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Privatisation du territoire - Quand le sous-préfet de Sartene annonce: "Robespierre est mort!"


Vendredi 6 juin 2008


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Jeudi 5 juin 2008, le préfet de Corse, Christian Leyrit a invité les représentants des associations de défense de l'environnement insulaires à une "réunion d'échange au sujet de l'application de la loi littoral en Corse-du-Sud". Jeudi à 16 heures donc, huit représentants du Collectif pour la loi littoral se sont rendus à la préfecture d'Ajaccio. Le sous-préfet de Sartene, le directeur régional de l'Equipement, le secrétaire général de la préfecture et deux hauts responsables de la DDE étaient aussi présents à la réunion, à côté du représentant de l'Etat sur l'île.

La rencontre a duré deux heures. Le représentant de l'Etat avait un objectif. Un message à faire passer: Il faut que toutes les communes de l'île soient dotées d'un plan local d'urbanisme, et au plus vite. Or, le représentant de l'Etat est bien conscient que, si la loi littoral est appliquée, comme il se doit, bien des maires seront obligés de revoir leur copie. En effet, les intérêts des promoteurs immobiliers trouvent souvent des oreilles attentives auprès de bien des communes littorales de l'île... (voir aussi notre article "Le président de l'Assemblée, l'entrepreneur et les immeubles hors-la-loi").

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Pour arriver à surmonter l'obstacle, voilà que le représentant de l'Etat imagine... "d'appréhender différemment la loi selon les territoires". Le préfet propose donc aux associations de rechercher des compromis... avec l'application, stricte, de la loi! Pour bien faire comprendre le message, c'est le sous-préfet de Sartene qui se charge de préciser: "Il y a un compromis à rechercher entre l'intérêt général et l'intérêt privé".

Les représentants des associations du Collectif pour la loi littoral sont stupéfaits.
Michelle Salotti, de l'association U Levante fait état de son étonnement: "On attendait des plus hauts représentants de l'Etat en Corse qu'ils appliquent la loi, et non pas qu'ils recherchent des compromis".

Le sous-préfet de Sartene, ne se démonte pas: "Madame, Robespierre est mort!" affirme avec fierté le représentant de la République... ou de ce qu'il en reste.


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