|
|

|
|
|
|
Le
Point du 26/07/2007 annonce en pleine
page: "Deal secret avec les
nationalistes corses".
.
|
|
|
Les
fidèles lecteurs
d'Amnistia.net ne peuvent pas
nous soupçonner
d'entretenir des rapports de
complaisance avec le responsable
du Syndicat des travailleurs
corses. Ceci étant dit,
nous pouvons témoigner que
Monsieur Alain Mosconi n'est pas
du genre à fuir les
journalistes. Même face
à des questions, parfois
bien embarrassantes, il ne s'est
jamais dérobé.
Pourquoi donc nos
confrères du Point
n'ont pas jugé utile de le
contacter, avant de publier un
article le mettant en
cause?
Nous
n'avons obtenu de réponse.
En
revanche, voici ce que nous
communique Alain
Mosconi:
<<
Pour le moins que l'on puisse
dire cet article du Point
est surprenant; Soit dans le
meilleur des cas son auteur
dispose de très mauvaises
informations et je l'invite
à vérifier ses
sources; Soit dans le pire des
cas il y a une réelle
volonté de nuire et dans
ce cas, cela ne peut être
que de la déstabilisation
voire de la
diffamation.
Dans
les deux cas cet article ne fait
pas honneur à la
profession de
journaliste.
Sur
le fond de l'histoire, il suffit
de rappeler que notre action
était fixée dans un
cadre syndical et qu'elle a
été
identifiée par tous comme
tel. J'en veux pour preuve une
motion adoptée à
l'unanimité à
l'Assemblée de Corse le 29
septembre 2005 dont la teneur est
la suivante:
"CONSIDERANT
le caractère syndical de
l'action menée par le
personnel navigant et
sédentaire de la S.N.C.M.,
L'ASSEMBLEE DE CORSE DEMANDE la
mise en liberté des quatre
marins détenus, ainsi que
l'arrêt des poursuites
engagées à
l'encontre de l'ensemble des
syndicalistes de la
S.N.C.M.".
De
plus le Comité de Soutien
que nous avons mis en place
regroupe toutes les
sensibilités politiques de
l'Île, l'ensemble des
Organisations Syndicales, de
nombreux intellectuels et
Artistes, et également des
personnes extérieures
à la Corse telles que
Olivier BESANCENOT, José
BOVE, Clémentine AUTAIN ou
encore Guy BEDOS. Faudrait-il en
conclure, à la lecture de
l'article paru dans Le Point, que
les membres de cette liste non
exhaustive et vérifiable
sur notre site
"stc-marins.com",
ne seraient en fin de compte que
des membres de Corsica Nazione?
Ou pire encore qu'ils auraient
négocié avec le
gouvernement un quelconque
accord?
Soyons
sérieux, dans cette
affaire, il n'y a rien à
négocier car nous pensons
que dans la vie certaines choses
ne s'achètent pas, comme
par exemple notre
conscience.
Pour
nous les choses sont simples,
l'Etat devra choisir entre
respecter le vote de
l'Assemblée de Corse en
arrêtant les poursuites ou
sanctionner devant une cours de
justice des syndicalistes qui
n'ont commis ni crimes ni
délits. Autrement dit
l'Etat devra assumer ses
responsabilités, comme
nous nous assumerons les
nôtres>>.
Alain
Mosconi, secrétaire
national du Syndicat des
travailleurs
corses-Marins
|
|
|
|
Dans
son édition du 26 juillet 2007, Le
Point annonce en pleine page: Deal secret
avec les nationalistes corses.
Selon des indiscrétions recueillies par
Jean-Michel Decugis et Romain Gubert, journalistes
d'investigation de l'hebdomadaire, et
publiées à l'aide d'un conditionnel
incertain, des tractations seraient en cours entre
le gouvernement et les nationalistes.
Ces derniers, représentés par une
frange "proche de Corsica Nazione Indipendente
auraient promis le calme sur l'île, au moment
où les projets immobiliers se multiplient".
En échange, "les pouvoirs publics devraient,
courant septembre, retirer leur plainte contre
Alain Mosconi et trois autres leaders nationalistes
corses", qui avaient, en septembre 2005, en plein
conflit social contre la privatisation de la SNCM,
détourné le ferry Pascal
Paoli.
Il
faut bien le reconnaître: la nouvelle
délivrée par Le Point n'est
pas légère
Les deux journalistes mettent en cause quatre
syndicalistes.
Ils affirment que ces derniers seraient au centre
d'un deal secret.
