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Dossier exclusif Guerre de l'ombre au cœur de l'Etat
Yvan Colonna, les RG, le journaliste et l'éditeur
Quatrième partie - "Le cabinet noir" - Etranges collaborations et fâcheux mélanges de genres


Par Enrico Porsia

Lundi 12 novembre 2007


Précedent: - Un mystérieux contact aux RG qui téléguidait le journaliste… - Les hommes de la DNAT débarquent

Suivant: Proposer un marché à Nicolas Sarkozy - Une source "en béton armé"



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"Le cabinet noir"



Ce courrier de "repentance" est envoyé par Hubert Marty-Vrayance, un mois avant sa mise en garde à vue, à Bernard Squarcini, l'homme de Sarko aux RG… Au même moment, Marty-Vrayance poursuit, allégrement, sa collaboration avec le "cabinet noir" d'Yves Bertrand.

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Hubert Marty-Vrayance, fait partie de ce que plusieurs articles de presse ont défini comme "le cabinet noir" des Renseignements généraux. Un "cabinet noir" aux ordres du directeur central du service, Yves Bertrand. Voici comment est décrit ce cabinet occulte par le commissaire Hubert Marty-Vrayance en personne: "Un réseau très cloisonné de fonctionnaires et de journalistes travaillant dans l'ombre sans se connaître, non pas au profit de la Direction centrale des RG ou du ministère de l'Intérieur, mais de la seule personne du directeur central des Renseignements généraux. Les 'agents' composant ce réseau étaient chargés de recueillir des renseignements à son intention exclusive, soit parce qu'ils étaient impossibles à recueillir dans le strict cadre de l'institution, soit parce qu'ils étaient destinés à l'usage personnel du 'patron', vraisemblablement dans l'intérêt du service. Commodité supplémentaire de ce système: ces 'agents' étaient tout à fait officieux, ils pouvaient servir de fusibles en cas de dérapage, afin de ne pas mettre en difficulté Yves Bertrand".

Dans ce courrier de "repentance" envoyé, un mois avant sa mise en garde à vue, à Bernard Squarcini, l'homme de Sarko aux RG, Marty-Vrayance explique aussi: "On ne s'aperçoit pas immédiatement que l'on intègre ce type de réseau; cela se fait insensiblement, mais sûrement. En ce qui me concerne, après une prise de contact concernant la cavale d'Yvan Colonna, le processus avait consisté à me faire miroiter à terme une réaffectation attractive dans ma direction d'origine, assortie d'un avancement. J'ai eu droit aussi à une promesse de décoration…"
Sans commentaire.

Etranges collaborations et fâcheux mélanges de genres

Ce fonctionnaire travaille donc en liaison directe avec Yves Bertrand. Lorsqu'il est placé en garde à vue en même temps que son ami, le "journaliste d'investigation" Jean-Paul Guillaume, l'inspection générale de la police nationale saisit le disque dur de son ordinateur. Les enquêteurs découvrent ainsi que le commissaire principal Hubert Marty-Vrayance avait entrepris d'écrire quelques chapitres du "récit à quatre mains" pour le compte du journaliste Jean-Paul Guillaume. Etrange collaboration et fâcheux mélange de genres.

Il faut bien reconnaître que le commissaire principal Hubert Marty-Vrayance n'est pas à son premier coup d'essai "littéraire". Il a déjà donné quelques coups de main à Thierry Meyssan, auteur de L'Effroyable imposture, mettant en cause le crash d'un avion sur le Pentagone. Cet ouvrage déjanté est publié par Patrick Pasin, des éditions Carnot.

En mars 2002, alors que la campagne présidentielle bat son plein, des membres du "cabinet noir" vont proposer au même éditeur le livre "choc de l'année". Un livre sur le candidat de la gauche, Lionel Jospin. Le titre est évocateur: "Un passé qui ne passe pas. Le cauchemar en rose et brun qui hante Lionel Jospin". L'ouvrage ne se contente pas de retracer le passé trotskiste de l'adversaire politique de Jacques Chirac, il relate aussi le passé du père du candidat socialiste.


