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Vidéo:
Jean-Pierre Van Geirt, ancien
grand reporter à
Paris-Match, a
été le
rédacteur en chef de
L'Investigateur France. Il
nous raconte ici quand il partait
en mission pour Yves Bertrand, le
patron des Renseignements
généraux. Son
objectif: "tamponner"
'L'Investigateur', sulfureure
publication
caraïbo-luxembourgeoise.
L'ex-commissaire
principal Hubert Marty-Vrayance, qui faisait
partie de ce "réseau discret de
renseignement apparemment mis en place depuis
plusieurs années", a donné la
description suivante de cette officine
parallèle: "Un réseau très
cloisonné de fonctionnaires et de
journalistes travaillant dans l'ombre sans se
connaître, non pas au profit de la Direction
centrale des RG ou du ministère de
l'Intérieur, mais de la seule personne du
directeur central des Renseignements
généraux", précise
l'ex-commissaire principal. "Les 'agents' composant
ce réseau étaient chargés de
recueillir des renseignements à son
intention exclusive, soit parce qu'ils
étaient impossibles à recueillir dans
le strict cadre de l'institution, soit parce qu'ils
étaient destinés à l'usage
personnel du 'patron', vraisemblablement dans
l'intérêt du service".
Vraisemblablement
"Commodité supplémentaire de ce
système: ces 'agents' étaient tout
à fait officieux, ils pouvaient servir de
fusibles en cas de dérapage, afin de ne pas
mettre en difficulté Yves Bertrand". Le
commissaire Marty-Vrayance souligne aussi: "On me
fit comprendre que d'autres fonctionnaires
travaillaient comme moi, dans la même
clandestinité. On me fit valoir que cette
contribution occulte ne pouvait avoir que des
effets positifs sur le déroulement
ultérieur de ma carrière".
Nous n'arrêterons jamais de le
répéter: le commissaire principal
Marty-Vrayance a le mérite de la
franchise!
Une
franchise qui est néanmoins mise en doute
par Yves Bertrand. Marty-Vrayance est en effet,
selon l'ancien patron du service secret de la place
Beauvau, "Le spécimen le plus accompli
de manipulateur mythomane qu'il m'ait
été donné de rencontrer. Il ne
manquait ni de talent, ni de tuyaux, tout son art
consistait à mélanger informations
pointues et énormités" (Yves
Bertrand, Je ne sais rien mais je dirai
(presque) tout, Plon 2007, p. 175). Ensuite,
l'ex-chef des Renseignements généraux
nous invite à lire ce qu'a écrit un
journaliste, visiblement très bien
renseigné à ses yeux: "Le journaliste
Frédéric Charpier, frère du
juge Jean-Marie Charpier a longuement parlé
de ce personnage (Marty-Vrayance ndlr) dans son
livre 'L'obsession du complot' et je dois dire que
le portrait qu'il en dresse est parfaitement
conforme à la réalité". Une
réalité, visiblement très
conforme à l'idée que s'en fait Yves
Bertrand
Ce
dernier se place même en victime du
commissaire Marty-Vrayance, qui ne serait qu'un
mythomane doté de "tellement de talent qu'il
est parvenu à m'abuser" (Op. cit. p. 179).
Décidément, celui qui fut pendant 12
ans le grand patron du renseignement au
ministère de l'Intérieur, n'arrive
pas à se défaire d'une modestie
surprenante. Rendez-vous compte: C'est bien lui,
Yves Bertrand, l'ancien directeur central des RG,
qui s'est fait abuser, et non l'inverse, comme le
prétend l'ex-commissaire principal Hubert
Marty-Vrayance. Passons.
La
presse et les maisons d'édition
traditionnelles n'étaient en effet plus les
seuls centres d'intérêt du chef du
"cabinet noir" de la place Beauvau. A
l'ère d'Internet, cette structure occulte,
située au centre névralgique du
ministère de l'Intérieur, s'est fait
un devoir d'investir le Web. Un site avait tout
particulièrement attiré l'attention
du patron. Il s'agissait d'une publication
originale, que les fidèles lecteurs
d'Amnistia.net connaissent bien (voir nos
éditions du 9/9/2003,
du 4/11/2002,
du 18/11/2002,
du 9/10/2002)
Un site web qui était domicilié,
à l'époque, aux Caraïbes et
publiait, depuis le Grand-duché du
Luxembourg, un journal au titre redondant:
"L'Investigateur" Le directeur de cette
publication est un certain Jean Nicolas (Voir notre
article Cet étrange Monsieur Nicolas), grand
spécialiste des infos et, surtout, des
rumeurs à scandales. Infos et rumeurs, bien
souvent, abondamment alimentées par des
rapports et des thèses d'origine
policière
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Une
taupe chez les RG
En
septembre 2002, Yves Bertrand est
interloqué. Il se demande qui fournit des
infos sur son service, sur sa personne, à
Jean Nicolas? Le site
caraïbo-luxembourgeois avait entrepris la
publication d'une longue saga: "Bertrand Story". Ce
brûlot anti-Bertrand était une version
"revue et mise à jour" du livre "RG - La
machine à scandales" de Patrick Rougelet. Ce
dernier, est un ancien responsable des RG,
broyé par son chef une dizaine
d'années auparavant. Depuis, Rougelet n'a de
cesse de dénoncer les agissements du
"cabinet noir". Les articles qui se
succèdent dans "L'Investigateur" ne dressent
pas un portrait très avantageux du patron
des RG. Yves Bertrand est convaincu qu'une taupe,
depuis son service, informe Rougelet, qui balance
ensuite sur le site de Jean Nicolas. Le patron des
RG décide donc d'envoyer quelqu'un
"tamponner" le directeur de la sulfureuse
publication caraïbo-luxembourgeoise.
Pour
cette mission, le patron des RG fait appel à
l'un de ses journalistes favoris. Jean-Pierre Van
Geirt, ancien grand reporter à
Paris-Match, est invité, à l'heure du
whisky, au quatrième étage de la rue
des Saussaies. Le patron lui explique la situation.
Il veut savoir qui renseigne Jean Nicolas. Mais ce
n'est pas tout: Yves Bertrand souhaite tenir sous
contrôle le site de "L'Investigateur", le
retourner et l'utiliser même comme canal
d'information.... A
suivre...
Yves
Bertrand a toujours démenti l'existence d'un
quelconque "cabinet noir" dans son service.
L'ancien patron des RG a toujours affirmé de
n'avoir jamais agi sans l'accord de sa
hiérarchie.
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