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Sur
la côte est de Porto-Vecchio, entre
le golfe de Santa Giulia et
l'emblématique plage de
Palombaghja, au milieu du Parc marin
international, les bulldozers et les
pelleteuses sont à l'oeuvre. Plus
de 30.000 m3 de terre ont
déjà été
extraits de ce terrassement. Et les
travaux continuent. (Photo Enrico
Porsia).
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Voilà
à quoi ressemblait le paysage avant
que ce nouveau chantier commence...
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Les
trois quarts de cette colline, face
à la mer, ont déjà
été purement et simplement
rasés et cela sans qu'aucune
autorisation n'ait été
requise. Bientôt, trois
énormes maisons d'une superficie
totale de 4.420 m2 surgiront, ici, face
à la mer. (Photo Enrico
Porsia).
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"Je
n'ai jamais vu une chose pareille! Ils sont en
train de défoncer purement et simplement une
colline entière. C'est incroyable!"
Gérard Bonchristiani n'en revient toujours
pas. Pourtant, le président de l'Association
pour le libre accès aux plages et la
protection du littoral de Porto-Vecchio, en
connaît, d'histoires de constructeurs
immobiliers sans scrupules. "Mais, là, ce
que j'ai vu dépasse l'imagination. C'est
énorme!" s'exclame-t-il en nous conduisant
sur les lieux.
Nous
sommes en train de longer la côte est de
Porto-Vecchio, entre le golfe de Santa Giulia et la
plage de Palombaghja. Deux sites exceptionnels de
réputation internationale. Nous sommes
au milieu du Parc marin international des Bouches
de Bonifacio. Soudainement, le bruit des
pelleteuses et des bulldozers vient se rajouter au
décor. Sous nous yeux défile un
spectacle surréaliste. Une excavation de 250
mètres de long, 150 mètres de large
et 15 mètres de hauteur, fait irruption dans
le paysage côtier.
"Rendez
vous compte: tout ce saccage pour pouvoir
édifier et aligner trois énormes
maisons, d'une superficie totale de 4.420 m2, avec
vue sur mer. Les propriétaires, sans
aucune demande d'autorisation, se sont
arrogé le droit de faire procéder
à de gigantesques travaux rasant en partie
la colline faisant face à la mer. Au nom de
mon association, je viens de porter plainte contre
les responsables de cette agression
intolérable à notre environnement",
nous déclare Gérard Bonchristiani.
Ces
travaux d'affouillements et d'exhaussements, qui
sont en totale infraction avec le code de
l'urbanisme et son article R. 442-2, sont
réalisés sur deux lotissements.
"Isole d'Oro" et "Punta d'Oro II", ce dernier
appartenant à M. Camille de Rocca Serra,
maire de la commune, ainsi que président de
l'assemblée de Corse.
"Cette
nouvelle infraction est révélatrice
d'une reprise d'illégalités
urbanistiques qui sévissent à nouveau
sur le littoral, sur le domaine public maritime et
le plan d'eau. A la lecture du dossier, il a
été relevé de nombreux
entorses et contournements aux lois et
règlements d'urbanisme. Par le jeu des
'modifications' et d'arrêtés de lotir,
il a été ainsi supprimé
l'accès pour le public à la mer, et
supprimé également 17.499 m2
d'espaces verts", dénonce le
président de l'association de défense
de l'environnement.
Le
9 septembre 2004, prenant la tête d'une
manifestation, inspirée par des gros
propriétaires terriens, le président
de l'assemblée de l'île avait
prononcé un discours enflammé:
"Nous dénonçons la déviance de
l'application par jurisprudence de la loi
littoral", avait-il déclaré devant un
public ravi.
Or,
si "l'application de la jurisprudence", relative
à une loi, constitue une
"déviance"
nous avons quelques soucis
à nous faire concernant l'importance de la
notion d'Etat de droit, dans la philosophie de
Monsieur Camille de Rocca Serra: maire de
Porto-Vecchio, tête de liste de l'UMP
insulaire, député de la
République, président de
l'assemblée de Corse
et lotisseur sans
états d'âme.
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