En mars 2002, des membres du "cabinet noir" vont proposer à Patrick Pasin, des éditions Carnot, un livre sur le candidat de la gauche, Lionel Jospin. Quelle est l'ambition des auteurs? Effectuer un lien odieux entre le passé trotskiste, certes longtemps occulté, de Lionel Jospin, et celui de son père. Cette fois-ci, l'éditeur refuse de "publier le manuscrit polémique". De façon très peu usitée, le courrier de refus de l'éditeur est expédié au Secrétariat général de la Défense nationale, là où travaille Hubert Marty-Vrayance.

Qui sont les auteurs du manuscrit? Le journaliste "rouge-brun" Jean-Paul Cruse (voir nos éditions du 9 février 2005 et du 30 juin 2003) et un certain Didier Mathis… nom d'emprunt derrière lequel ne se cacherait personne d'autre que Didier Rouch. Il est le chef du groupe d'enquêtes au cabinet d'Yves Bertrand, le directeur central des RG.

Jean-Paul Cruse conteste ces informations. Le journaliste, qui prêta autrefois sa plume à l'ancien patron du GIGN, Paul Barril, se dit victime d'une manipulation. Jean-Paul Cruse nie toute collaboration avec des fonctionnaires des RG pendant la rédaction de son livre: "Un passé qui ne passe pas. Le cauchemar en rose et brun qui hante Lionel Jospin". Un livre, jamais publié,dont il revendique, seul, la paternité.

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Quelle est l'ambition des auteurs? Effectuer un lien odieux entre le passé trotskiste, certes longtemps occulté de Lionel Jospin, et celui de son père. Ce dernier est présenté par "les enquêteurs" d'une façon caricaturale, comme un collaborateur notoire pendant l'Occupation. Cette fois-ci, l'éditeur refuse de "publier le manuscrit polémique". Un manuscrit qui lui a été livré par le commissaire principal Hubert Marty-Vrayance. Encore une fois, il s'agit d'un ouvrage écrit à "quatre mains". Qui en sont les auteurs? Le journaliste "rouge-brun" Jean-Paul Cruse (voir nos éditions du 9 février 2005 et du 30 juin 2003) et un certain Didier Mathis.

D'une façon très originale, le courrier de refus de l'éditeur est expédié au Secrétariat général de la Défense nationale, là où travaille Hubert Marty-Vrayance. Cette fois-ci, notre commissaire principal n'a pas directement participé à la rédaction, se contentant d'agir, modestement, en tant qu'"agent littéraire". Quant au co-auteur de Jean-Paul Cruse, qui se cache derrière le nom d'emprunt de Didier Mathis… il ne serait personne d'autre que Didier Rouch. Il n'est ni journaliste, ni écrivain. Il est le chef du groupe d'enquêtes au cabinet d'Yves Bertrand, le directeur central des RG. Rouch est, selon les propres affirmations d'Hubert Marty-Vrayance, "Les yeux et les oreilles du patron".*

Lire la cinquième partie: - Proposer un marché à Nicolas Sarkozy - Une source "en béton armé"

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L'intégralité du dossier PDF est déjà disponible dans l'espace abonnés et au moyen du service AlloPass. En voici le sommaire:

- "Mon client a été balancé!"
- "Une interview exclusive d'Yvan Colonna dans le fin fond du maquis..."

- Un mystérieux contact aux RG qui téléguidait le journaliste…
- Les hommes de la DNAT débarquent

- "Le cabinet noir"
- Etranges collaborations et fâcheux mélanges de genres

- Proposer un marché à Nicolas Sarkozy
- Une source "en béton armé"

- Le mythique patron des RG
- La presse régionale: un excellent relais pour propager l'intox
- "Enquête sur un homme de pouvoir"


* Jean-Paul Cruse conteste ces informations. Le journaliste, qui prêta autrefois sa plume à l'ancien patron du GIGN, Paul Barril, se dit victime d'une manipulation. Jean-Paul Cruse nie toute collaboration avec des fonctionnaires des RG pendant la rédaction de son livre: "Un passé qui ne passe pas. Le cauchemar en rose et brun qui hante Lionel Jospin". Un livre, jamais publié,dont il revendique, seul, la paternité.

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