Loin
de nous l'idée de penser que l'actuel
gouvernement, soucieux, de ne pas gâcher
l'Etat de grâce estival, du nouveau
président de la République, n'ait pas
donné son feu vert à des
négociations. Selon nos informations, en
effet, des contacts ont été
noués. Des discussions se déroulent
en ce moment même, via les 4
députés de l'île, dont 2
ultra-sarkozistes. Ils ont rencontré le 25
juillet dernier les représentants du
"comité anti-répression"
(organisation publique d'aide aux prisonniers), non
pas dans la pénombre du maquis corse, mais
bel et bien dans l'enceinte de l'Assemblée
nationale. Une première! Difficile
d'imaginer que cette initiative n'ait pas
reçu la bénédiction de
l'Elysée.
Seulement voilà, les sujets des discussions,
ne portent nullement sur le retrait de la plainte
de la part de l'Etat contre les syndicalistes du
Syndicat des travailleurs corses (STC), mais
uniquement sur le sort des prisonniers corses
appartenant aux différentes mouvances
clandestines, qui purgent actuellement leurs peines
dans différents établissements
pénitentiaires de l'Hexagone.
Doit-on
crier au scandale, pour autant? Nous ne le pensons
pas.
Quelle raison justifierait, en effet, de punir
aussi les familles des détenus corses,
obligées à engager des lourds frais
de transport pour rendre visite à leurs
proches qui purgent leurs peines sur le continent?
Quelle raison
sinon celle, bien cynique,
d'offrir un argument aux différents
partisans des actions militaires, qui leur
permettrait de s'appuyer sur la douleur,
compréhensible, qui touche les familles de
détenus, afin de légitimer la
violence?
Mais,
pourquoi donc Le Point a-t-il pointé
d'aussi énormes projecteurs sur le
syndicaliste Alain Mosconi, qui s'est fait
remarquer par son seul engagement syndical,
non-violent?
Pourquoi, deux journalistes d'investigation d'un
grand hebdomadaire français ont-ils
balancé un article, borduré par
l'utilisation du conditionnel, sans même se
donner la peine de contacter le syndicaliste corse
qu'ils mettent en cause, afin de recueillir sa
réaction, avant publication?
Déontologiquement, il faut bien l'admettre,
ce n'est pas un exploit.
Alain
Mosconi, tout comme les autres syndicalistes du
STC, qui ont détourné le Pascal
Paoli, sans armes ni cagoules,
bénéficient d'une solidarité
publique très importante.
Leur comité de soutien affiche en effet,
côte à côte, des
personnalités venant d'horizons très
divers. Olivier Besancenot, le porte-parole de la
LCR ou encore José Bové, le
syndicaliste agricole, jusqu'aux organisations
syndicales CGT, FO, CFDT
Parmi les nombreux
signataires du comité de soutien aux marins
STC, on trouve même Stéphanie
Grimaldi, maire UMP, sarkoziste, de La Porta et
membre de l'exécutif de l'assemblée
de Corse.
Mais ce n'est pas tout. Une motion a
été votée, à
l'unanimité, par les élus de
l'île demandant que les poursuites
judiciaires à l'encontre des syndicalistes
soient retirées. Au sein de leur entreprise,
la SNCM, les "mutins" du Pascal Paoli
peuvent compter sur la solidarité, sans
faille, de la puissante CGT-marins.
"Nous
ne permettrons pas que des syndicalistes, qui n'ont
commis aucune action criminelle, soient
traînés devant une cour
d'assises", nous déclare, sans
ambiguïté aucune, Bernard Marty,
secrétaire fédéral maritime
CGT et secrétaire du comité
d'entreprise de la SNCM.
Face
à cette solidarité syndicale, la
direction de la SNCM qui, dans un premier temps,
s'était portée partie civile contre
les militants corses, a retiré sa
plainte. La décision nous paraît
sage.
D'autant plus que, comme
nous l'avions déjà écrit dans
notre édition du 2 mars 2006, le
détournement du Pascal Paoli n'avait
rien d'une action
clandestine.
En effet, les Renseignements généraux
connaissaient depuis au moins la veille, les
intentions des syndicalistes. Cette honorable
administration avait, comme il se doit, mis au
courant le préfet des Bouches-du-Rhône
de l'action symbolique que préparaient les
"mutins". Ces informations, nous tenons à le
souligner, publiées par Amnistia.net n'ont
jamais été
démenties.
