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Document exclusif Guerre de l'ombre au cœur de l'Etat
Yvan Colonna : La traque du berger passe par le Net
Troisième partie - Une médiation à travers un mystérieux curé - Un rendez-vous chez le ministre de l'Intérieur


Par Enrico Porsia

Jeudi 6 décembre 2007


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Vidéo:
Génèse d'une rumeur.
Voir le témoignage de Jean-Pierre Van Geirt, ancien grand reporter à Paris-Match, qui a été le rédacteur en chef de L'Investigateur France.

Voir la première partie de son témoignage vidéo.

L'intégralité de la vidéo (10 min 57) avec le témoignage exclusif de Jean-Pierre Van Geirt est déjà disponible dans l'espace abonnés.

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Une médiation à travers un mystérieux curé

"Au retour du Luxembourg, je passais au bureau chez Bertrand", nous explique l'ancien grand reporter de Paris-Match. "Depuis l'assassinat du préfet Erignac, la Corse faisait la une de l'actualité. Tous les services étaient mobilisés dans la traque d'Yvan Colonna. Bertrand voulait être le premier. A cette époque, 'L'Investigateur' publiait beaucoup d'articles sur la Corse et voilà qu'un jour, Jean Nicolas me dit que 'son réseau corse'l'avait informé que 'le berger' en avait marre de la cavale: Il avait envie de se rendre. Il faut trouver la meilleure solution pour que cela se passe pour le mieux. Le directeur de publication de 'L'Investigateur' me demande d'en parler à Bertrand. Le message était que Colonna voulait absolument revoir son fils, et qu'il préférait être 'un père en prison plutôt qu'un père en cavale'.
L'information est jugée intéressante par Yves Bertrand et aussi par Bernard Squarcini. Les réunions que nous avions, concernant les affaires corses, se passaient toujours en présence de Bernard Squarcini, le numéro 2 du service.
Peu de temps après, Jean Nicolas me dit que Colonna pourrait négocier sa reddition et que la médiation pourrait avenir à travers un curé. Or, ce détail du curé a visiblement intrigué et Bertrand et Squarcini.
A la fin du mois de mai et au tout début de juin 2003, nous nous rendons, Bernard Squarcini et moi, deux fois au Luxembourg où nous rencontrons, ensemble, Jean Nicolas (
voir notre article L'Investigateur, les RG et Yvan Colonna). Deux avocats ont aussi participé à une réunion. Il s'agit de négocier la reddition de l'homme le plus recherché de France".

Au mois de mai 2003 donc, le théorie d'une possible reddition d'Yvan Colonna est très à la mode. C'est en effet pendant ce même mois de mai 2003 que "le journaliste d'investigation" Jean-Paul Guillaume et l'éditeur Joseph Vebret se rendent en Corse. Le journaliste, qui travaille avec le commissaire principal Hubert Marty-Vrayance, a convaincu l'éditeur qu'il est en contact avec le réseau qui gère la fuite du berger. Jean-Paul Guillaume cherche un contact direct avec Yvan Colonna… tandis que le commissaire principal, qui suit pas à pas les déplacements du journaliste, se tient prêt à alerter Yves Bertrand pour offrir au grand patron des RG



Le rumeurs ont la vie dure:
L'Investigateur du 5 décembre 2003:
"L'Investigateur se met en contact avec le ministère de l'Intérieur pour signaler que, selon ses propres informations, Yvan Colonna ne serait pas hostile à une reddition mais à certaines conditions. C'est Bernard Squarcini, numéro deux des RG, qui prend le relais, tenant au passage à l'écart son prpre patron, Yves Bertrand, au nom vraisemblablement du conflit qui fait rage entre Chiraquiens et Sarkoziens."


Dans "L'Investigateur" du 5 décembre 2003, décidément la thèse de la reddition d'Yvan Colonna est toujours d'actualité. La publication luxembourgeoise, en écrivant que "Bernard Squarcini prend le relais"... admet implicitement que son référent aux RG était Yves Bertrand.. "Le patron" de Squarcini "écarté" par ce dernier. On verserait presque une larme...


A lire aussi:

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La première partie de notre dossier "Guerre de l'ombre au cœur de L'Etat" - 16 pages PDF à télécharger

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l'arrestation de l'homme accusé d'avoir tiré sur le préfet de Corse.

Un rendez-vous chez le ministre de l'Intérieur

"La condition est que Colonna puisse s'exprimer dans une interview avant son arrestation, et que très vite il puisse voir son fils. Lors d'une rencontre, Jean Nicolas a appelé un de ses correspondants corses. Il lui explique que les RG feraient tout pour que la reddition se passe dans les meilleures conditions. Ensuite, il passe son correspondant à Bernard Squarcini. Ils se sont entretenus quelques minutes au téléphone. C'était le prélude à la fameuse rencontre de l'hôtel Lutétia à Paris. Jean Nicolas appelle Maître Sollacaro, l'avocat d'Yvan Colonna, pour lui indiquer qu'un 'représentant de l'Etat français' veut le rencontrer pour discuter de la reddition de son client", continue Jean-Pierre Van Geirt.

Yves Bertrand demande un rendez-vous au ministre de l'Intérieur. Le patron des RG expose à Nicolas Sarkozy "l'offre de reddition" du berger corse qui lui est parvenue via "L'Investigateur". Il demande à Nicolas Sarkozy de pouvoir se rendre à un rendez-vous avec l'avocat d'Yvan Colonna, Maître Sollacaro.

Le ministre de l'Intérieur refuse. Nicolas Sarkozy interdit au patron des RG de se rendre a cette rencontre. Il lui ordonne d'envoyer Bernard Squarcini à sa place. "J'ai confiance en lui", aurait souligné le ministre. En sous-entendant par là même que sa confiance en Yves Bertrand était plus que limitée. A cette occasion, Nicolas Sarkozy précise bien au directeur central des RG qu'il n'envisageait aucune négociation ni avec Yvan Colonna, ni avec sa famille: "Si on veut nous dire où il se cache, bien. Si non, nous n'avons rien a nous dire"... A suivre...

Lire la quatrième partie: La rencontre de l'hôtel Lutétia - Déclencher une affaire d'Etat

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- Une taupe chez les RG
- "Tamponner" L'Investigateur
- Journaliste: quel métier imprévisible!

- Une médiation à travers un mystérieux curé
- Un rendez-vous chez le ministre de l'Intérieur
- La rencontre de l'hôtel Lutétia
- Déclencher une affaire d'Etat

- Le "témoin oculaire": "Le jour de son arrestation, j'ai vu Yvan Colonna"
- Rumeurs et fonds secrets

- De l'argent en échange d'informations…
- Ça se passe comme ça… au "cabinet noir"!


Yves Bertrand a toujours démenti l'existence d'un quelconque "cabinet noir" dans son service. L'ancien patron des RG a toujours affirmé de n'avoir jamais agi sans l'accord de sa hiérarchie.


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