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La
plage de Palombaggia, sur la commune de
Porto-Vecchio, est classifiée
"espace remarquable" sous le numéro
de zone 71, dans "l'Atlas Loi Littoral "
pour la Corse-du-Sud, établi par
les services de l'Etat.
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Les
restaurants de plage sont des affaires qui
rapportent
beaucoup d'argent, comme beaucoup
d'ennuis. Il suffit de se souvenir du
préfet Bernard Bonnet. L'ex-préfet de
Corse qui s'est fait littéralement
incinérer à cause d'une paillote. Une
paillote illégale vis-à vis de la loi
littoral, qui interdit, notamment, l'installation
des restaurants de plage dans la "bande de 100
mètres" et sur le domaine public
maritime.
La
lutte contre la spéculation
immobilière a souvent été
hissée, telle un drapeau, par les
différents mouvements
nationalistes
sans
que ce fait empêche certains militants et
responsables de s'intéresser à un
marché particulièrement rentable, qui
est celui du tourisme "les pieds dans
l'eau".
Il
faut bien l'admettre: avec ses mille
kilomètres de côtes, l'île de
Beauté a de quoi faire rêver toute une
vaste catégorie professionnelle, qui
s'étale des spéculateurs immobiliers
jusqu'aux aspirants gérants de
paillotes.
Il y a pourtant un hic. Un obstacle de taille.
C'est la loi littoral. En
attendant que les "forces réformatrices"
agissant "contre l'immobilisme" arrivent à
reformer, voire démolir, cette
loi,
il existe, d'ores et déjà, des
procédures, qui permettent de la contourner.
Allégrement!
Le
cas du restaurant Playa Baggia, à
Porto-Vecchio, en est un excellent exemple.
Le 16 janvier 2007, une demande de permis de
construire a été
déposée: PC 2A 247 07R0013. Monsieur
Pierre Salomon Angelini souhaite installer une
construction temporaire de 65 m2 de surface nette,
en pleine bande de 100 mètres, sur la plage
de Palombaggia, un espace remarquable.
Le maire, en donnant un avis favorable à un
projet se situant en plein espace
protégé, ne se mouille pas plus que
ça. La
commune de Porto-Vecchio ne disposant pas de plan
local d'urbanisme, la signature du maire concernant
tout permis de construire, n'a que la valeur d'un
simple avis. Seule la contre-signature du
préfet rend le permis de construire
effectif.
Dans
le cas précis du restaurant de plage Playa
Baggia, le service instruction de la Direction
départementale de l'équipement (DDE)
a demandé un complément
d'information. Ayant obtenu des nouvelles
pièces, la DDE ne s'est plus
manifestée. Elle a pourtant deux mois pour
émettre son avis, qui peut être
favorable ou contraire
à la demande,
fourmuleé par monsieur Angelini, d'un permis
de construire sur la bande de 100 mètres,
dans un espace remarquable
Les deux mois s'écoulent. Sans aucune
nouvelle.
Ensuite,
il suffit d'écrire à la DDE, en lui
déclarant que, sans manifestation de sa
part, on commence à "faire courir le permis
tacite" et, quinze jours plus tard, si personne
ne s'est manifesté: "youpi!" Le tour
est joué. On peut construire en faisant
jouer le "permis tacite". On construit sur la
plage, en lisière du domaine public
maritime, sans pour autant être
répréhensible vis-à-vis de la
loi.
A
qui la faute? A l'aspirant gérant de
paillote? Et pourquoi, vu que la DDE n'a pas
rejeté sa demande?
Quant à la DDE, elle n'a pas
délivré un avis positif non
plus
Elle s'est contentée de ne rien
dire
de ne rien voir
La semaine dernière, on pouvait lire dans un
encart du quotidien Corse-Matin: "Le
restaurant Playa Baggia et toute son équipe
vous convient à son inauguration à
Tamaricciu, plage de Palombaggia".
Monsieur
Angelini a eu enfin sa paillote. Une paillote
qui aiguise, décidément, bien des
envies, ainsi qu'une bonne dose de
curiosité.
En
effet, Pierre Salomon Angelini, l'heureux
propriétaire, n'est autre que le père
de Jean-Christophe,
secrétaire national du Parti de la Nation
Corse, élu dans la liste nationaliste
d'Unione Naziunale à l'assemblée
territoriale et conseiller municipal de la ville de
Porto-Vecchio.
Seules
des mauvaises langues peuvent donc imaginer que
les services de l'Etat français auraient pu
faire une fleur à un gérant de
paillote, dont le fils est un élu
nationaliste engagé dans la lutte contre la
"mainmise coloniale" sur l'île.
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