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Corse: l'investigateur s'enlise
Par Enrico Porsia

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Document 1: Culioli nous écrit encore pour souligner... que même quand il a tort, il a raison. "Je me demandais pourquoi Axel Girard [journaliste a TF1, NDLR] se trouvait à Ghisonaccia pour joindre la demeure de Mathieu Filidori. Pardonne moi mais la chronologie l'explique tout simplement et j'avais raison. Le 19 mai: - Filidori est interpellé dans le cadre de l'affaire Erignac. Le 21 mai: il est procédé à une première série d'interpellations des assassins présumés du préfet Erignac Le 22 mai: Yvan Colonna clame son innocence sur TF1 après la parution du Monde à 13 heures à Paris. Mathieu Filidori venait d'être transféré à Paris.
Qu'est-ce que tu disais sur ceux qui veulent trop démontrer. J'espère que tu donneras ces informations à tes lecteurs."

Bien évidemment, nous donnons ces informations de Culioli à nos lecteurs, tout en leur soulignant qu'elles sont, encore une fois, inexactes. Car, en réalité, le 22 mai 1999, l'équipe de TF1 se trouvait à Migliacciaru pour recueillir le témoignage de Valentina Filidori, la femme de Mathieu. Elle avait décidé d'entamer une grève de la faim à l'église, pour protester contre l'arrestation arbitraire de son mari, interpellé et immédiatement transféré à Paris le 19 mai, puis mis en examen et incarcéré à Fresnes le 20 mai. Le même jour, non loin de l'église de Migliacciaru, les différentes composantes du mouvement nationaliste avaient été invitées à une réunion convoquée à l'initiative du Comité du Fiumorbu. Après avoir filmé la femme de Filidori, l'équipe de TF1 se rendit à la réunion des nationalistes, qui venaient de recevoir, via fax, la fameuse édition du Monde (daté du 23 mai 1999) où apparaissait, pour la première fois, le nom d'Yvan Colonna. Il était cité, avec son frère, comme étant proche de Joseph Caviglioli, leur beau-frère, qui etait présenté, lui, comme étant dans l'entourage du groupe suspecté d'avoir fait partie du "commando Erignac" et qui avaient été arrêtés le 21 mai. Ce furent des militants nationalistes qui donnèrent à l'équipe de TF1 une photocopie de l'article et c'est ainsi que les journalistes se mirent en marche vers Cargese... à la recherche tout d'abord de Caviglioli, et, ensuite de son entourage composé des frères Colonna... Il est donc inexact de la part de Culioli de prétendre que ce fut la rédaction de TF1 qui prévint les journalistes. Car ils ont bel et bien été informés par des militants nationalistes qui, en se mobilisant très vite, ont divulgué l'information sur toute l'île... en utilisant même les journalistes de TF1! Pourquoi les spolier, devant l'histoire, de cet exploit?




Le Figaro du 24.05.1999 relate la réunion du séminaire de Migliacciaru, où 14 organisations nationalistes étaient présentes. Parmi les personnalités, il y avait Jean-Guy Talamoni, Edmond Simeoni, François Alfonsi, Pierre Poggioli et Jean-Michel Rossi.

Dans la photo, un portrait de Mathieu Filidori avec la légende: "Interpellé mercredi dernier, Mathieu Filidori a reçu le soutien à distance de ses amis nationalistes".



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