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Sarkozy
dépasse-t-il les
bornes?
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En
1998, les services du
préfet Bernard Bonnet ont
autorisé Camille de Rocca
Serra à lotir dans un
espace exceptionnel, face
à la mer, au beau milieu
du Parc marin international des
Bouches de
Bonifacio.
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Nicolas
Sarkozy aime la Corse. Lorsqu'il avait
quitté ses fonctions ministérielles
pour se consacrer à consolider sa prise de
pouvoir de l'UMP, il s'était bien
gardé de négliger ses rapports avec
l'île de Beauté. Bernard Squarcini,
qui fut son homme de confiance aux Renseignements
généraux, nommé préfet
de police à Marseille, scrutait depuis le
vieux port ce qui se passait sur l'île d'en
face.
Une île sur laquelle Nicolas Sarkozy, dispose
de solides réseaux qui déploient une
activité soutenue. L'un des objectifs
consistait à ne pas laisser le champ
complètement libre dans les voies tortueuses
de l'île, à Dominique de Villepin,
quand ce dernier s'était installé
place Beauvau.
Camille
de Rocca Serra, l'actuel président de
l'Assemblée territoriale, ainsi qu'Ange
Santini, le président de l'exécutif,
sont des fidèles relais de l'homme fort de
l'UMP. "Ange et Camille savent qu'ils peuvent
compter sur moi", a d'ailleurs tenu à
souligner le ministre de l'Intérieur, lors
de sa 17e visite officielle sur l'île,
vendredi 22 juillet. C'est donc tout naturellement
qu'une fois sa courte visite officielle
terminée, le ministre a prolongé son
séjour corse en s'offrant un week-end de
détente sur les terres de la commune de
Porto-Vecchio.
La
ville et sa microrégion offrent plusieurs
attractions. Nous sommes dans le fief de la famille
des Rocca Serra. Sans négliger le fait
que Jean-Christophe Angelini, le jeune élu
du mouvement libéral-nationaliste du PNC, a
élu domicile dans la région. "Nicolas
Sarkozy avait fait preuve d'un réel courage
politique", a déclaré ce dernier, en
résumant ainsi ses souvenirs de l'action de
"Sarko I". "Aujourd'hui, il a le choix: renouer le
dialogue, et nous serons prêts à aller
très loin dans les négociations", a
promis l'élu du Parti de la nation corse.
Dans le cas contraire, "des gros problèmes
ne tarderont pas à surgir", prévoit
toujours Jean-Christophe Angelini.
En
guise de clin d'oeil, Nicolas Sarkozy, qui
apprécie la jeune étoile montante
autonomiste, incarnant un corsisme à la
sauce ultralibérale, n'a pas
hésité a parapher la convention
tripartite attribuant à l'université
de Corte 75 emplois supplémentaires. Le
geste était attendu par la frange du
mouvement nationaliste solidement installé
à l'université. Des nouveaux emplois
sont toujours une bonne nouvelle, même si la
fac de Corte, dont la gestion est de plus en plus
contestée, accueille de moins en moins
d'étudiants...
Mais
revenons dans l'extrême-Sud de l'île.
Là où Sarkozy est venu se
détendre. Ici, au terme d'une
élection aux allures surréalistes, un
autre homme fort, lié aux
libéraux-nationalistes du PNC a
retrouvé son fauteuil de président de
la délégation de la chambre de
commerce. Il s'agit de Jean-Noël Marcellesi.
Un vrai bâtisseur.
Son
entreprise de bâtiment est l'une des plus
performantes de l'extrême-Sud de l'île
(voir
notre édition du
25.05.2004).
Une région, que le clan Rocca Serra, tout
comme les libéraux-nationalistes,
envisagent, tout naturellement, vouée
à la seule activité économique
possible qu'ils souhaitent pour l'avenir de
l'île: le tout tourisme, avec la
bétonisation du littoral comme corollaire
inévitable (...)
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