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"Tamponner"
L'Investigateur
Van
Geirt part au Luxembourg. Il n'y va pas les mains
vides. Le journaliste emporte avec lui une
liste de noms. C'est une liste de
"présumés pédophiles" que
Jean-Pierre Van Geirt nous affirme s'être
procuré grâce à un contact,
haut placé, au ministère de la
Jeunesse et des Sports. Sans procéder
à aucune vérification, Van Geirt va
livrer ce document à Jean Nicolas
qui
s'empresse de le mettre en ligne. Une liste de
présumés pédophiles est
publiée. Sans la moindre précaution,
des noms sont jetés en pâture au
public.
Il
faut admettre que "L'Investigateur", ne
s'embarrasse guère de la notion de
présomption d'innocence. Jean Nicolas
s'est même fait une spécialité
de publier des "listes" diverses. Une liste de
"francs-maçons", vous était
envoyée sur support CD-rom moyennant 50
euros, pour celle des "présumés
pédophiles", il vous en coûtait
seulement 30 euros, quant à la liste des
"malfaiteurs natifs de Corse", comprenant 150 noms,
dont un grand nombre de personnes n'ayant pas
encore été jugées ou ayant
même été libérées
au cours d'une procédure policière,
vous pouvez la consulter en ligne: c'est gratuit!
(Voir notre article L'Investigateur:
le Web de la
honte!).
Jean-Pierre
Van Geirt commence à collaborer
régulièrement avec Jean Nicolas.
L'ancien grand reporter de Paris-Match,
alors en mission pour le patron des RG, file des
infos à la publication
caraïbo-luxembourgoise
Jean Nicolas est
ravi. Mais dans le même temps, il se pose
aussi des questions: Qui est Van Geirt, et que
veut-il au juste?
Le
journaliste envoyé par Yves Bertrand joue
cartes sur tables. Il explique au directeur de
"L'Investigateur" qu'il a été
envoyé par le patron des RG pour "le
tamponner". Le web luxembourgeois
intéresse beaucoup Monsieur Bertrand. Jean
Nicolas est très touché par tant
d'attention. Les RG l'ont remarqué. Le
patron de "L'Investigateur" se sent soudainement un
personnage important. Il traite avec
l'émissaire d'Yves Bertrand, le grand
patron. En chef d'entreprise avisé, Jean
Nicolas ne perd pas de vue qu'en devenant un
support d'information directemenent "sourcé"
par le patron du service secret de la place
Beauvau, "L'Investigateur" peut en tirer un profit
commercial. En vrai dealer de rumeurs,
"L'Investigateur" n'a pas d'états
d'âme particuliers.
En
fait, "L'Investigateur" ressemblait à un
canal d'informations destinées aux
règlements de comptes internes entre
différents "services" et "officines de
l'ombre". Voilà pourquoi Yves Bertrand
décide d'intervenir, afin d'en
contrôler la ligne éditoriale. A son
seul avantage, il va sans dire.
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Jean-Pierre Van Geirt est nommé
redacteur en chef de "L'Investigateur"
"papier" édition française
en septembre 2003.
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Journaliste:
quel métier
imprévisible!
Des
articles quasi-quotidiens sur l'actualité
corse s'étaient mis à atterrir sur le
web caraïbo-luxembourgeois. Plus
qu'à des articles, les "papiers"
ressemblaient bien souvent à des rapports de
police sortis tout droit du bureau d'un
fonctionnaire estampillé RG
Jean
Nicolas disposait-il, aussi, selon ses dires,
d'un réseau d'informateurs en
Corse.
Sûrement,
Nicolas était en contact avec un journaliste
du mensuel Corsica, un certain Paul
Luciani (Voir nos articles Le
mensuel Corsica et
L'Investigateur
et Corse
l'investigateur
s'enlise).
Pseudonyme derrière lequel se cachait
Gabriel-Xavier Culioli. Cet écrivain et
journaliste, qui s'illustra autrefois comme le
préfacier d'un ancien chef du FLNC,
était devenu un expert en
révélations et interviews. En
août 2002, il avait même
réalisé un scoop. Un vrai.
