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Le 21 avril 1999, le préfet Bernard
Bonnet avait refusé ce permis de
construire à la SA Marcellesi.

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"C'est avec la meilleure attention que
j'ai pris connaissance de votre
décision de retirer et de refuser
le permis de construire". Le 20 mai 1999,
soit exactement 15 jours après que
le préfét Bonnet a
quitté l'île de Beauté
pour la prison de la Santé, Camille
de Rocca Serra prenait sa plume et
adressait un courrier au nouveau
préfet. Il lui demande de
"procéder à un nouvel examen
de ce projet" de la SA
Marcellesi.
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Le
4 septembre 2008, Amnistia.net a
commencé à publier un long
dossier
concernant le nouveau Plan d'aménagement et
de développement durable de la Corse
(PADDUC). Ou, plus précisément,
le destin de certains terrains familiaux
appartenant au président de
l'Assemblée, au président de l'Office
de l'Environnement ainsi qu'au président de
l'Exécutif de l'île: les trois
principaux hauts responsables de la
Collectivité territoriale qui sont
directement impliqués dans
l'élaboration du PADDUC.
Quelles informations avons-nous
apportées?
Un
"lotisseur" heureux
Toute
la Corse savait déjà que Monsieur
Camille de Rocca Serra était l'heureux
lotisseur qui avait porté à terme
l'opération immobilière sur le
domaine familial de Punta d'Oru
(voir
notre édition du 25 mai
2004).
Un domaine qui accueille aujourd'hui une
soixantaine de villas de luxe, dont la
célèbre bâtisse de Christian
Clavier. Un domaine qui, malgré les
affirmations du président de
l'Assemblée de l'île a pu être
loti en violation complète de la loi
Littoral. Pourquoi? Tout simplement parce que nous
nous trouvons dans un espace non urbanisé
face à la Réserve maritime
internationale des Bouches de Bonifacio, et que la
loi Littoral interdit de construire dans des
espaces vierges.
La
preuve? A quelques encablures du domaine de Punta
d'Oru, dans la magnifique baie de Santa Giulia,
un
complexe immobilier réalisé par la SA
Marcellesi (19 immeubles et 61
logements)
s'est vu annuler son permis de construire par
la cour administrative d'appel de Marseille, le 15
avril 2004. Cette décision a
été confirmée par le Conseil
d'Etat. Et, sur quelle base reposent ces deux
jugements? Sur la base de la loi Littoral, qui
empêche de construire dans une zone non
urbanisée. Or, si le complexe immobilier
construit par la SA Marcellesi dans la baie de
Santa Giulia est illégal, pour quelle raison
le domaine de Punta d'Oru, qui se trouve dans les
mêmes conditions urbanistiques, serait-il aux
normes? Même loi, même cas de figure.
Il devrait normalement suivre la même
règle
et, pourtant, malgré la
loi, si personne ne conteste le permis de
construire dans les trois mois
si la mairie
et les services de l'Etat ont un moment de
distraction
eh bien, alors trois mois plus
tard, un permis de construire illégal
vis-à-vis de la loi devient inattaquable,
prescription oblige!.
Voilà
ce qui c'est exactement produit pour le lotissement
de Punta d'Oru de Monsieur Camille de Rocca
Serra. Il est intéressant de remarquer,
par ailleurs, que le même Camille de Rocca
Serra s'était personnellement
impliqué pour faire obtenir un permis de
construire à la SA Marcellesi, alors que le
préfet Bonnet venait de retirer et de
refuser le permis de construire en
question.
Nous
disons donc, que toute la Corse savait
déjà que le président de la
Collectivité territoriale était un
vrai lotisseur. Désormais nous savons aussi
que sa passion pour l'immobilier n'était pas
passagère. Nous
avons en effet affirmé que Monsieur Camille
de Rocca Serra est l'heureux propriétaire,
avec ses cousins de la famille Gazzano, d'un vaste
terrain agricole
destiné à devenir un complexe
immobilier et golfique. Nous avons aussi
affirmé que le terrain choisi par la commune
de Porto-Vecchio pour la réalisation de ce
projet avait été classé en
2001 en "espace remarquable" par les services de
l'Etat
Et, qu'il a été
finalement déclassé sous la pression
de la mairie
dont le maire à cette
époque était
Camille de Rocca
Serra.
La
mémoire qui flanche
Aujourd'hui
toute la Corse sait aussi que Monsieur
Jérôme Polverini, conseiller
exécutif, maire de Pianottoli-Caldarellu
et président de l'Office de l'Environnement
a la mémoire qui flanche.
En
effet, dans notre dossier nous avons affirmé
que les terrains familiaux de la famille Polverini,
situés sur le littoral de la commune
où Monsieur Polverini est maire, ont
été proposés au
déclassement dans le projet du PADDUC.
Ensuite, le conseiller exécutif a
prétendu que ses propriétés
étaient déjà bâties, et
que donc leur déclassement n'aurait eu
aucune conséquence par rapport à
l'urbanisation du site. Information inexacte!
