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Nous
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Une
médiation à travers un
mystérieux curé
"Au
retour du Luxembourg, je passais au bureau chez
Bertrand", nous explique l'ancien grand reporter de
Paris-Match. "Depuis l'assassinat du
préfet Erignac, la Corse faisait la une de
l'actualité. Tous les services
étaient mobilisés dans la traque
d'Yvan Colonna. Bertrand voulait être le
premier. A cette époque, 'L'Investigateur'
publiait beaucoup d'articles sur la Corse et
voilà qu'un jour, Jean Nicolas me dit que
'son réseau corse'l'avait informé que
'le berger' en avait marre de la cavale: Il avait
envie de se rendre. Il faut trouver la meilleure
solution pour que cela se passe pour le mieux. Le
directeur de publication de 'L'Investigateur' me
demande d'en parler à Bertrand. Le message
était que Colonna voulait absolument revoir
son fils, et qu'il préférait
être 'un père en prison plutôt
qu'un père en cavale'.
L'information est jugée intéressante
par Yves Bertrand et aussi par Bernard Squarcini.
Les réunions que nous avions, concernant les
affaires corses, se passaient toujours en
présence de Bernard Squarcini, le
numéro 2 du service.
Peu de temps après, Jean Nicolas me dit que
Colonna pourrait négocier sa reddition et
que la médiation pourrait avenir à
travers un curé. Or, ce détail du
curé a visiblement intrigué et
Bertrand et Squarcini.
A la fin du mois de mai et au tout début de
juin 2003, nous nous rendons, Bernard Squarcini et
moi, deux fois au Luxembourg où nous
rencontrons, ensemble, Jean Nicolas
(voir
notre article L'Investigateur, les RG et Yvan
Colonna).
Deux avocats ont aussi participé à
une réunion. Il s'agit de négocier la
reddition de l'homme le plus recherché de
France".
Au
mois de mai 2003 donc, le théorie d'une
possible reddition d'Yvan Colonna est très
à la mode. C'est en effet pendant ce
même mois de mai 2003 que "le journaliste
d'investigation" Jean-Paul Guillaume et
l'éditeur Joseph Vebret se rendent en Corse.
Le journaliste, qui travaille avec le commissaire
principal Hubert Marty-Vrayance, a convaincu
l'éditeur qu'il est en contact avec le
réseau qui gère la fuite du berger.
Jean-Paul Guillaume cherche un contact direct avec
Yvan Colonna
tandis que le commissaire
principal, qui suit pas à pas les
déplacements du journaliste, se tient
prêt à alerter Yves Bertrand pour
offrir au grand patron des RG
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Le
rumeurs ont la vie dure:
L'Investigateur
du 5 décembre 2003:
"L'Investigateur se met en contact avec le
ministère de l'Intérieur
pour signaler que, selon ses propres
informations, Yvan Colonna ne serait pas
hostile à une reddition mais
à certaines conditions. C'est
Bernard Squarcini, numéro deux des
RG, qui prend le relais, tenant au passage
à l'écart son prpre patron,
Yves Bertrand, au nom vraisemblablement du
conflit qui fait rage entre Chiraquiens et
Sarkoziens."
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Dans "L'Investigateur" du 5
décembre 2003,
décidément la thèse
de la reddition d'Yvan Colonna est
toujours d'actualité. La
publication luxembourgeoise, en
écrivant que "Bernard Squarcini
prend le relais"... admet implicitement
que son référent aux RG
était Yves Bertrand.. "Le patron"
de Squarcini "écarté" par ce
dernier. On verserait presque une
larme...
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l'arrestation
de l'homme accusé d'avoir tiré sur le
préfet de Corse.
Un
rendez-vous chez le ministre de
l'Intérieur
"La
condition est que Colonna puisse s'exprimer dans
une interview avant son arrestation, et que
très vite il puisse voir son fils. Lors
d'une rencontre, Jean Nicolas a appelé un de
ses correspondants corses. Il lui explique que les
RG feraient tout pour que la reddition se passe
dans les meilleures conditions. Ensuite, il passe
son correspondant à Bernard Squarcini. Ils
se sont entretenus quelques minutes au
téléphone. C'était le
prélude à la fameuse rencontre de
l'hôtel Lutétia à Paris. Jean
Nicolas appelle Maître Sollacaro, l'avocat
d'Yvan Colonna, pour lui indiquer qu'un
'représentant de l'Etat français'
veut le rencontrer pour discuter de la reddition de
son client", continue Jean-Pierre Van
Geirt.
Yves
Bertrand demande un rendez-vous au ministre de
l'Intérieur. Le patron des RG expose
à Nicolas Sarkozy "l'offre de reddition" du
berger corse qui lui est parvenue via
"L'Investigateur". Il demande à Nicolas
Sarkozy de pouvoir se rendre à un
rendez-vous avec l'avocat d'Yvan Colonna,
Maître Sollacaro.
Le
ministre de l'Intérieur refuse. Nicolas
Sarkozy interdit au patron des RG de se rendre a
cette rencontre. Il lui ordonne d'envoyer
Bernard Squarcini à sa place. "J'ai
confiance en lui", aurait souligné le
ministre. En sous-entendant par là
même que sa confiance en Yves Bertrand
était plus que limitée. A cette
occasion, Nicolas Sarkozy précise bien au
directeur central des RG qu'il n'envisageait aucune
négociation ni avec Yvan Colonna, ni avec sa
famille: "Si on veut nous dire où il se
cache, bien. Si non, nous n'avons rien a nous
dire"... A
suivre...
Lire
la quatrième partie: La
rencontre de l'hôtel Lutétia -
Déclencher une affaire
d'Etat
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voici le sommaire:
-
Une taupe chez les
RG
-
"Tamponner" L'Investigateur
- Journaliste: quel métier
imprévisible!
- Une médiation à travers un
mystérieux curé
- Un rendez-vous chez le ministre de
l'Intérieur
-
La rencontre de l'hôtel Lutétia
- Déclencher une affaire
d'Etat
-
Le "témoin oculaire": "Le jour de son
arrestation, j'ai vu Yvan Colonna"
- Rumeurs et fonds
secrets
-
De l'argent en échange
d'informations
- Ça se passe comme ça
au
"cabinet noir"!
Yves
Bertrand a toujours démenti l'existence d'un
quelconque "cabinet noir" dans son service.
L'ancien patron des RG a toujours affirmé de
n'avoir jamais agi sans l'accord de sa
hiérarchie.
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