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Document exclusif Guerre de l'ombre au cœur de l'Etat
Yvan Colonna : La traque du berger passe par le Net
Quatrième partie - La rencontre de l'hôtel Lutétia - Déclencher une affaire d'Etat


Par Enrico Porsia

Mardi 11 décembre 2007


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Vidéo:
Jean-Pierre Van Geirt, le rédacteur en chef de L'Investigateur nous raconte le rendez-vous entre l'avocat d'Yvan Colonna et Bernard Squarcini, le numéro deux des RG.

Voir la première partie et la deuxième partie du témoignage de Jean-Pierre Van Geirt, ancien grand reporter à Paris-Match, qui a été le rédacteur en chef de L'Investigateur France.

L'intégralité de la vidéo (10 min 57) avec le témoignage exclusif de Jean-Pierre Van Geirt est déjà disponible dans l'espace abonnés.

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La rencontre de l'hôtel Lutétia

Yves Bertrand n'a donc d'autres choix que d'ordonner à Squarcini de se rendre au rendez-vous organisé par Jean Nicolas, à l'hôtel Lutétia à Paris. Le 6 juin 2003, l'avocat d'Yvan Colonna se fait accompagner par un confrère, Maître Maisonneuve. Rapidement, Maître Sollacaro et Bernard Squarcini se rendent compte qu'ils n'ont pas grand-chose à se dire. "On m'a dit que vous vouliez me voir", dit l'un. "C'est un malentendu. Je crois que c'est vous qui voulez me voir", répond l'autre. Décidément le rendez-vous organisé par "L'Investigateur" et appuyé par le patron des RG débouche sur une situation surréaliste.

L'avocat pense tout de suite à une manipulation, dont le but serait que la rencontre soit rendue publique. Quant au numéro 2 des RG, il ne s'attendait pas grand-chose de la rencontre, d'autant plus que Bernard Squarcini avait déjà un indic dans sa poche, qui lui livrait des informations précises sur la cavale et les planques d'Yvan Colonna. Bernard Squarcini, qui travaillait avec "son indic" avait pris le soin, avec la bénédiction du ministre, d'écarter Yves Bertrand de ce volet de l'enquête. Le numéro 2 des RG, l'homme de Sarko, se contentait de surveiller les contacts de son patron avec la sulfureuse publication caraïbo-luxembourgeoise, tout en poussant son enquête à l'abri des regards de son chef hiérarchique direct. Ce dernier le reconnaît volontiers. "L'arrestation d'Yvan Colonna a été le fait, côté RG, de mon adjoint Bernard Squarcini, qui a mené les choses de main de maître, de sorte que lorsque le ministre a convoqué une conférence de presse pour l'annoncer, je n'y ai pas été convié en raison, m'a-t-on dit, d'une erreur de secrétariat…"* Ambiance…

C'est sûrement un hasard, mais quelque temps plus tard, en juin 2004, le nom de Bernard Squarcini apparaîtra, comme par magie, dans le listing, manipulé, des comptes dénoncés par le corbeau de l'affaire Clearstream… Une manipulation de plus!

Déclencher une affaire d'Etat

Le 5 juillet 2003, le lendemain de l'arrestation d'Yvan Colonna, l'Est Républicain révèle la rencontre entre l'avocat du berger et Bernard Squarcini, le numéro 2 des RG. "Colonna: l'hypothèse d'une reddition?" titre le quotidien, qui, visiblement fort bien renseigné, raconte que "des proches d'Yvan Colonna, et notamment son avocat, Me Sollacaro ont rencontré, dans le plus grand secret, le numéro deux de la Direction centrale des RG, Bernard Squarcini. Au cours de cette rencontre, qui s'est déroulée à la demande de ce dernier, il a évidement été question du cas Colonna". Evidemment!

 


Jean-Pierre Van Geirt, le rédacteur en chef de L'Investigateur nous livre la version "officielle" distillée par le "cabinet noir": Il y a bien eu négociation. Colonna voulait se rendre, Sarkozy n'a pas respecté ses engagements. Bref, c'est une affaire d'Etat.

Voir la première partie et la deuxième partie du témoignage de Jean-Pierre Van Geirt, ancien grand reporter à Paris-Match, qui a été le rédacteur en chef de L'Investigateur France.

A lire aussi:

Guerre de l'ombre au cœur de l'Etat - Yvan Colonna, les RG, le journaliste et l'éditeur

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"C'est un épisode qui agace au plus haut point Nicolas Sarkozy", souligne de son côté, le 10 juillet 2003, le Nouvel Observateur - "Une historiette typiquement corse qui est venue à peine écorner la grande histoire de l'arrestation d'Yvan Colonna: Antoine Sollacaro, l'un des avocats du fugitif, a bu un Perrier il y a un peu plus d'un mois avec Bernard Squarcini, le numéro deux des Renseignements généraux, l'un des policiers qui coordonne depuis des mois, voire des années, les recherches engagées contre l'assassin présumé du préfet Erignac, et l'un des conseillers de Nicolas Sarkozy pour la Corse. […] Désormais, cet étrange épisode est comme un petit caillou dans une chaussure. Une tache sur une aventure policière qui se veut exemplaire? [...] La légende de 'Nicolas' contre 'Yvan'."

Il est curieux de constater que le "journaliste d'investigation" Jean-Paul Guillaume et le commissaire principal Hubert Marty-Vrayance (voir notre dossier Guerre de l'ombre au cœur de l'Etat - Yvan Colonna, les RG, le journaliste et l'éditeur) n'étaient pas seuls à la manœuvre pour accréditer la thèse d'une entente entre le ministre de l'Intérieur et Yvan Colonna. Une thèse visant à déclencher une affaire d'Etat... A suivre...

Lire la cinquième partie - Le "témoin oculaire": "Le jour de son arrestation, j'ai vu Yvan Colonna" - Rumeurs et fonds secrets

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- Une taupe chez les RG
- "Tamponner" L'Investigateur
- Journaliste: quel métier imprévisible!

- Une médiation à travers un mystérieux curé
- Un rendez-vous chez le ministre de l'Intérieur

- La rencontre de l'hôtel Lutétia
- Déclencher une affaire d'Etat
- Le "témoin oculaire": "Le jour de son arrestation, j'ai vu Yvan Colonna"
- Rumeurs et fonds secrets

- De l'argent en échange d'informations…
- Ça se passe comme ça… au "cabinet noir"!


Yves Bertrand a toujours démenti l'existence d'un quelconque "cabinet noir" dans son service. L'ancien patron des RG a toujours affirmé de n'avoir jamais agi sans l'accord de sa hiérarchie.

* Op. cit. p. 44


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