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Sarko en Corse: Les amis, la paillote et le béton


Par Enrico Porsia

Lundi 25 juillet 2005


Sarkozy dépasse-t-il les bornes?



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En 1998, les services du préfet Bernard Bonnet ont autorisé Camille de Rocca Serra à lotir dans un espace exceptionnel, face à la mer, au beau milieu du Parc marin international des Bouches de Bonifacio.
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N
icolas Sarkozy aime la Corse. Lorsqu'il avait quitté ses fonctions ministérielles pour se consacrer à consolider sa prise de pouvoir de l'UMP, il s'était bien gardé de négliger ses rapports avec l'île de Beauté. Bernard Squarcini, qui fut son homme de confiance aux Renseignements généraux, nommé préfet de police à Marseille, scrutait depuis le vieux port ce qui se passait sur l'île d'en face.
Une île sur laquelle Nicolas Sarkozy, dispose de solides réseaux qui déploient une activité soutenue. L'un des objectifs consistait à ne pas laisser le champ complètement libre dans les voies tortueuses de l'île, à Dominique de Villepin, quand ce dernier s'était installé place Beauvau.

Camille de Rocca Serra, l'actuel président de l'Assemblée territoriale, ainsi qu'Ange Santini, le président de l'exécutif, sont des fidèles relais de l'homme fort de l'UMP. "Ange et Camille savent qu'ils peuvent compter sur moi", a d'ailleurs tenu à souligner le ministre de l'Intérieur, lors de sa 17e visite officielle sur l'île, vendredi 22 juillet. C'est donc tout naturellement qu'une fois sa courte visite officielle terminée, le ministre a prolongé son séjour corse en s'offrant un week-end de détente sur les terres de la commune de Porto-Vecchio.

La ville et sa microrégion offrent plusieurs attractions. Nous sommes dans le fief de la famille des Rocca Serra. Sans négliger le fait que Jean-Christophe Angelini, le jeune élu du mouvement libéral-nationaliste du PNC, a élu domicile dans la région. "Nicolas Sarkozy avait fait preuve d'un réel courage politique", a déclaré ce dernier, en résumant ainsi ses souvenirs de l'action de "Sarko I". "Aujourd'hui, il a le choix: renouer le dialogue, et nous serons prêts à aller très loin dans les négociations", a promis l'élu du Parti de la nation corse. Dans le cas contraire, "des gros problèmes ne tarderont pas à surgir", prévoit toujours Jean-Christophe Angelini.

En guise de clin d'oeil, Nicolas Sarkozy, qui apprécie la jeune étoile montante autonomiste, incarnant un corsisme à la sauce ultralibérale, n'a pas hésité a parapher la convention tripartite attribuant à l'université de Corte 75 emplois supplémentaires. Le geste était attendu par la frange du mouvement nationaliste solidement installé à l'université. Des nouveaux emplois sont toujours une bonne nouvelle, même si la fac de Corte, dont la gestion est de plus en plus contestée, accueille de moins en moins d'étudiants...

Mais revenons dans l'extrême-Sud de l'île. Là où Sarkozy est venu se détendre. Ici, au terme d'une élection aux allures surréalistes, un autre homme fort, lié aux libéraux-nationalistes du PNC a retrouvé son fauteuil de président de la délégation de la chambre de commerce. Il s'agit de Jean-Noël Marcellesi. Un vrai bâtisseur.

Son entreprise de bâtiment est l'une des plus performantes de l'extrême-Sud de l'île (voir notre édition du 25.05.2004). Une région, que le clan Rocca Serra, tout comme les libéraux-nationalistes, envisagent, tout naturellement, vouée à la seule activité économique possible qu'ils souhaitent pour l'avenir de l'île: le tout tourisme, avec la bétonisation du littoral comme corollaire inévitable (...)

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