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Porto-Vecchio. Ce complexe immobilier, qui
a vu le jour dans la magnifique baie de
Santa Giulia, est hors-la-loi. Les
associations de défense du littoral
s'apprêtent à en demander la
démolition.
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"Depuis
quelque mois nous pouvons constater une progression
de tentatives d'intimidation, de 'conseils
appuyés', nous demandant de renoncer
à certaines démarches que nous
faisons afin que la loi littoral soit
respectée". Il s'agit d'un cri d'alarme.
Vincente Cucchi, présidente de l'association
de défense de l'environnement bonifacien
ABCDE ne décolère pas: "Bien
évidemment, si, comme le souhaitent certains
responsables politiques, la loi littoral devait
être aménagée, nous n'aurions
plus de raisons d'être... Si des sites,
inconstructibles aujourd'hui, devaient être
déclarés urbanisables demain, nous
n'aurions plus aucun recours possible. La loi
protégera les promoteurs. Et, plus cette
éventualité prend de la consistance,
plus nous remarquons une impatience grandissante de
la part des promoteurs immobiliers.
Il nous arrive même de recevoir des visites
à la maison..."
La
Corse est l'un des principaux centres
d'intérêt des promoteurs
immobiliers. Dont certains ignorent jusqu'au
sens du mot "scrupule". Pourtant, grâce
à la protection qu'offre aujourd'hui la loi,
il arrive que de gros projets soient
empêchés de voir le jour.
Le
15 avril dernier, la cour administrative d'appel de
Marseille a annulé un permis de construire
qui autorisait la construction de 19 immeubles,
dans le magnifique golfe de Santa Giulia, sur
la commune de Porto-Vecchio.
Une décision qui intervient alors que le
promoteur immobilier, avait déjà
construit et commercialisé ce lotissement.
Un lotissement de standing, face à la mer,
où les appartements de 55 m2 ont
été négociés, en 1999,
à environ un million et demi de francs
(228.000 euros) l'unité. Un lotissement dont
les associations de défense de
l'environnement s'apprêtent à demander
la démolition.
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Le 21 avril 1999 le préfet Bonnet
avait refusé ce permis de
construire. Par quels tours de passe-passe
en est-on arrivé à
édifier et commercialiser ce
complexe immobilier comprenant 19
immeubles?
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Nous
racontons ici l'histoire de ces 19 immeubles, de 61
appartements...
Un récit qui commence par un refus.
Signé par le préfet de Corse, un
certain Bernard Bonnet.
Le refus opposé à un permis de
construire, délivré 2 mois plus
tôt par le maire, un certain Camille de
Rocca-Serra. L'actuel président de
l'Assemblée de Corse.
Un refus notifié à la
société Marcellesi, une
importante entreprise de la région de
Porto-Vecchio, dont le patron est aussi le
vice-président de la chambre de commerce et
de l'industrie de la Corse-du-Sud.
Le
Préfet Bonnet quittera l'île de
Beauté pour celle de "la Santé"
et aujourd'hui, les 19 immeubles de Santa Giulia
sont construits, les appartements
déjà vendus "à prix
d'or"!
Comme
croyait pouvoir le dire Sarkozy: "Avec mille
kilomètres de côtes, en Corse il y a
de quoi faire!".
C'etait sans compter sur le collectif pour la loi
littoral. Gérard Bonchristiani, le
président de l'association "Pour le libre
accès aux plages et la défense du
littoral" a gagné une bataille
importante.
La justice vient de déclarer le lotissement
de Santa Giulia hors-la-loi.
C'est
un coup dur pour le promoteur, le maire et... la
préfecture.
Maintenant, les immeubles vont-ils être
démolis?
Mais,
au fait, par quels tours de passe-passe en est-on
arrivé à édifier un complexe
immobilier aujourd'hui declaré
hors-la-loi?
Amnistia.net
vous explique comment fonctionne ce
mécanisme original.
Documents et témoignages à
l'appui.
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