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Un
mystérieux contact aux RG qui
téléguidait le
journaliste
Le
"journaliste d'investigation" ne se démonte
pas pour autant.
Le 21 mars 2003, il entre en possession d'une
lettre prétendument écrite par Yvan
Colonna, mais dont il n'arrive pas à
vérifier l'authenticité
Et,
pour cause: ce mystérieux courrier
n'était autre qu'un faux fabriqué par
une mystérieuse officine.
Jean-Paul
Guillaume, qui travaille également sous le
pseudonyme de Paul Harvall, va frapper à la
porte de Joseph Vebret, directeur des
éditions "Archipel". C'est une petite maison
d'édition qui recherche des scoops. Et
qui espère l'incroyable!
L'affaire
se fait. Joseph Vebret se trompe, mais il ne le
sait pas encore.
Un contrat est signé. Jean-Paul Guillaume se
contente de beaucoup moins d'argent que ce qu'il
réclamait à la maison
d'édition Denoël. En échange de
4.500 euros, il va signer une
"contre-enquête". Un "récit à
quatre mains" écrit avec Stéphane
Colonna, le propre frère d'Yvan et, bien
entendu, l'ouvrage sera préfacé
par
le berger en fuite
lui-même.
Le
14 avril 2003, Guillaume débarque en
Corse. Son éditeur, Joseph Vebret,
l'accompagne "pour vérifier qu'il
bénéficiait des contacts et de la
confiance dont il parlait". Malheureusement pour
lui, seule la déception est au
rendez-vous.
Vebret
et Guillaume restent trois jours en Corse. Pendant
ce court séjour, le "journaliste
d'investigation" explique à son
éditeur qu'ils sont suivis à la trace
par les hommes de la Division nationale
antiterroriste (DNAT) et qu'il est en contact avec
un ex-commissaire des RG qui "lui signale les
voitures qui le suivent". Tout au long de leur
périple corse, l'éditeur remarque que
Guillaume discute souvent au
téléphone avec son mystérieux
contact aux RG, comme si ce dernier
téléguidait le
journaliste
Les
hommes de la DNAT débarquent
Le
16 avril, l'éditeur et le journaliste
rencontrent Stéphane Colonna. Le
frère du berger en fuite ne fait aucune
allusion au "récit à quatre mains"
qu'il serait censé d'écrire avec le
"journaliste d'investigation".
"Autour
de la table, je ne percevais pas de
complicité entre Jean-Paul et
Stéphane Colonna". Joseph Vebret
commence à sentir le doute
l'envahir.
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CCourrier
adressé à Yves Bertrand,
directeur central des RG, par le
commissaire principal Marty-Vrayance.
Ce fonctionnaire a aidé Thierry
Meyssan, le principal animateur du
Réseau Voltaire, dans la
rédaction du fameux livre
complotiste prétendant qu'aucun
avion ne s'était
écrasé sur le Pentagone, le
11 septembre 2001.
Marty-Vrayance effectue des missions aussi
discrètes que délicates pour
les Renseignements généraux.
C'est lui qui déniche la fameuse
piste sur la cavale d'Yvan Colonna au
Venezuela
Ses renseignements sont
"pris très au sérieux" par
Yves Bertrand, et Marty-Vrayance est
même envoyé en
Amérique latine afin
d'enquêter sur place. La piste ne
mène à rien.
Dans
ce document, délirant, le
commissaire principal prétend que
l'assassinat du préfet de Corse
serait l'uvre d'un réseau
néo-nazi lié à la
CIA. Un réseau qui aurait
bénéficié du soutien
du numéro deux des RG, Bernard
Squarcini, principal adversaire d'Yves
Bertrand dans cette honorable
administration.
"Je plaide coupable, le personnage avait
tellement de talent qu'il est parvenu
à m'abuser", se défend
aujourd'hui Yves Bertrand
faisant
preuve d'une naïveté bien
surprenante!
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la documentation dans notre dossier format
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"Je
n'ai jamais donné l'autorisation à un
quelconque journaliste de faire un quelconque livre
avec moi. Ce M. Guillaume est monté
à Cargese, il m'avait envoyé
auparavant un cameraman et un photographe, mais je
n'ai dit 'oui' ni à lui ni à
l'éditeur", expliquera plus tard
Stéphane Colonna (Le Monde, 23 mai
2003).
Un
mois plus tard, le 19 mai 2003, alors que
l'éditeur attend toujours la préface
de l'homme le plus recherché de France,
les hommes de la DNAT débarquent chez le
journaliste. Les enquêteurs de la Division
nationale antiterroriste apprécient
modérément l'activité du
journaliste, qui travaille désormais en
tandem avec un fonctionnaire de la police
nationale.
Jean-Paul
Guillaume est placé en garde à
vue. Son contact aux RG subit le même
sort. Ce dernier s'appelle Hubert Marty-Vrayance.
Commissaire principal de la police nationale ayant
servi plusieurs années aux Renseignements
généraux, puis au SGDN
(Secrétariat général de la
défense nationale)*.
Un
service très sensible duquel il avait
été écarté,
après avoir aidé Thierry Meyssan, le
principal animateur du Réseau Voltaire, dans
la rédaction du fameux livre complotiste
prétendant qu'aucun avion ne s'était
écrasé sur le Pentagone, le 11
septembre 2001.
Lire
la quatrième partie: - "Le
cabinet noir" - Etranges collaborations et
fâcheux mélanges de
genres
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En
voici le sommaire:
-
"Mon client a été
balancé!"
- "Une interview exclusive d'Yvan Colonna dans le
fin fond du
maquis..."
- Un mystérieux contact aux RG qui
téléguidait le journaliste
- Les hommes de la DNAT débarquent
-
"Le cabinet noir"
- Etranges collaborations et fâcheux
mélanges de
genres
-
Proposer un marché à Nicolas
Sarkozy
- Une source "en béton
armé"
-
Le mythique patron des RG
- La presse régionale: un excellent relais
pour propager l'intox
- "Enquête sur un homme de
pouvoir"
*
Depuis, le commissaire Marty-Vrayance a
été révoqué de la
police pour avoir "vendu" à des particuliers
des informations confidentielles (cartes grises,
casier judiciaire).
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