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Le mensuel Corsica vole au secours du président de l'Exécutif territorial…
"Il faut sauver le soldat Santini!"


Par Enrico Porsia

Lundi 8 décembre 2008



Dans son numéro de décembre 2008, le mensuel Corsica consacre une longue "enquête" favorable à Monsieur Ange Santini, président de l'Exécutif de la Corse, en instruisant uniquement à sa décharge.
Dès le "chapeau"… l'enquête vacille! Jugez vous-mêmes: "Les documents que M. Santini a mis à notre disposition tendent à prouver que ces terrains ne sont pas proposés au déclassement". Nous avons bien lu "tendent à prouver". Mais, le prouvent-ils, ou ne le prouvent-ils pas? Bref, où est le journaliste, dans l'intention ou l'affirmation?

Trois mois. C'est le temps qu'il a fallu pour qu'un journaliste parvienne à réaliser une "enquête" favorable à Monsieur Ange Santini, président de l'Exécutif de la Corse, en instruisant uniquement à sa décharge!

Trois mois de "déclarations d'intentions méprisantes" avant que Monsieur Ange Santini trouve le soutien d'un "enquêteur" qui mette en doute un fait incontestable: dans le projet de PADDUC arrêté par le président de l'Exécutif, un bon morceau de terrains de propriété personnelle de la famille Santini a été proposé au déclassement.

Trois mois, pour tomber sur la perle rare qui tentera de mettre, bien maladroitement, en cause notre travail. Trois mois de recherches sans que cet investigateur ne trouve utile de contacter notre rédaction. Ce professionnel hors pair, Constant Sbraggia, travaille pour le mensuel Corsica, qui prétend nous mettre en difficulté. Penchons-nous donc, humblement, sur son travail.

Où est le journaliste de Corsica, dans l'intention ou l'affirmation?

L' "enquête", publiée en grande pompe par le mensuel Corsica, commence mal. Dès le "chapeau"… l'enquête vacille! Jugez vous-mêmes: "Les documents que M. Santini a mis à notre disposition tendent à prouver que ces terrains ne sont pas proposés au déclassement". Nous avons bien lu "tendent à prouver". Mais, le prouvent-ils, ou ne le prouvent-ils pas? Bref, où est le journaliste, dans l'intention ou l'affirmation ?

Regardons le travail de Corsica de plus près. Constant Sbraggia, revient sur un terrain de 1 hectare et 9 ares de propriété de la SCI U Serenu, la société immobilière de Monsieur Santini. Le terrain de cette société immobilière, comme le reconnaît Corsica, "demeure en situation d'indivis" et est situé sur une parcelle, dont une partie, est proposée au déclassement dans le projet de PADDUC. Ici, La SCI U Serenu est copropriétaire, notamment avec la commune de Calvi, de la parcelle à laquelle le cadastre a attribué le numéro AP4. Cette parcelle, en bordure de mer, se situe dans un espace remarquable, et ce fait n'a pas échappé à l'enquêteur de Corsica. Il écrit en effet que la propriété de la SCI U Serenu "se situe dans une zone effectivement considérée comme remarquable par l'Atlas du Littoral". Constant Sbraggia a réussi aussi à vérifier que les terrains de la SCI U Serenu se trouvent bel et bien dans une parcelle en indivis: "Il n'y a rien d'illégal à ce qu'un propriétaire demeure en situation d'indivis (comme c'est le cas souvent en Corse)…" Nous continuons à le suivre, mais voilà que, soudainement, notre enquêteur fait fausse route et nous parle de: "La parcelle appartenant à la SCI U Serenu". Mais de quelle parcelle s'agit-il?

Dans le même paragraphe "l'enquêteur" de Corsica dit tout et son contraire. Mais comment la société U Serenu peut-elle être en indivis dans une parcelle, et revendiquer au même temps d'avoir l'attribution d'un lot parfaitement localisé comme l'affirme Monsieur Sbraggia quand il écrit "la parcelle appartenant à la SCI U Serenu"? La société U Serenu ne peut pas être au même temps en indivis et propriétaire d' "une parcelle". C'est antinomique. Selon les plans officiels, et selon l'acte de vente, la SCI U Serenu possède en indivis un neuvième de l'ensemble de la parcelle AP4. Point barre. Dans une situation d'indivis, elle ne peut avoir sa propre parcelle. Si non, on ne serait pas, comme le confirme aussi "l'enquête" de Corsica, dans un terrain en indivis.



