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Document exclusif Guerre de l'ombre au cœur de l'Etat
Yvan Colonna : La traque du berger passe par le Net
Sixième partie - De l'argent en échange d'informations… - Ça se passe comme ça… au "cabinet noir"!


Par Enrico Porsia

Lundi 17 décembre 2007


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De l'argent en échange d'informations…

Le 5 août 2003, Le Monde publie un article révélant que le fameux rendez-vous de l'hôtel Lutétia avait été arrangé par Jean Nicolas, le directeur de "L'Investigateur".

Remarquons que, jusque-là, Jean Nicolas avait montré une discrétion qui ne lui est pas coutumière. Le patron du journal qui "ose tout dire" n'avait pourtant publié aucune "révélation", ni même un seul article, concernant cet étrange rendez-vous de l'hôtel Lutétia. Un rendez-vous qu'il avait pourtant lui même arrangé.

A la suite de la publication de l'article du Monde, Jean Nicolas s'inquiète. Il pense avoir été lâché par ses protecteurs aux RG. Il pense que, maintenant, on va faire circuler des bruits selon lesquels lui et son "réseau" corse auraient empoché de l'argent en échange d'informations qui auraient pu servir aux RG pendant la traque du berger. Même le sulfureux directeur de "L'Investigateur" se montre préoccupé… Et, très, très agité!

Ça se passe comme ça… au "cabinet noir"!

 

Vidéo:
Jean-Pierre Van Geirt, le rédacteur en chef de L'Investigateur. nous raconte son déjeuner avec Yves Bertrand chez Jean Nicolas, le patron de "L'Investigateur".

Voir la première, la deuxième, la troisième et la quatrième partie du témoignage de Jean-Pierre Van Geirt, ancien grand reporter à Paris-Match, qui a été le rédacteur en chef de L'Investigateur France.

L'intégralité de la vidéo (10 min 57) avec le témoignage exclusif de Jean-Pierre Van Geirt est déjà disponible dans l'espace abonnés.

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Vidéo:
Jean-Pierre Van Geirt, le rédacteur en chef de L'Investigateur. nous explique les "règles du jeu": A la fin, il n'a plus le droit de "jouer dans la cour des grands"...


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Van Geirt a une idée pour le calmer. Il lui propose un rendez-vous avec Yves Bertrand en personne. Selon Van Geirt, le rendez-vous a eu lieu au Luxembourg. Un déjeuner auquel il a lui-même participé. "Yves Bertrand lui a donné sa version de l'affaire Colonna", se rappelle Van Geirt - "Bertrand lui a dit: 'Je me suis fait avoir à un moment donné. J'étais écarté de l'affaire qui était dans les mains du ministre, il y a eu des décisions dont j'étais tenu à l'écart et le président aussi'. La version de Bertrand, était que quelqu'un de son équipe avait vendu l'information au ministre, qui avait fait intervenir le RAID", nous explique Jean-Pierre Van Geirt. On peut se demander de "quelle information" pourrait-il bien s'agir, vu que Yves Bertrand avait été tenu à l'écart de l'existence d'une "balance" qui fournissait des renseignements à Bernard Squarcini, son rival dans le service… Quant à Jean Nicolas, il devait avoir été persuadé que les "services" d'Yves Bertrand étaient sur une piste sérieuse les menant à la planque du berger.

Le directeur de "L'Investigateur" était sûr que, grâce aussi à la précieuse collaboration de sa publication, la police française aurait enfin arrêté l'homme le plus recherché du pays. "Face au patron des RG, Jean Nicolas était aux anges. S'il avait pu demander trois cartes de visite à Bertrand, il l'aurait fait", se rappelle encore Van Geirt.
Il se rappelle aussi de la suite de l'aventure.

En Janvier 2004, Yves Bertrand quitte la direction centrale des RG pour être nommé à l'inspection générale de l'administration.

En mars, "L'Investigateur" papier, édition française, arrête sa parution après quelques numéros.

Au même moment, le "réseau corse" de Jean Nicolas a, lui aussi, arrêté son intense collaboration avec la publication luxembourgeoise. Quant à Van Geirt, il s'est retrouvé au chômage. Selon ses dires, aussi bien Jean Nicolas qu'Yves Bertrand auraient omis de le payer pour ses services. Néanmoins, ce dernier n'a pas omis de le citer, page 61 de son livre (Op. cit.). Dans un paragraphe dédié aux journalistes indépendants les plus estimés par le patron des RG, le nom de Jean-Pierre Van Geirt est incontournable.

"J'ai servi à ce que je devais, et c'est le jeu", conclut Van Geirt. L'ancien grand reporter de Paris-Match est très amer: "On vous fait croire que vous êtes dans la cour de grands, que vous pouvez jouer, et puis à un moment on vous retire. Ça se passe comme ça".

Eh oui, ça se passe comme ça… comme dans tous les "cabinets noirs"!

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L'intégralité du dossier PDF est déjà disponible dans l'espace abonnés et au moyen du service AlloPass. En voici le sommaire:

- Une taupe chez les RG
- "Tamponner" L'Investigateur
- Journaliste: quel métier imprévisible!

- Une médiation à travers un mystérieux curé
- Un rendez-vous chez le ministre de l'Intérieur

- La rencontre de l'hôtel Lutétia
- Déclencher une affaire d'Etat

- Le "témoin oculaire": "Le jour de son arrestation, j'ai vu Yvan Colonna"
- Rumeurs et fonds secrets

- De l'argent en échange d'informations…
- Ça se passe comme ça… au "cabinet noir"!


Yves Bertrand a toujours démenti l'existence d'un quelconque "cabinet noir" dans son service. L'ancien patron des RG a toujours affirmé de n'avoir jamais agi sans l'accord de sa hiérarchie.


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