Soyons
réalistes, et posons-nous la question: quel
bénéfice pourraient tirer les
syndicalistes du STC d'une intervention
diplomatique clandestine, alors qu'ils sont
protégés par un comité de
soutien aussi vaste, alors qu'ils n'ont
nullement l'intention de se dérober, ni
d'agir dans l'ombre? Honnêtement, la
réponse est: Aucune.
Posons-nous encore une question: est-il
réaliste de penser que des émissaires
clandestins aient posé sur la table des
négociations le seul sort des syndicalistes
du STC?
En oubliant au passage de demander que les
prisonniers appartenant à la mouvance
clandestine puissent "bénéficier" de
purger leur peine dans un établissement
pénitentiaire de l'île?
Inimaginable. Cette revendication est une pierre
angulaire du mouvement national corse.
Pourquoi
donc, une source mystérieuse, a-t-elle
attiré l'attention des journalistes du
Point, en laissant entendre que les
actuelles négociations entre le
gouvernement et "des nationalistes proches de
Corsica Nazione" auraient comme seul objet le sort
d'Alain Mosconi, et de "trois autres leaders
nationalistes corses"? Nous tenons à
préciser à nos lecteurs que, de nos
jours, parler de Corsica Nazione équivaut
à parler d'une structure en pleine mutation,
car ce mouvement politique est parcouru par des
profondes divisions qui pourraient même
déboucher sur une scission. Une information,
que le journaliste, d'investigation, du
Point, Jean-Michel Decugis, que nous avons
dûment contacté, ignorait
complètement.
Pour
quelle raison donc, une source mystérieuse
a-t-elle livré à des journalistes,
visiblement trop pressés pour la
vérifier, une information bien curieuse?
Peut-être bien pour tenter d'empêcher
l'élaboration d'une solution juridique
écartant la menace pénale qui
pèse sur les syndicalistes
Ne
s'agirait-il pas d'une manuvre, malveillante,
dont, involontairement, ont été
victimes nos confrères du Point?
Une manuvre visant à faire capoter
la retraite des poursuites judiciaires à
l'encontre des syndicalistes, afin
d'entraîner, encore une fois, la SNCM dans
des eaux troubles?
Imaginons,
en effet, les conséquences d'une
condamnation des syndicalistes du STC, qui, outre
à la perte de leur emploi, risquent la
bagatelle de trente ans de prison, pour avoir
détourné un navire.
Bien entendu, le FLNC pourrait se sentir
"autorisé" à réagir. Il
pourrait justifier ainsi sa gesticulation
armée en opérant un véritable
kidnapping politique sur une action syndicale
non-violente.
Mais ce n'est pas tout. La condamnation des
militants du STC serait, aussi, une condition
immédiate pour un conflit au sein même
de l'entreprise. Comment les autres syndicats
pourraient ne pas réagir? Comment ne pas
imaginer que la SNCM puisse échapper
à une grève de solidarité avec
les marins corses? Avec quelles
conséquences? Décrédibiliser
aux yeux de l'opinion publique la SNCM. Offrir au
fonds d'investissement Butler Capital Partners et
à la multinationale Veolia, les deux
repreneurs privés, un prétexte pour
abandonner l'ex-compagnie publique, partiellement
privatisée, en réalisant une
consistante plus-value au passage.
Comment
ne pas imaginer, enfin, qu'une telle situation ne
puisse favoriser le rival historique de la SNCM, la
mystérieuse Corsica Ferries? La
compagnie maritime contrôlée par un
holding suisse, à l'opacité à
toute épreuve, dispose, faut-il le
souligner, de solides réseaux insulaires.
Elle
a même été autorisée
à concourir à l'appel d'offres pour
la desserte maritime entre la Corse et Marseille
alors qu'elle n'avait même pas rempli les
conditions nécessaires pour pouvoir se
porter candidate, comme nous l'a affirmé,
avec une nonchalance surréaliste, Monsieur
Yves Carsalade, le directeur de l'Office des
transports de la Corse (voir notre édition
du 26 juin 2007).
Une
chose est certaine: Si le gouvernement ne devait
pas faire preuve de responsabilité, en
acceptant de considérer que l'action
menée par les syndicalistes du STC s'inscrit
dans le contexte tendu dans lequel Monsieur de
Villepin avait imposé la privatisation d'une
compagnie publique aux potentialités
performantes, alors, la provocation envers le monde
syndical serait évidente.
Il est tout aussi vrai, que les apprentis sorciers
désireux de voir s'embraser la Corse, et
Marseille, ne manquent pas.
|