(Ci-dessus) Sur l'acte de vente du terrain acheté par la SCI U Serenu, le terrain n'est pas défini à l'intérieur de la parcelle. Il est désigné uniquement par sa superficie: un hectare neuf ares "à prendre sur neuf hectares vingt-six ares cinquante centiares", soit environ un neuvième de la parcelle AP 4.

(A droite) Le plan cadastral déposé auprès du centre des impôts foncier, édité le 11/09/2008, n'indique aucune division de la parcelle AP4, là où la SCI U Serenu de M. Santini détient un neuvième de la surface.

Force est de constater que la parcelle en question, est un "bien non délimité"… En indivis. Une parcelle dont une partie est proposée au déclassement. Si donc une partie de la parcelle devait être "déclassée" tant qu'un arpentage n'a été effectué, et que le cadastre ne l'a enregistré, attribuant un numéro à chaque lot nouvellement créé, chaque propriétaire pourrait revendiquer sa quotité dans le secteur "désanctuarisé". Rien de plus mais rien de moins. Mais, voilà que Monsieur Sbraggia nous dévoile un document nouveau. Un document qu'il définit comme "officiel". Un document en provenance de Maître Ciavaldini, notaire à Calenzana.

Un document "officiel" enregistré… Nulle part!

Ce document "officiel" est particulier. Il n'a pas été enregistré… Nulle part! C'est n'est donc pas un document "officiel", mais, tout au plus, un acte notarié à caractère privé. Soyons précis. Or, sur ce document n'apparaîssent ni le nom de la société U Serenu, ni le nom de Monsieur Santini. Quelle est sa valeur? Cette carte laissant apparaître une division de la parcelle est-elle accompagnée, comme c'est obligatoire depuis 1956, du rapport d'arpentage d'un géomètre-expert?
Mais, au juste, pourquoi donc n'a-t-elle pas été enregistrée?

Nous avons consulté tous les documents publics disponibles, aussi bien au centre des impôts foncier qu'à la Conservation des hypothèques. Nous avons aussi confié une recherche au service spécialisé Patrimoine-infos. Et voici ce que nous a répondu Madame Chanabier, responsable de ce service de référence: "Les Notaires ayant l'obligation de déposer à la Conservation des hypothèques tous les actes objet de droits immobiliers, il est raisonnable de penser qu'actuellement aucun acte d'état descriptif n'a encore été déposé".

Corse: on désanctuarise en famille

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Le Conseil exécutif de Corse a contacté Amnistia.net: le conseiller de Monsieur Santini et le document invisible...

Notre enquête publiée dans Libération

Nous posons à nouveau la question: quelle valeur a ce document, publié trois mois après notre premier article, qui ne mentionne ni Monsieur Santini, ni sa société immobilière et qui n'a été enregistré nulle part ?

Monsieur Cyril Ceccaldi, le propre conseiller du président de l'Exécutif, n'a pas encore réussi à nous apporter la réponse. Nous lui avons pourtant posé la question dès le 20 novembre.

Incompétence ou négligence?

Pourquoi Monsieur Santini, qui a été maire de Calvi et qui est de nos jours encore maire adjoint, pourquoi le président du Conseil exécutif de la Corse n'a pas été à même de procéder à un partage, officiel, de cette parcelle de 9 hectares? Et ceci depuis 1992? Pourquoi n'a-t-il pas pris la simple précaution de formaliser la division d'une parcelle dans laquelle sa société immobilière se retrouve en copropriété, indivise, avec la propre commune de Calvi? Dans une parcelle proposée au déclassement? Posons-nous la question: de la négligence à l'incompétence, la liste des réponses est variée.

Comment imaginer que le plus haut responsable politique de la Collectivité territoriale n'arrive même pas à faire figurer au cadastre le partage d'une modeste parcelle de 9 hectares? Alors qu'en tant que président du Conseil exécutif, il a dû présenter un plan d'aménagement pour une île dont la superficie est près de cent mille fois plus importante que la parcelle indivise dans la pinède de Calvi…

Doit-on, dans ces conditions, s'étonner que, deux mois après avoir arrêté le plan d'aménagement, le Conseil exécutif de l'île se soit empressé de relancer un appel public afin d'en refaire la cartographie? Nous posons à nouveau la question: incompétence ou négligence?

Corsica aurait-il des blocages pour dénoncer les agissements de certaines personnalités de l'establishment politique de l'île?

