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Le
2 avril 2006, le président de
l'assemblée de Corse, Camille de Rocca Serra
déclarait dans Le Monde: "Il faut
désanctuariser l'île".
L'héritier de la dynastie qui règne
sur l'extrême Sud de l'île expliquait
qu'il fallait économiser sur l'enveloppe de
continuité territoriale, dotation d'Etat de
174 millions d'euros par an. A quoi seraient
destinées ces économies? Le
président de l'assemblée de Corse
dévoilait son souhait de voir des
investissements immobiliers se réaliser sur
la zone littorale. Afin qu'aucun malentendu ne soit
possible, Monsieur de Rocca Serra précisait
que "le passage de 12% à 20% de domaine
constructible" du littoral offrirait "une vraie
bouffée d'air"... pour l'économie
"mono touristique" de l'île (voir
notre dossier Transformer l'argent public en
béton).
A
la suite de ces déclarations, le Collectif
pour la loi littoral, qui se bat pour le
non-démantèlement de la loi qui
préserve les rivages de l'île, a
réagi fermement: "Tout l'avenir de la
Corse se joue actuellement au travers de la
réalisation du plan d'aménagement et
de développement durable. Les espaces
remarquables du littoral, aujourd'hui totalement
vierges de construction, sont menacés
d'être déclassés et rendus
constructibles".
Un
exercice d'équilibrisme bien
hasardeux
Le
Collectif pour la loi littoral regroupe plusieurs
associations de défense de l'environnement.
Au sein du collectif, sont aussi présentes
des organisations politiques. A gauche, on y
trouve le Parti communiste et la Manca Naziunale
(extrême gauche issue du mouvement
nationaliste); au centre-gauche, le Parti
socialiste et Corse Social-Démocrate. Enfin,
le mouvement nationaliste, à la connotation
politique aussi vague qu'imprécise,
participe, lui aussi, à la démarche:
le Parti de la Nation Corse (autonomistes et
libéraux faisant partie, avec les
indépendantistes de Corsica Nazione, de la
plateforme électorale baptisée Unione
Naziunale), le Fronte Populare (coalition de
petites formations, comprenant une tendance
national-ethnique), le Rinnovu Naziunale (qui
voudrait ressusciter un nationalisme aussi
intègre et pur que légendaire
)
et I Verdi Corsi (historiquement liés aux
nationaux-populistes de Corsica Nazione
Indipendente, représentation publique du
FLNC Union des Combattants)... ils font tous partie
du Collectif pour la loi littoral.
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Corse-Matin, 5 avril 2006.
Jean-Christophe Angelini, le
secrétaire national du
Parti de la Nation Corse
déclare qu'il partage
"certains points sur la
philosophie
générale" du PLU de
Porto-Vecchio,
élaboré par les
fidèles du
président de
l'Assemblée de
l'île.
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Il
est inutile de préciser que maintenir dans
une même démarche des
sensibilités politiques aussi disparates,
est un exercice d'équilibrisme bien
hasardeux. D'autant plus que les
nationaux-libéraux du Parti de la Nation
Corse, tout comme les nationaux-populistes de
Corsica Nazione Indipendente
(représentés par ricochet dans le
collectif par I Verdi Corsi) rivalisent bien
souvent dans un double langage manifeste:
côté face, ils souhaitent
apparaître comme les défenseurs de la
"terra corsa", tandis que, côté pile,
ils n'hésitent pas à défendre
les intérêts des promoteurs
immobiliers, souvent sans scrupule, qui souhaitent
faire sauter le verrou législatif de la loi,
afin de pouvoir bétonner à
volonté sur les rivages encore
préservés de l'île de
Beauté.
Ce
sont, en effet, des vigiles nationalistes tendance
Corsica Nazione Indipendente, qui assurent avec un
professionnalisme remarquable, la protection du
très select domaine de Sperone,
véritable enclave de luxe de 135
hectares, appartenant au groupe Dewez, sur la
côte bonifacienne (voir notre enquête
Corse,
nouveau statut: les promoteurs immobiliers piaffent
d'impatience).
Un peu plus au Nord, près de la commune de
Porto-Vecchio, trois responsables nationalistes de
Corsica Nazione Indipendente ont donné
naissance, il y a quelques années, à
une performante pépinière,
spécialisée dans l'aménagement
des jardins des résidences secondaires qui
fleurissent, bien souvent au mépris de la
loi, sur les communes de Lecci, de Zonza, de Conca
et bien sûr de Porto-Vecchio, le fief de la
famille de Rocca
Serra...(...)
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dossier est payant
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A
lire, la deuxième partie:
-
Les compromis(sions) vont bon train
- La philosophie du double langage
L'intégralité
de notre dossier "Protection du littoral et
ambiguïtés nationalistes" est
disponible en format PDF. En voici le
sommaire:
-
Un exercice d'équilibrisme bien
hasardeux
-
Les compromis(sions) vont bon train
- La philosophie du double
langage
-
Le Parti de la Nation Corse adresse une mise en
garde
- "Vous n'allez quand même pas publier ma
lettre. C'est un courrier interne!"
- Sélectionner "ses"
journalistes
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