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Corse: La démarche à suivre pour s'offrir, légalement, une paillote… illégale!


Mercredi 4 juillet 2007


La plage de Palombaggia, sur la commune de Porto-Vecchio, est classifiée "espace remarquable" sous le numéro de zone 71, dans "l'Atlas Loi Littoral " pour la Corse-du-Sud, établi par les services de l'Etat.
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L
es restaurants de plage sont des affaires qui rapportent… beaucoup d'argent, comme beaucoup d'ennuis. Il suffit de se souvenir du préfet Bernard Bonnet. L'ex-préfet de Corse qui s'est fait littéralement incinérer à cause d'une paillote. Une paillote illégale vis-à vis de la loi littoral, qui interdit, notamment, l'installation des restaurants de plage dans la "bande de 100 mètres" et sur le domaine public maritime.

La lutte contre la spéculation immobilière a souvent été hissée, telle un drapeau, par les différents mouvements nationalistes… sans que ce fait empêche certains militants et responsables de s'intéresser à un marché particulièrement rentable, qui est celui du tourisme "les pieds dans l'eau".

Il faut bien l'admettre: avec ses mille kilomètres de côtes, l'île de Beauté a de quoi faire rêver toute une vaste catégorie professionnelle, qui s'étale des spéculateurs immobiliers jusqu'aux aspirants gérants de paillotes.
Il y a pourtant un hic. Un obstacle de taille. C'est la loi littoral.
En attendant que les "forces réformatrices" agissant "contre l'immobilisme" arrivent à reformer, voire démolir, cette loi, il existe, d'ores et déjà, des procédures, qui permettent de la contourner. Allégrement!

Le cas du restaurant Playa Baggia, à Porto-Vecchio, en est un excellent exemple.
Le 16 janvier 2007, une demande de permis de construire a été déposée: PC 2A 247 07R0013. Monsieur Pierre Salomon Angelini souhaite installer une construction temporaire de 65 m2 de surface nette, en pleine bande de 100 mètres, sur la plage de Palombaggia, un espace remarquable.
Le maire, en donnant un avis favorable à un projet se situant en plein espace protégé, ne se mouille pas plus que ça.
La commune de Porto-Vecchio ne disposant pas de plan local d'urbanisme, la signature du maire concernant tout permis de construire, n'a que la valeur d'un simple avis. Seule la contre-signature du préfet rend le permis de construire effectif.

Dans le cas précis du restaurant de plage Playa Baggia, le service instruction de la Direction départementale de l'équipement (DDE) a demandé un complément d'information. Ayant obtenu des nouvelles pièces, la DDE ne s'est plus manifestée. Elle a pourtant deux mois pour émettre son avis, qui peut être favorable ou contraire… à la demande, fourmuleé par monsieur Angelini, d'un permis de construire sur la bande de 100 mètres, dans un espace remarquable…
Les deux mois s'écoulent. Sans aucune nouvelle.

Ensuite, il suffit d'écrire à la DDE, en lui déclarant que, sans manifestation de sa part, on commence à "faire courir le permis tacite" et, quinze jours plus tard, si personne ne s'est manifesté: "youpi!" Le tour est joué. On peut construire en faisant jouer le "permis tacite". On construit sur la plage, en lisière du domaine public maritime, sans pour autant être répréhensible vis-à-vis de la loi.

A qui la faute? A l'aspirant gérant de paillote? Et pourquoi, vu que la DDE n'a pas rejeté sa demande?
Quant à la DDE, elle n'a pas délivré un avis positif non plus… Elle s'est contentée de ne rien dire… de ne rien voir…
La semaine dernière, on pouvait lire dans un encart du quotidien Corse-Matin: "Le restaurant Playa Baggia et toute son équipe vous convient à son inauguration à Tamaricciu, plage de Palombaggia".

Monsieur Angelini a eu enfin sa paillote. Une paillote qui aiguise, décidément, bien des envies, ainsi qu'une bonne dose de curiosité.

En effet, Pierre Salomon Angelini, l'heureux propriétaire, n'est autre que le père de Jean-Christophe, secrétaire national du Parti de la Nation Corse, élu dans la liste nationaliste d'Unione Naziunale à l'assemblée territoriale et conseiller municipal de la ville de Porto-Vecchio.

Seules des mauvaises langues peuvent donc imaginer que les services de l'Etat français auraient pu faire une fleur à un gérant de paillote, dont le fils est un élu nationaliste engagé dans la lutte contre la "mainmise coloniale" sur l'île.



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