Il est vrai que le président de l'Exécutif n'est pas le seul responsable de la Collectivité territoriale, à voir des terrains familiaux "désanctuarisés" dans le nouveau projet de PADDUC. Dans notre enquête, nous affirmions aussi que des terrains familiaux appartenant au président de l'Assemblée de l'île, ainsi qu'au président de l'Office de l'Environnement, étaient promis à la "désanctuarisation" dans le projet de PADDUC.

Pourquoi le mensuel Corsica n'en pipe-t-il pas mot? Le président de l'Assemblée de l'île n'a même pas cherché à démentir nos informations. Tandis que le président de l'Office de l'Environnement, après une ébauche de démenti, rapidement balayé par nos preuves, s'est retranché dans le silence.

Pourquoi Corsica, qui cite pourtant notre article du 4 septembre, omet-il de signaler ces informations à ses lecteurs? Corsica aurait-il des blocages pour dénoncer les agissements de certaines personnalités, importantes, de l'establishment politique de l'île?


La carte annexée au PADDUC "Principales protections relatives aux espaces". En jaune, les "espaces à potentialités agronomiques dominantes". En vert, les "espaces remarquables", du littoral et de la montagne. Selon Corsica, cette carte "n'est pas la bonne"...


La carte annexée au PADDUC "Espaces remarquables du littoral et limites des espaces proches du rivage". En vert, les "espaces remarquables", du littoral.
Les deux cartes ont été établies à l'échelle de 1/150.000e.

Une mission périlleuse : Il faut sauver le soldat Santini!

Visiblement, le mensuel s'est fixé une mission périlleuse: Il faut sauver le soldat Santini!
La tâche est confiée à Constant Sbraggia. Et, voilà, comment le chroniqueur politique du journal, se transforme en "enquêteur maison". Après avoir cherché à nous faire avaler un document où, ni le nom de Monsieur Santini, ni le nom de sa société n'apparaissent. Un document inexistant vis à vis aussi bien du cadastre, que de la Conservation des hypothèques, voilà que Corsica s'attache à nous démontrer qu'aucun terrain du camping familial de la famille Santini n'aurait été promis à la "désanctuarisation" dans la cartographie du projet de PADDUC. Parbleu!

Pour arriver à étayer une démonstration bien hasardeuse, Monsieur Sbraggia n'hésite pas à nous faire le jeu "des trois cartes".

"La carte mise en cause et publiée par le site amnistia.net n'est pas la bonne", affirme, le plus sérieux du monde, l'enquêteur de Corsica. Ah, bon? Nous avons pourtant travaillé sur la carte officielle des "Principales protections relatives aux espaces", publiée par le Conseil exécutif lui-même. Mais, visiblement nous devons nous être trompés, car l'enquêteur de Corsica le décrète. Désormais donc cette carte officielle "n'est pas bonne"! Et… pourquoi donc?

"Il existe en effet, annexée au projet de PADDUC, une autre carte. Consacrée aux seuls espaces naturels remarquables, elle laisse apparaître une représentation graphique plus fine de la route nationale qui permet d'identifier clairement le camping La Pinède".
Puisqu'on nous le dit…

Décidément au mensuel Corsica, où l'on a l'habitude de publier des enquêtes fouillées, on doit vraiment nous prendre pour des sympathiques amateurs qui s'amusent sur le Net, sans même pouvoir signer nos articles comme des "journalistes corses en Corse", à l'image d'un Antoine Albertini, étoile montante du journalisme ethnique, qui partage ses piges entre Corsica et Le Monde… dont il est le correspondant "corse en Corse" (voir son post adressé à nos confrères de Bakchich. A lire dans les commentaires de "Chut… des journalistes osent enquêter en Corse").

Une deuxième carte qui sort comme un as de la manche

Revenons donc à cette deuxième carte qui sort, comme un as de la manche de notre enquêteur. Nous la connaissons parfaitement. Elle concerne uniquement les espaces remarquables et exclut les terres agricoles… par exemple! Si donc nous avions travaillé sur ce document, nous n'aurions pas pu informer nos fidèles lecteurs que 48 hectares de terrains agricoles appartenant, en indivis, au président de l'Assemblée de l'île et à son cousin germain, sont proposés pour accueillir un complexe immobilier et golfique. On conviendra, qu'occulter l'existence d'un tel projet d'envergure serait vraiment dommage…