Nous
avons donc démontré, preuves à
l'appui, que seules deux parcelles, sur quatre
appartenant à la famille Polverini,
supportaient une maison
chacune.
Les deux autres parcelles sont vierges.
Jusqu'à quand?
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La
Corse sait désormais, que si le
président de la Collectivité
territoriale est un lotisseur, le
président de l'Exécutif est,
lui, l'heureux gérant d'une
société immobilière,
la SCI U Serenu.
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Enfin,
la Corse sait désormais, que si le
président de la Collectivité
territoriale est un lotisseur, le président
de l'Exécutif est, lui, l'heureux
gérant d'une société
immobilière, la SCI U Serenu.
Décidément, les deux plus hauts
responsables de la Collectivité territoriale
ont un point en commun, en plus que leur
appartenance à la famille politique
sarkoziste: ils sont tous les deux des acteurs dans
le domaine, très spécifique, de
l'immobilier.
Prendre
la population a témoin
Monsieur
Santini n'a visiblement pas apprécié
notre travail. Cela fait maintenant plus de 10
jours qu'il envisage de nous assigner en justice
pour diffamation.
Cela
fait aussi plus de 10 jours que le président
de l'Exécutif promet de prendre la
population à témoin: "Puisque
c'est sur la place publique que l'on a voulu
m'exposer, c'est sur la place publique que je
prendrai la population à témoin. Elle
connaîtra toute la vérité et,
ainsi, le discrédit que l'on voulait jeter
sur moi, se retrouvera sur tous ceux qui
s'imaginent pouvoir en toute impunité
manipuler l'opinion, et désigner des cibles
sans porter la responsabilité des dommages
que ces mêmes cibles pourraient subir", a-il
déclaré solennellement, encore le 25
septembre 2008 dans les colonnes de Corse
Matin.
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Dans
cette parcelle AP4, la municipalité
de Calvi est le "copropriétaire"
majoritaire. Pourquoi, en 1992, quand la
SCI U Serenu de Monsieur Santini a
acheté un bon hectare de cette
parcelle, la mairie de Calvi a "fait
connaître sa renonciation à
exercer le droit de préemption
attaché a ce type de
zone"?
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Prendre
la population a témoin, d'accord, mais
pourquoi Monsieur Ange Santini ne l'a-t-il pas
encore fait? Pourquoi n'a-t-il pas donné une
conférence de presse? Pourquoi, vu que
notre première édition est parue le 4
septembre, attendre presque un mois en se
retranchant derrière des
"déclarations d'intentions
méprisantes" comme l'a souligné
même le Journal de la Corse? Pourquoi
écrire "j'ai donné à tous ceux
qui se sont intéressés à
l'affaire, et notamment à quelques
journalistes, des explications
détaillées et probantes",
alors
que nous avons bien vu Monsieur Santini se
dérober face à la caméra de
France3 Corse?
A
quels journalistes Monsieur Santini a-t-il donc
donné des explications
"détaillées et probantes"?
Sûrement pas à nos confrères de
France3
Doit-on donc en déduire que le
président de l'Exécutif choisit "ses"
journalistes? Et, qui sont-ils, ces journalistes
préférés? Qui sont-ils "ses"
journalistes de choix dont la tâche
consisterait à démentir notre
travail?
Un démenti qui, pour l'instant, ne
dépasse pas le stade des
"déclarations d'intentions
méprisantes".
Une
malencontreuse "erreur technique"
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France3
Corse (journal du soir du 23/09/2008). En
étudiant le plan du projet du
PADDUC, nos confrères de France3
Corse ont localisé le camping de la
famille Santini dans un espace
proposé au
déclassement...
exactement
comme l'avait observé
Amnistia.net!
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En
revanche, nous nous permettons de souligner que le
Conseil exécutif, lui-même, a tenu
à affirmer à nos confrères de
France3 Corse (journal du soir du 23/09/2008) que
la cartographie du PADDUC publiée par la
Collectivité territoriale et relative
à la baie de Calvi contenait "une erreur
technique". Ce serait donc à cause d'une
"erreur technique" que le camping familial de
Monsieur Santini se retrouverait localisé
dans un espace proposé au
déclassement.
Les
services du Conseil exécutif, ont donc
malencontreusement laissé passer "une
erreur technique" dans la cartographie
officielle
Ce n'est pas rien. C'est
même grave. Car, si on ne considère
pas cette "erreur technique", alors il est
sûr et certain que le camping de la famille
Santini se retrouve bel et bien dans un espace
"désanctuarisé"
(voir
notre documentation graphique).
Une
société immobilière qui a un
faible pour les terrains
inconstructibles
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L'adjoint
à l'urbanisme de la commune de
Calvi, Monsieur Gilles Brun
montre
à nos confrères de France3
Corse
l'emplacement du camping de Monsieur
Santini sur une carte de la mairie. C'est
le terrain entouré en rouge.
L'espace vert, protégé,
assez important qui apparait sur le haut
de sa surface... disparaît sur la
carte du PADDUC! (Voir image
suivante).
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Superposition
du plan cadastral sur la carte du
PADDUC.
