personnage haut en couleurs... Autrefois,
il fut même associé dans un
établissement liégeois, un bar avec
des serveuses pour lequel il craignait des
poursuites pour proxénétisme (voir
le document).
Une visite à son site donne une idée
assez précise du personnage. Sa ligne
éditoriale poujadiste n'attire pas que
des gens bien intentionnés: au moment de la
publication de son opuscule "Les
pédophiles sont parmi nous", Jean
Nicolas eut le triste honneur de recevoir le
soutien actif de la revue d'extrême droite
belge Le Bastion, liée à
la députée du Front nouveau de
Belgique Marguerite Bastien.
Monsieur
Culioli nous traite de balances, mais c'est le
balancement de sa prose qui nous donne la
nausée. Nous sommes des journalistes, ou
comme on dit dans les romans, des fouilles-merde.
Tout simplement parce que nous pensons qu'en la
mettant en pleine lumière, ça
évite de marcher dedans.
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