Mais si nous avons privilégié la carte des "Principales protections relatives aux espaces" il y a aussi une autre raison. Elle est pratique. Si cette carte n'est pas un exemple de perfection, l'autre, celle que nous signale Constant Sbraggia, est, elle, quasiment illisible. Nous avons néanmoins fait l'effort. Et, surprise, si sur la carte que nous avons utilisée un bon hectare du camping de Monsieur Santini est proposé au déclassement, ici c'est uniquement un peu moins d'un hectare qui est concerné. Mais par contre, dans l'autre parcelle, celle où la société immobilière de Monsieur Santini est copropriétaire en indivis, voilà que la superficie proposée au déclassement s'élargit considérablement. Dans les deux cas de figure, en utilisant les deux cartes, des terrains appartenant au président du Conseil exécutif sont proposés au déclassement dans le projet de PADDUC qu'il a lui même proposé. C'est un fait.


Superposition du plan cadastral et du tracé de l'Atlas "loi Littoral" (tracé bleu) sur la carte du PADDUC: "Principales protections relatives aux espaces". Entouré en jaune: la parcelle AP4 (là où la SCI de M. Santini détient un neuvième de la surface). Entouré en rouge, le camping de M. Santini.

On remarque entre le tracé de l'Atlas et le hachuré vert des zones protégés du projet de PADDUC qu'une partie du camping, indiquée par la flèche rouge, est proposée au déclassement.


Superposition du plan cadastral et du tracé de l'Atlas "loi Littoral" (tracé bleu) sur la carte du PADDUC: "Espaces remarquables du littoral et limite des espaces proches du rivage". Cette carte est encore plus imprécise que la précédente.
Entouré en jaune: la parcelle AP4 (là où la SCI de M. Santini détient un neuvième de la surface). Entouré en rouge, le camping de M. Santini.

Les cercles bleus indiquent des espaces qui semblent être destinés au déclassement. Ils sont plus importants que sur la carte d'à côté. Et ne sont pas positionnés aux mêmes endroits. Pourquoi?
La flèche rouge indique une partie du camping proposée au déclassement.

5.000 m2 en pleine pinède et en bordure de mer

Mais voilà que l'enquêteur de Corsica nous sort une troisième carte. Elle vient tout juste d'être dessinée:
"Alors que l'Atlas du Littoral est au 1/25.000e le PADDUC - est lui au 1/150.000e. Ce qui dans ce cas précis s'illustre par un découpage plus grossier des zones et rend donc la lecture de la carte plus ardue. Pour nous éclairer, un plan beaucoup plus précis au 1/5.000e a été établi par un géomètre-expert. Réalisé à la demande d'Ange Santini, il permet de faire toute la lumière sur cette affaire", prétend Corsica avec aplomb.
Première remarque: mais pourquoi donc le président Santini n'a-t-il pas proposé la cartographie du PADDUC à cette échelle? Nous ne demandons pas mieux. Par contre nous avons été obligés de travailler sur les seuls documents disponibles qui ont été réalisés "par un découpage plus grossier des zones qui rend donc la lecture de la carte plus ardue".

Mais que nous démontre-t-il ce nouveau document dont le professionnel qui l'a réalisé tient bien à souligner que "Seul le bornage, contradictoire ou judiciaire, permet de définir les limites de propriété"? En ce qui concerne le terrain de la société immobilière de Monsieur Santini, nous persistons à affirmer que ni le bornage, ni même un arpentage n'a été effectué. La position de ce terrain n'est donc pas établie. Quant au camping de la famille Santini… dans la partie nord de la propriété, la seule différence constatée porterait sur moins de 5.000 m2 admet, très modestement Corsica. Permettez-nous d'attirer l'attention sur le fait que même, "seulement" 5.000 m2 au sol en pleine pinède de Calvi, en bordure de mer, qui ne seraient plus protégés, ce n'est pas vraiment des clopinettes. Car, si jamais un jour quelqu'un avait l'idée d'y édifier quelque chose, et si bien sûr il arrivait à obtenir un permis de construire, et bien alors ces terrains nus, pourraient facilement se négocier à 100 euros le m2… 500.000 euros pour l'ensemble. Ce n'est pas rien…

Le géomètre-expert de Monsieur Santini et notre enquête indépendante

Mais regardons de plus près le travail réalisé par le géomètre-expert de Monsieur Santini, à la seule intention de répondre à notre enquête. Dans un "nota bene", il est précisé que "le zonage présenté sur ce plan est issu des documents fournis par la CTC et les services de l'état", avec une précision de +/- 10 mètres. Mais, sur quels documents précis s'est-t-il basé, le géomètre-expert, afin d'établir ce plan, qui est censé "faire toute la lumière sur cette affaire"? De quels documents provient cette précision au 1/5000e pour délimiter une "zone PADDUC", quand l'échelle des cartes du projet de PADDUC est au 1/150.000e? L'enquêteur de Corsica ne nous l'indique pas.

