Nous publions cet articles en deux parties. L'intégralité de l'article est disponible dans l'espace abonnés ou au moyen du service téléphonique Allopass Corsica Ferries est-elle vraiment candidate pour les lignes Marseille-Corse? Contrairement aux affirmations, en stéréo, du président de l'assemblée de Corse, Camille de Rocca Serra et de Pierre Mattei, le directeur général de Corsica Ferries, ces économies ne seraient ni le fruit d'une meilleure gestion des coûts, ni les conséquences directes des bienfaits de la concurrence ultralibérale. Bien au contraire! Ces économies ne seraient rien d'autre que la conséquence du naufrage de la SNCM et de l'imposition d'un monopole: à Corsica Ferries le trafic passagers; à son alliée la CMN, le trafic des cargos mixtes. Pourquoi Corsica Ferries, jusqu'à ce jour, ne s'était-elle jamais présentée à l'appel d'offres sur les lignes au départ de Marseille? Pierre Mattei, son directeur général, n'en avait jamais fait mystère: Marseille ne l'intéresse pas. La distance qui sépare la capitale des Bouches-du-Rhône de la Corse est deux fois supérieure à celle de Toulon et de Nice. Le cahier de charges qui est imposé pour la délégation de service publique Marseille-Corse, représente, aussi, trop de contraintes pour la compagnie italo-corso-suisse. Pourquoi donc, soudainement, Corsica Ferries s'est-elle porté candidate sur ces lignes, avec une proposition bien originale: une offre partielle, au rabais, par rapport aux propositions formulées par la SNCM? Pourquoi intervenir dans le marché de délégation de service public lorsqu'on a toujours affirmé vouloir généraliser le système de subventions aux passagers transportés? Un système mis en place, singulièrement, par la CTC et qui permet de pouvoir toucher les subventions publiques, tout en contournant les règles, strictes, d'un cahier de charges contraignant? Posons-nous la question: Corsica Ferries est-elle vraiment candidate pour les lignes Marseille-Corse? N'assistons-nous pas, plutôt, à une opération médiatique de diversion? Une manuvre visant, seulement, à troubler le jeu et dont l'unique véritable objectif ne serait rien d'autre que de pousser la SNCM au naufrage. Une excellente opération financière Le naufrage de l'alors compagnie publique était aussi la solution proposée, dans un premier temps, par le gouvernement UMP, en septembre 2005. Rappelons-nous, il a fallu un long conflit social pour que le Premier ministre fasse marche arrière et impose l'opérateur industriel Veolia, à côté du fonds d'investissement Butler Capital Partners. Ce dernier avait été présenté, dans un premier temps, comme le repreneur unique de la compagnie. Un repreneur, dont la seule fonction était, visiblement, celle de gérer la liquidation de l'entreprise, en empochant, au passage, une plus-value bien loin d'être négligeable. Ensuite, le Gouvernement a infléchi sa position. Tout au moins en apparence. Le groupe Veolia, bien implanté sur le marché des transports, a fait son apparition et la privatisation de la compagnie a démarré. Il faut bien reconnaître que les racheteurs n'ont pas pris un grand risque. Moyennant une somme dérisoire, 35 millions d'euros, ils se retrouvent à la tête d'une compagnie qui, malgré son déficit de 32 millions, possède des actifs estimés à 450 millions d'euros. Sans omettre les quelque 142,5 millions d'euros supplémentaires de recapitalisation versés par l'Etat. Si demain la compagnie ne devait plus obtenir la délégation de service public au départ de Marseille, les repreneurs se contenteraient de quitter, tranquillement, le navire. Après l'avoir liquidé, bien entendu. Le naufrage de la SNCM pourrait donc se révéler, aussi bien pour Veolia que pour Butler, une excellente opération financière dégageant un bénéfice extraordinaire. Quant à Corsica Ferries, elle est confrontée au besoin, vital, de se retrouver seule sur le marché des passagers entre les côtes françaises et la Corse. Un marché bien étroit, qui est maintenu à flot grâce aux finances publiques... d'où l'intérêt d'essayer de capter le maximum d'argent public... tout en en offrant le minimum de garanties! Le séisme social promet d'être énorme Corsica
Ferries a investi... depuis bientôt 40 ans... à
perte! Elle est bien loin, elle aussi, d'être à l'abri du naufrage Son salut dépend principalement, sinon exclusivement, de la disparition de son principal concurrent... Les
véritables et seules victimes du naufrage de la SNCM,
on ne les trouvera sûrement pas du côté
des investisseurs privés. Les seuls perdants seront
les 2.400 salariés de la compagnie, dont 800 sont
résidants en Corse. Une région à
l'économie invisible. Qui pâtira, elle aussi,
d'une politique des transports revue au rabais. Pourtant,
il ne semble pas inquiéter outre mesure Monsieur
Camille de Rocca Serra. L'intégralité de l'article est disponible dans l'espace abonnés ou au moyen du service téléphonique Allopass. En voici le sommaire: -
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