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Samedi 21 juin, une dure journée
pour le Premier ministre et le ministre de
l'Intérieur (Le Journal du
Dimanche, 22.06.2003). Accueillis
à Bastia par des syndicalistes et
des militants d'ATTAC hostiles à la
réforme des retraites et aux
contenus de la nouvelle
décentralisation, ils ont
été empêchés de
tenir un meeting en faveur du "oui".
"Bastia, la visite vire au fiasco!"
"Chahutés par des manifestants
Raffarin et Sarkozy n'ont pas pu tenir
leur réunion". Voici comment
Corse Matin du dimanche 22 juin, a
relaté la visite du chef du
Gouvernement et du ministre de
l'Intérieur: "Un Premier ministre,
le teint blême, le sourire
crispé, s'égosiller,
juché sur une chaise en plastique
et le dos plaqué au mur... la
réunion d'information pour les
militants UMP avec Jean-Pierre Raffarin et
Nicolas Sarkozy, a viré au
fiasco".
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Sarkozy
était sûr de son coup. Le premier
référendum qui allait faire rentrer
la France dans le moule de l'Europe des
régions, l'Europe des "Länder",
passerait par la Corse. En ignorant,
"royalement" les spécificités de
l'île, le ministre de l'Intérieur a
engagé le Gouvernement dans une aventure
qu'il croyait sans danger. La première
étape de la nouvelle République
territoriale, et ultralibérale, qui
prévoit, par glissements successifs, de
transférer aux régions toute une
série de compétences, à
commencer par l'aménagement du territoire,
les transports, l'éducation... pour finir
avec la santé, pouvait être
expérimentée sans trop des risques en
utilisant la particularité de l'île de
Beauté comme un leurre.
A
Matignon, comme place Beauvau, la
sérénité était de
rigueur. Soudainement, en décembre, les
prévisions se firent plus nuancées
(voir aussi notre article Corse:
le dossier explosif qui pourrait faire sauter
Sarkozy).
Pour la première fois, un soupçon de
doute fissura la certitude de la prose de l'homme
fort du Gouvernement.
Au
fil des mois le doute s'est amplifié. Le
chef de clan PRG, Paul Giacobbi, conseille à
son partenaire de la place Beauvau, la vertu de la
patience: "Il serait plus raisonnable de reporter
la consultation populaire à la
rentrée", suggère-t-il. Sarko, lui,
est têtu. Tête baissée il
multiplie les voyages en Corse. Il multiplie aussi
la distribution d'une manne financière,
aussi généreuse
qu'intéressée (voir aussi notre
article Sarkozy,
la
Corse
et
le fric).
Et, pourtant, il n'est pas sûr que le
projet du Gouvernement passera. La Corse pourrait
bien le stopper. C'est en tout cas le sentiment qui
prévaut, à l'heure actuelle, chez
certains fonctionnaires des Renseignements
généraux, en poste sur
l'île, qui se sont confiés,
discrètement, à un responsable
syndical.(...)
La
"länderisation" de la République... Pas
de nuages à l'horizon... Une
généreuse manne financière...
Le corrupteur est le bailleur de fonds... "Les
temps changent"
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