On remarque par contre que ce plan est encore différent de ceux qui étaient disponibles jusqu'à maintenant. Si la zone protégée est plus grande que celle visible sur les cartes du PADDUC jusqu'ici disponibles... elle est en tout cas plus petite que l'espace protégé défini par l'Atlas "loi Littoral"! Le tracé reproduit par le géomètre, à la demande de Monsieur Santini, semble en effet réduire l'espace protégé figurant sur l'Atlas réalisé par les services de l'Etat. Pourquoi cet écart?
Cette différence a été remarquée même par l'enquêteur de Corsica. Une différence qui va toujours dans le sens du déclassement. Alors, ce nouveau plan est-il exact, fait-il "toute la lumière sur cette affaire", ou ne fait que rajouter un peu de confusion?


Superposition du plan établi par le géomètre-expert et de la carte des "Principales protections relatives aux espaces" du projet de PADDUC, et l'Atlas "Loi littoral". Sur le plan du géomètre la zone protégée est plus grande que celle visible sur la carte du PADDUC... par contre elle est plus petite que l'espace protégé défini par l'Atlas "loi Littoral"! Il reste toujours une différence, qui va dans le sens du déclassement d'une partie du camping La Pineda (en jaune).

Selon nos calculs, même en acceptant pour bonne la carte du géomètre-expert, on remarque aisément qu'un bon morceau du camping familial du président du Conseil exécutif, et maire adjoint de la ville, est bel et bien en pleine zone proposée à la "désanctuarisation". Au moins 8.000 m2 de pinède sont concernés. Ça vous paraît-il si insignifiant que ça?

N'essayerait-on pas de nous prendre pour des amateurs?

Mais voilà, que l'enquêteur de Corsica, tel un prestidigitateur rompu à l'exercice, nous sort encore une énième carte du chapeau. De quoi s'agit-il? D'un scoop: "Au cours de notre enquête, nous avons pu prendre connaissance du Plan Local d'Urbanisme de Calvi, en cours de finalisation. Celui-ci montre tout d'abord qu'il y a bien une parfaite adéquation entre l'Atlas du littoral, la localisation faite par le PADDUC et la détermination à la parcelle par ce document. Il précise également que même dans la partie non classée aucune opération immobilière n'est permise".


Septembre 2008: L'adjoint à l'urbanisme de la commune de Calvi, Monsieur Gilles Brun montre à nos confrères de France3 Corse l'emplacement du camping de Monsieur Santini sur la carte de la mairie. C'est le terrain entouré en rouge. On peut remarquer qu'il est situé, en zone "NA".
Or, les zones NA sont des zones naturelles destinées à "l'urbanisation future". Aussi bien le camping familial que le terrain revendiqué par la société immobilière de Monsieur Santini se retrouvent dans ce secteur. Une zone que la Maire de la ville a proposée visiblement à "l'urbanisation future". Depuis septembre dernier, la municipalité de Calvi a-t-elle changé d'avis?

Allons donc, notre enquêteur a pu prendre connaissance du nouveau PLU (Plan Local d'Urbanisme)… qui est en cours d'élaboration, et qui n'a donc pas encore d'existence légale! Qui est en cours d'élaboration et peut être modifié à tout instant. D'ailleurs, nous aimerions bien savoir de quand date-t-il? Avant ou après le début de notre enquête?

Une chose est certaine, lorsque nos confrères de France3 Corse ont été reçus à la mairie de Calvi, en septembre 2008, c'est l'actuel plan du POS (Plan d'Occupation des Sols) de la ville que Monsieur Gilles Brun, l'adjoint à l'Urbanisme leur a montré. Actuellement, c'est le seul document légal sur lequel se base la commune. Et, que voit-on quand on le regarde avec attention? Que les terrains familiaux de Monsieur Santini se retrouvent sur un zonage NA. Et, que se passe-t-il si l'on fait une recherche pour connaître a quoi correspond cette définition? On trouve aisément que NA ne signifie rien d'autre que zone "Naturelle destinée à urbanisation future". Oui, oui vous avez bien lu "destinée à urbanisation future".

Franchement, chers et fidèles lecteurs, n'essayerait-on pas de nous prendre pour des amateurs?




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