L'interview exclusive, depuis le maquis, du dernier
"parrain" en cavale. Le mythique Jean-Jé
Colonna, qui était aussi un ami personnel du
journaliste Gabriel-Xavier Culioli, avait
donné sa bénédiction pour
exprimer son point de vue dans la presse. Quant au
choix du journaliste qui devait recueillir
l'interview
tout naturellement, c'est l'ami
du parrain qui s'est imposé.
Bornons-nous
à constater que Gabriel-Xavier Culioli n'est
pas avare en amitiés. En parcourant le
livre "Les dessous de l'affaire Colonna",
coécrit par le journaliste, très bien
renseigné, Frédéric Charpier,
avec Antoine Albertini (voir notre article
Le
mensuel Corsica, le correspondant du Monde et la
nostalgie
coloniale),
nous sommes tombés sur le passage suivant:
"L'apport personnel d'Yves Bertrand à
l'enquête Erignac aura somme toute
été modeste. Sa contribution la plus
mémorable est ce tuyau percé qu'il a
transmis au ministre de l'Intérieur quatre
jours à peine après l'assassinat du
préfet, alors que le pouvoir n'avait encore
aucun élément à se mettre sous
la dent. [
] Peut-être le
ministre a-t-il été ébloui par
cette fameuse 'note blanche' [
] Il
est vrai qu'elle relatait, comme si on y
était, une conversation qui se serait
déroulée dans un petit village de
Corse-du-Sud, à la pizzeria Félix, et
au cours de laquelle aurait été
discuté le projet d'assassinat. Du moins,
d'après l'informateur du grand patron des
RG". Lequel informateur, est ainsi décrit
par les deux coauteurs du livre: "Journaliste
corse, vivant tantôt à Paris
tantôt sur l'île, c'est un proche du
chef de la bande 'du Valinco', Jean
Jérôme Colonna
" De qui peut-il
bien s'agir? Qui est ce journaliste corse proche de
Jean-Jé Colonna
"Le
même journaliste sollicitera par la suite le
directeur des RG pour qu'il intervienne
auprès de Bernard Bonnet dans
l'épisode de la paillote de Yves
Féraud", précisent encore les
coauteurs du livre "Les dessous de l'affaire
Colonna". Un ouvrage qui, il faut bien le
reconnaître, n'est pas avare en
imprécisions
mais dont certaines
informations trouvent aussi des confirmations par
certaines sources
"en béton
armé!"
C'est
ainsi que dans son livre "Je ne sais rien, mais
je dirais (presque) tout", Yves Bertrand
confirme que ce fut bel et bien un "ami
journaliste" corse qui "me demande si je
pourrais éventuellement intervenir pour
obtenir que la destruction programmée de ce
restaurant de plage (la paillote Chez Francis de
Yves Féraud, ndlr) soit
reportée
" Curieux journaliste qui ne
se contente pas de relater les
événements mais qui les
organise!
L'ancien
grand reporter de Paris-Match Jean-Pierre
Van Geirt devait y penser aussi, de temps
à autre, pendant qu'il faisait l'agent de
liaison entre le patron de "L'Investigateur" au
Grand-duché, et le patron des RG à la
place Beauvau
A
suivre...
Lire
la troisième partie: Une
médiation à travers un
mystérieux curé - Un rendez-vous chez
le ministre de
l'Intérieur
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voici le sommaire:
-
Une taupe chez les
RG
- "Tamponner" L'Investigateur
- Journaliste: quel métier
imprévisible!
-
Une médiation à travers un
mystérieux curé
- Un rendez-vous chez le ministre de
l'Intérieur
-
La rencontre de l'hôtel Lutétia
- Déclencher une affaire
d'Etat
-
Le "témoin oculaire": "Le jour de son
arrestation, j'ai vu Yvan Colonna"
- Rumeurs et fonds
secrets
-
De l'argent en échange
d'informations
- Ça se passe comme ça
au
"cabinet noir"!
Yves
Bertrand a toujours démenti l'existence d'un
quelconque "cabinet noir" dans son service.
L'ancien patron des RG a toujours affirmé de
n'avoir jamais agi sans l'accord de sa
hiérarchie.
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