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Guerre de l'ombre au cur de
l'Etat Yvan
Colonna : La traque du berger passe par le
Net Quatrième
partie -
La rencontre de l'hôtel
Lutétia - Déclencher une
affaire d'Etat
Nous
publions des extraits de ce dossier en 6 parties.
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Vidéo:
Jean-Pierre Van Geirt, le
rédacteur en chef de
L'Investigateur nous
raconte le rendez-vous entre
l'avocat d'Yvan Colonna et
Bernard Squarcini, le
numéro deux des
RG.
Voir
la
première
partie
et la
deuxième
partie
du témoignage de
Jean-Pierre Van Geirt, ancien
grand reporter à
Paris-Match, qui a
été le
rédacteur en chef de
L'Investigateur
France.
Yves
Bertrand n'a donc d'autres choix que d'ordonner
à Squarcini de se rendre au rendez-vous
organisé par Jean Nicolas, à
l'hôtel Lutétia à Paris. Le
6 juin 2003, l'avocat d'Yvan Colonna se fait
accompagner par un confrère, Maître
Maisonneuve. Rapidement, Maître Sollacaro et
Bernard Squarcini se rendent compte qu'ils n'ont
pas grand-chose à se dire. "On m'a dit que
vous vouliez me voir", dit l'un. "C'est un
malentendu. Je crois que c'est vous qui voulez me
voir", répond l'autre.
Décidément le rendez-vous
organisé par "L'Investigateur" et
appuyé par le patron des RG débouche
sur une situation surréaliste.
L'avocat
pense tout de suite à une manipulation, dont
le but serait que la rencontre soit rendue
publique. Quant au numéro 2 des RG, il ne
s'attendait pas grand-chose de la rencontre,
d'autant plus que Bernard Squarcini avait
déjà un indic dans sa poche, qui lui
livrait des informations précises sur la
cavale et les planques d'Yvan Colonna. Bernard
Squarcini, qui travaillait avec "son indic" avait
pris le soin, avec la bénédiction du
ministre, d'écarter Yves Bertrand de ce
volet de l'enquête. Le numéro 2 des
RG, l'homme de Sarko, se contentait de surveiller
les contacts de son patron avec la sulfureuse
publication caraïbo-luxembourgeoise, tout en
poussant son enquête à l'abri des
regards de son chef hiérarchique direct. Ce
dernier le reconnaît volontiers.
"L'arrestation d'Yvan Colonna a été
le fait, côté RG, de mon adjoint
Bernard Squarcini, qui a mené les choses de
main de maître, de sorte que lorsque le
ministre a convoqué une conférence de
presse pour l'annoncer, je n'y ai pas
été convié en raison, m'a-t-on
dit, d'une erreur de
secrétariat "*
Ambiance
C'est
sûrement un hasard, mais quelque temps plus
tard, en juin 2004, le nom de Bernard Squarcini
apparaîtra, comme par magie, dans le listing,
manipulé, des comptes dénoncés
par le corbeau de l'affaire Clearstream Une
manipulation de plus!
Déclencher
une affaire d'Etat
Le
5 juillet 2003, le lendemain de l'arrestation
d'Yvan Colonna, l'Est Républicain
révèle la rencontre entre l'avocat du
berger et Bernard Squarcini, le numéro 2 des
RG. "Colonna: l'hypothèse d'une
reddition?" titre le quotidien, qui, visiblement
fort bien renseigné, raconte que "des
proches d'Yvan Colonna, et notamment son avocat, Me
Sollacaro ont rencontré, dans le plus grand
secret, le numéro deux de la Direction
centrale des RG, Bernard Squarcini. Au cours de
cette rencontre, qui s'est déroulée
à la demande de ce dernier, il a
évidement été question du cas
Colonna". Evidemment!
Jean-Pierre
Van Geirt, le rédacteur en chef de
L'Investigateur nous livre la
version "officielle" distillée par
le "cabinet noir": Il y a bien eu
négociation. Colonna voulait se
rendre, Sarkozy n'a pas respecté
ses engagements. Bref, c'est une affaire
d'Etat.
Voir
la
première
partie
et la
deuxième
partie
du témoignage de Jean-Pierre Van
Geirt, ancien grand reporter à
Paris-Match, qui a
été le rédacteur en
chef de L'Investigateur
France.
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"C'est
un épisode qui agace au plus haut point
Nicolas Sarkozy", souligne de son
côté, le 10 juillet 2003, le Nouvel
Observateur - "Une historiette typiquement
corse qui est venue à peine écorner
la grande histoire de l'arrestation d'Yvan Colonna:
Antoine Sollacaro, l'un des avocats du fugitif, a
bu un Perrier il y a un peu plus d'un mois avec
Bernard Squarcini, le numéro deux des
Renseignements généraux, l'un des
policiers qui coordonne depuis des mois, voire des
années, les recherches engagées
contre l'assassin présumé du
préfet Erignac, et l'un des conseillers de
Nicolas Sarkozy pour la Corse. [ ]
Désormais, cet étrange épisode
est comme un petit caillou dans une chaussure. Une
tache sur une aventure policière qui se veut
exemplaire? [...] La légende de
'Nicolas' contre 'Yvan'."
Il
est curieux de constater que le "journaliste
d'investigation" Jean-Paul Guillaume et le
commissaire principal Hubert Marty-Vrayance
(voir
notre dossier Guerre de l'ombre au cur de
l'Etat - Yvan Colonna, les RG, le journaliste et
l'éditeur)
n'étaient pas seuls à la
manuvre pour accréditer la
thèse d'une entente entre le ministre de
l'Intérieur et Yvan Colonna. Une
thèse visant à déclencher une
affaire d'Etat... A
suivre...
Yves
Bertrand a toujours démenti l'existence d'un
quelconque "cabinet noir" dans son service.
L'ancien patron des RG a toujours affirmé de
n'avoir jamais agi sans l'accord de sa
hiérarchie.
*
Op. cit. p. 44
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