Entouré
en rouge, le camping La Pineda, tel que
l'a très précisément
localisé l'adjoint à
l'urbanisme de la commune de Calvi,
Monsieur Gilles Brun (voir l'image plus
haut).
Dans la carte du PADDUC, le camping de la
famille Santini se trouve, presque
totalement, dans un espace non
protégé (en blanc sur la
carte). Une "erreur
technique"?
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Superposition
du plan cadastral et du tracé (en
bleu) de l'Atlas "Loi Littoral" sur la
carte du
PADDUC.
Le trait bleu de l'Atlas entoure les
espaces remarquables, et donc
inconstructibles. Les terrains
indiqués par la flèche,
appartenant à la famille Santini,
se trouvent actuellement dans cet espace
protégé, alors qu'ils sont
proposés au déclassement sur
la carte du PADDUC. Nous pouvons estimer
que ce déclassement concerne
environ un hectare et demi.
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Mais
qu'en est-il du deuxième terrain,
propriété de la SCI U Serenu,
un "bien non délimité", situé,
lui, dans une parcelle proposée au
déclassement? Monsieur Ange Santini
affirme haut et fort que ce "bien non
délimité" est dans un espace
remarquable et qu'il le restera
Mais alors, pour quelle raison la
société immobilière U Serenu
l'a-t-elle acheté?
Pourquoi
une société immobilière, dont
le premier objet social est celui de "construire et
puis vendre des immeubles", perdrait son temps,
et son argent, à acheter des terrains
inconstructibles?
Pourquoi
le gérant de cette société
immobilière s'obstinerait-il avec force
à garantir que le terrain acheté par
sa SCI n'aurait aucune vocation à sortir
d'un site protégé et demeurerait
donc inconstructible? Quelque chose doit nous
échapper, car nous avons du mal à
suivre cette logique venant d'une entreprise
immobilière, dont l'objet social est
"construire et puis vendre des
immeubles".
Un
autre détail, dans cette étrange
histoire de ce "bien non délimité",
nous intrigue. Pourquoi Monsieur Santini, qui a
été maire de Calvi, qui encore de
nous jours occupe la fonction de maire adjoint, et
qui est aujourd'hui le président du Conseil
exécutif, bref, pourquoi un homme dont
l'expérience et la compétence sont
reconnus, n'a-t-il pas été à
même d'effectuer un partage pour
qu'apparaisse dûment sur le cadastre la
parcelle où sa société
immobilière possède un "bien non
délimité"?
Nous
nous permettons de préciser que, dans cette
parcelle, la commune de Calvi possède la
plus grosse quote part des terrains. Or, pour
quelle raison l'ancien maire et actuel maire
adjoint de la ville n'a-t-il pas pris la
précaution élémentaire
d'effectuer un partage, enregistré au
cadastre, d'une parcelle où sa propre
société immobilière
apparaît en "bien non délimité"
avec la propre commune de Calvi? Sur une parcelle
de terre que cette même commune propose au
déclassement depuis 2004
Pourquoi?
Pourquoi
rester dans une certaine forme d'incertitude, alors
qu'il aurait été plus simple de faire
effectuer un arpentage par un
géomètre expert et d'attribuer
aux différents propriétaires de cette
parcelle un numéro propre et une surface
bien délimitée? Alors que ce terrain
a été acheté en 1992 et que
Monsieur Santini a été élu
maire de Calvi en 1995, de nos jours encore, en
2008, la parcelle AP numéro 4 est
restée dans le statut foncier flou d'un
"bien non délimité". Pourquoi aucune
division de la parcelle n'apparaît sur les
documents officiels du centre des impôts
fonciers de Haute-Corse?
Menaces
de plaintes
Depuis
plus de dix jours maintenant, Monsieur Ange Santini
menace de nous assigner en justice pour
diffamation. Dans une tribune libre parue dans
Corse-Matin du 25 septembre 2008, le
président du Conseil exécutif
regrette que, "dans notre société, la
victime soit obligée de démontrer
qu'elle a été accusée à
tort".
Nous
nous permettons de signaler qu'en droit
français, c'est au journaliste d'apporter la
preuve de ses affirmations, et non pas le
contraire, et que c'est seulement ensuite que le
plaignant sera appelé à produire son
offre de contre-preuve.
Dans
sa tribune libre, le président de
l'Exécutif affirme haut et fort:
"J'apporterai la preuve du caractère
mensonger des allégations qui ont
visé à me salir. Et je le ferai sans
difficulté aucune devant la Justice,
vis-à-vis de mes pairs qui siègent
à l'assemblée de Corse,
mais
aussi devant la Corse entière". Nous avons
bien lu "j'apporterai la preuve
sans
difficulté aucune".
Mais,
pourquoi donc Monsieur Santini ne l'a-t-il pas
encore fait? Toute la Corse a hâte de
voir ces preuves apportées "sans
difficultés". Mais qu'on nous concède
que jusqu'à ce jour personne n'a rien
entendu d'autre que des grandes déclarations
d'intentions et d'intimidation.
C'est
bien peu pour répondre aux questions
précises posées dans notre
dossier journalistique.
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