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Nous
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Le
mythique patron des RG
Un
rendez-vous est organisé. Le lundi 10 mai
2004, au restaurant de l'hôtel Regina,
à Paris, ils sont quatre autour de la
table. Avec Guy Birenbaum, nous trouvons
Jean-Paul Guillaume, le journaliste, Manu le Gitan,
l'ancien taulard, et Yves Bertrand, l'ex-patron de
la Direction centrale des Renseignements
généraux, qui vient tout juste de
déménager de son bureau, sans pour
autant avoir quitté la Place
Beauvau.
"Bertrand
me met rapidement au parfum sans la moindre
équivoque", nous raconte Guy Birenbaum.
"Oui, 'Monsieur Guillaume dit parfaitement vrai'.
Il est même prêt, lui Yves Bertrand,
à collaborer au bouquin. Oh oui, bien
sûr, pas officiellement. Mais il veut bien
relire les épreuves et valider toutes les
preuves qu'il contient. Tout est vrai. Sarkozy a
menti. Colonna allait se rendre. Son arrestation
est totalement bidon. Bref, c'est une affaire
d'Etat".
Finalement,
la nouvelle version du livre de Jean-Paul
Guillaume, garantie par l'ex-patron des RG, ne
verra jamais le jour.
La
presse régionale: un excellent relais pour
propager l'intox
Le
"journaliste d'investigation" ne renonce pas pour
autant à promouvoir ses talents. Son
"enquête censurée" est
proposée, à l'automne 2004, à
un journaliste du groupe de presse Centre France.
Ce dernier prépare une série
d'articles destinés à être
publiés, simultanément, dans le
Journal du Centre, le Berry
républicain, Le Populaire et La
Montagne.
Voici
un extrait d'un de ses "papiers", au titre
évocateur: L'arrestation d'Yvan Colonna, un
coup tordu? "Si Yvan Colonna a
été arrêté le 4 juillet
2003, le ministre de l'Intérieur aurait eu
en sa possession une information
déterminante presque un an plus tôt,
fin juillet 2002. L'indépendantiste aurait,
semble-t-il voulu se constituer prisonnier,
moyennant la diffusion d'une interview sur France2
- par Jean-Paul Guillaume donc - avant sa
reddition".
Après
avoir effectué plusieurs
vérifications, la direction du groupe de
presse renoncera à la
publication.
Pendant
ce temps, Jean-Paul Guillaume, continuait à
passer, périodiquement, quelques coups de
fil à l'éditeur Guy Birenbaum. Ce
dernier venait de créer sa propre maison
d'édition, "Privé". Le "journaliste
d'investigation" se faisait un devoir de raconter
à l'éditeur les ultimes
évolutions de son manuscrit. Et, ceci,
malgré le fait que l'éditeur se soit
bien gardé de lui proposer un quelconque
contrat. Bien au contraire. Prudent, Guy Birenbaum
avait, lui aussi, entrepris une expertise sur le
récit du journaliste
"légitimé" par la garantie de
l'ex-grand patron des services secrets de la place
Beauvau. L'éditeur s'est désormais
forgé son opinion: On voulait l'enfumer avec
de l'intox!
"Enquête
sur un homme de pouvoir"
Deux
ans plus tard, en mai 2006, Guy Birenbaum
apprendra, avec stupeur, que le déjeuner
à l'hôtel Regina avait
été quelque peu transfiguré
dans le récit d'un autre journaliste
d'investigation.
Au
milieu du livre "Nicolas Sarkozy. Enquête sur
un homme de pouvoir", écrit par
Frédéric Charpier on peut lire
ceci:
"On
raconte qu'un proche de l'Elysée a
essayé d'appâter un jeune et
ambitieux éditeur en lui faisant miroiter
des éléments biographiques
prétendument pimentés sur
l'historique familial des Nagy Bocsa. La
rencontre entre les deux hommes, mis en rapport
par un ancien truand, a eu lieu le 10 mai 2004
à Paris, à l'hôtel Regina,
mais, semble-t-il, à la demande du jeune
éditeur".
Commençons
par remarquer que deux convives ont tout simplement
disparu de la narration, et que le sujet de la
discussion s'est déplacé de
l'île de Beauté vers la Hongrie,
berceau de la famille paternelle de Nicolas
Sarkozy.
Poursuivons
la lecture: "Selon le 'proche de
l'Elysée' interrogé par l'auteur,
aucun deal d'aucune nature n'aurait alors
été conclu entre les deux hommes.
Quant au jeune éditeur, nous avons
cherché en vain à obtenir sa
version".
Guy
Birenbaum appelle Charpier, pour avoir des
explications. Pourquoi le journaliste
prétend-il avoir essayé de le
contacter, alors qu'il n'a jamais reçu la
moindre sollicitation de sa part?
Très
embarrassé, Charpier prétend d'avoir
obtenu un mauvais numéro de portable.
Mais pourquoi n'a-t-il donc pas essayé de le
joindre à sa maison d'édition? Elle
est facile à trouver. Il suffit de consulter
l'annuaire, ou bien de lancer une recherche
Google.
"J'ai
un peu secoué Charpier, en lui expliquant
que sa version était bidon", nous
précise l'éditeur. Mais qui
était donc la source, "proche de
l'Elysée", qui avait "tuyauté" le
journaliste d'investigation?
Qui,
si non Yves Bertrand, l'homme des
Renseignements
"généreux"
*
Decidement, le monde est bien petit.
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En
voici le sommaire:
-
"Mon client a été
balancé!"
- "Une interview exclusive d'Yvan Colonna dans le
fin fond du
maquis..."
-
Un mystérieux contact aux RG qui
téléguidait le journaliste
- Les hommes de la DNAT
débarquent
-
"Le cabinet noir"
- Etranges collaborations et fâcheux
mélanges de
genres
-
Proposer un marché à Nicolas
Sarkozy
- Une source "en béton
armé"
- Le mythique patron des RG
- La presse régionale: un excellent relais
pour propager l'intox
- "Enquête sur un homme de pouvoir"
*
Yves Bertrand a toujours démenti l'existence
d'un quelconque "cabinet noir" dans son service.
L'ancien patron des RG a toujours affirmé de
n'avoir jamais agi sans l'accord de sa
hiérarchie.
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