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C'est
une gifle. Une gifle cinglante qui frappe le
Gouvernement en plein visage. La Corse a dit
non. Elle a dit non, tout d'abord, à la
colossale machine mise en place par l'Union
présidentielle. Elle a dit non à la
droite ultralibérale qui gouverne à
Paris, et qui avait imaginé de faire de
l'île de Beauté le laboratoire
idéal afin de précipiter la
République, tout entière, dans une
nouvelle ère. Une ère où le
territoire serait voué à une
privatisation forcée au nom de la
normalisation dictée par les raisons de
l'Europe marchande. Celle de Maastricht.
La Corse a dit non. Elle a dit non à
l'arrogance du ministre de l'Intérieur.
Nicolas Sarkozy(voir
ausi notre article Le dossier explosif qui
pourrait faire sauter
Sarkozy),
tel un bulldozer, a essayé d'utiliser toutes
les armes possibles et imaginables afin d'arracher
à l'île de Beauté une caution
en faveur de la nouvelle réforme
ultralibérale. Non seulement le premier flic
de France s'est rendu 8 fois sur l'île en 14
mois, mais, en plus, il a utilisé chaque
voyage pour agiter le drapeau du chantage, sans
même le maquiller, afin que les citoyens de
l'île votent selon ses souhaits.
Le chantage de l'argent, tout d'abord, qui a
été utilisé comme une arme par
tous les envoyés du gouvernement Raffarin.
Le message, indécent, qui a
été martelé à longueur
de déplacements des émissaires
gouvernementaux, Sarkozy en tête,
suggérant aux électeurs que les
promesses d'aides économiques, qui devraient
faire atterrir sur l'île la coquette somme de
2 milliards d'euros, étaient soumises
à une condition (voir
aussi notre article Sarkozy, la Corse et le
fric).
Il fallait qu'ils votent "oui".
Fière, l'île de Beauté, n'a pas
accepté de se faire acheter. Ella a
repoussé, dans un élan citoyen,
l'offre de corruption. Car la Corse tient à
son histoire, à sa dignité. Elle a
dit qu'elle n'était pas une courtisane,
prête à se vendre. Et même quand
on lui propose une passe à 2 milliards
d'euros, la Corse dit non.
Depuis
une semaine, le Gouvernement savait, comme nous le
révélions dans
notre édition du 2
juillet,
que les pronostics de ses propres Renseignements
généraux le donnaient perdant. Le
"non", estimaient des fonctionnaires de la police
politique française, allait l'emporter. A la
place Beauvau la panique devint la principale
conseillère. Il fallait renverser la
tendance. A tout prix.
Le prix de la délation, ce n'est pas une
nouveauté, ne pose aucun problème
quand le cynisme des hommes au pouvoir exige des
résultats. La tête d'Yvan Colonna, ce
n'est pas une nouveauté non plus, cela fait
belle lurette qu'elle est mise à prix
(...)
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