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A la rentrée, les gros travaux
continuent à l'école
publique du centre de Bastia. Une nouvelle
structure, entraînant une
modification de surface visible, est en
train de surgir du toit de
l'école.
Aucun permis de construire n'a jamais
été
déposé!
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Le
Conseil de la concurrence a condamé
le 6 juin 2006 l'entreprise "Les
Frères Piacentini" pour avoir
participé à un marché
public en déposant des offres de
couverture.
Agrandir
le
document
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Un
chantier qui concerne 280 élèves; un
marché concédé à une
société déjà
condamnée pour des pratiques frauduleuses;
aucun permis de construire déposé et,
selon nos informations, aucune commission de
sécurité venue inspecter les lieux
avant l'accueil des enfants...
La
municipalité de Bastia a
décidé, en mars 2007, de
réaliser la fusion de deux écoles
(maternelles et élémentaires) du
centre-ville. Ce projet concerne 280
élèves. Le conseil de la
municipalité de la ville a autorisé,
le 12 avril 2007, le maire à lancer la
procédure d'appel d'offres. Le marché
est composé de 6 lots pour une enveloppe
globale de 540.000 euros hors taxes
une
enveloppe qui augmentera sensiblement au fil du
temps
Le
15 mai 2007, la commission d'appel d'offres doit
statuer sur le premier lot. Il s'agit des "gros
uvres". L'appel d'offres est fixé
à 270.000 euros hors taxes. Une seule offre
est déposée.
La SARL les Frères Piacentini, veut bien le
marché, mais elle demande 538.730 euros hors
taxes.
Presque le double, soit 100% de plus que le montant
dévolu! L'appel d'offres est jugé
infructueux.
La
commission d'appel d'offres de la mairie
décide donc de relancer un marché
négocié.
Sans mise en concurrence. Sans publicité
préalable, et avec une seule entreprise, la
SARL les Frères Piacentini. Aux termes des
négociations, cette dernière baisse
un peu ses prétentions, et obtient le
marché pour 471.443 euros hors taxes. Soit
près de 75% de plus que la somme
initialement prévue! Ce n'est pas rien
D'autant plus que, dans un article publié
dans Corse Matin du 10 avril 2007, soit un
mois avant le lancement de la procédure
d'appel d'offres, Madame Parsi Graziani,
déléguée aux affaires
scolaires à la mairie, admettait, avec une
désinvolture étonnante, avoir
déjà choisi les entreprises qui
promettaient de travailler pendant
l'été.
"Le
surcoût (de 75%, ndlr) par rapport au budget
prévu, s'explique du fait que nous avons
souhaité travailler avec une entreprise
très sérieuse. Nous ne souhaitons pas
concéder un marché concernant une
école à n'importe qui", nous explique
François Tatti, le responsable des travaux
à la mairie de Bastia.
Effectivement,
l'entreprise Frères Piacentini, qui a
déjà obtenu différents
chantiers de la ville de Bastia, jouit d'une solide
réputation
à un détail
près: Le 6 juin 2006, elle a
été condamnée par le Conseil
de la concurrence à une amende de 38.000
euros, pour des pratiques frauduleuses dans le
cadre d'un marché de travaux publics (cette
décision a fait l'objet d'un recours devant
la cour d'appel de Paris). En attendant, le Conseil
de la concurrence a retenu que l'entreprise
Frères Piacentini était en entente
avec l'entreprise Vendasi, le colosse du
bâtiment en Haute-Corse. Vendasi et
Frères Piacentini sont souvent
associés dans de gros chantiers publics,
notamment à Bastia.
Le
4 juin, le chantier de l'école commence. Et
ceci, malgré le fait que la mairie de Bastia
se soit exemptée de déposer un permis
de construire
une simple
déclaration de travaux, lui a paru
suffisante pour entreprendre la restructuration de
deux établissements scolaires qui
accueillent 280 élèves. Toucher
à la façade d'un immeuble et
construire une nouvelle structure sur le toit d'un
des bâtiments scolaires, en modifiant donc sa
surface, n'a visiblement pas
représenté un obstacle à la
légèreté de cette
démarche.
Extraordinaire?
Pas du tout, selon le responsable des travaux de la
mairie. "On m'a dit qu'une simple
déclaration de travaux était
suffisante" nous affirme, avec aplomb, Monsieur
François Tatti.
Mais
ce n'est pas tout. La commission
départementale de
sécurité, qui doit rendre un
premier avis, en se basant sur les plans des
travaux; un avis qui, si négatif,
entraîne automatiquement l'arrêt du
projet, ne s'est réunie que trois jours
après le début du chantier. En
l'avalisant sans broncher
Pendant
l'été, les gros uvres ont
commencé pour, théoriquement, se
terminer juste avant la rentrée.
Plus
de deux cents élèves, de
l'école élémentaire et de
l'école maternelle, ont
été accueillis dans
l'établissement, alors que les autres
tranches du chantier de restructuration se
poursuivaient.
Selon
nos informations, la mairie de Bastia n'aurait
même pas estimé nécessaire de
convoquer la commission de sécurité
sur les lieux afin de vérifier la
conformité des travaux effectués. La
mairie, propriétaire des lieux, n'aurait pas
effectué les démarches
nécessaires auprès de la
préfecture pour convoquer, comme l'exige la
loi, et le bon sens aussi, la commission de
sécurité, afin de faire inspecter
l'établissement scolaire avant que les 280
élèves ne reprennent les cours... en
toute sécurité!
Nous
avons contacté le responsable des pompiers
de Bastia, qui nous a confirmé cette
information.
Nous avons aussi contacté les services de la
préfecture de Haute-Corse, qui se sont
refusés a tout commentaire, en se contentant
de nous renvoyer vers la mairie.
Si
la commission de sécurité n'a pas
été saisie pour inspecter les
lieux, alors nous nous retrouvons dans
l'illégalité la plus absolue... et,
nous nous permettons de le souligner, dans
l'irresponsabilité la plus totale
vis-à-vis des enfants scolarisés dans
l'établissent!
Une
telle négligence est-elle possible?
Nous avons rappelé le responsable des
travaux à la mairie de Bastia.
Malheureusement, Monsieur
François Tatti, adjoint du maire Emile
Zuccarelli, n'a plus souhaité nous
répondre.
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