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Veolia, n'a pas attendu d'être appelé à piloter la SNCM pour débarquer en Corse. La multinationale était en effet déjà présente sur l'île via sa succursale Kyrnolia, qui détient une partie importante du marché de l'eau. Depuis Marseille, les dirigeants de Veolia Environnement de la région PACA, observent attentivement si d'autres marchés pouvaient s'entrouvrir sur l'île. Même si on a affaire à une méga multinationale, le refrain est toujours identique: il n'y a ni petits marchés, ni petits profits Tout est bon à prendre, pourvu que ça rapporte! Une qualité remarquable: le prix Rien d'étonnant donc que, quand le 7 juillet 2006 le Syndicat d'étude et de préfiguration pour la mise en uvre du traitement des déchets ménagers et assimilés (Syvadec) a présenté une étude réalisée par le cabinet Merlin, proposant l'incinération annuelle de 160.000 tonnes de déchets chez Veolia PACA on s'est mis à scruter l'Ile avec un intérêt grandissant. En effet, la Corse connaît, depuis longtemps, un gros problème concernant le traitement des déchets. Le Syvadec, fondé le 17 mai 2005, a été chargé d'élaborer un projet global de traitement de déchets. Très rapidement, cet organisme a formalisé une décision stratégique: la construction d'une unité de traitement thermique. L'incinérateur en Corse, sur l'île de Beauté, il faut bien l'admettre, est une idée autant extravagante que polluante! Pour certains intérêts, il a pourtant une qualité remarquable: le prix. L'incinérateur est cher, très cher (jusqu'à 30% plus cher par rapport aux choix alternatifs non polluants). En Corse, on estime son coût final à 150 millions d'euros. Les demandes de subventions pourraient atteindre 80% de cet investissement très lourd. Investissement très lourd pour la collectivité, car les contrats avec les sociétés qui exploitent les incinérateurs sont par contre une source de profit non négligeable. Pour ces dernières. En effet, les contrats de longue durée prévoient, en général, un tonnage annuel minimum à fournir à l'exploitant. Dans le cas contraire, si le minimum n'est pas atteint les pénalités tombent! Et les profits augmentent pour les heureux exploitants. Le marché est porteur, à une condition. Il faut aller vite. Les normes en matière écologique changent, se durcissent, d'année en année. Et ceci préoccupe les leaders du secteur. En parlant de Veolia, l'agence spécialisée AOF souligne dans ses récentes dépêches: "Le groupe est exposé aux législations en matière de respect environnemental, dont l'endurcissement est synonyme de coût supplémentaire". Limpide. L'hermétisme est de rigueur
Nous
avons posé la question suivante au président
du Sivadec: Le projet de l'incinérateur est-il
toujours d'actualité? La réponse qui nous
parvient, par mail, est la suivante: En
pièce jointe, un article de Corse-Matin, le
seul quotidien insulaire, titre: "Le Syvadec donne
à son projet une empreinte écologique".
Laquelle? "Notre approche prend en compte l'empreinte
écologique du projet, c'est-à-dire sa charge
écologique globale sur le milieu", répond
Monsieur Tatti dans l'article. Un secret de Polichinelle N'ayant toujours pas obtenu de réponse, nous relançons Monsieur Tatti: "Vous êtes le président du Sivadec, c'est de votre responsabilité de présenter un rapport à l'assemblée de Corse: le projet de l'incinérateur a-t-il été abandonné ou bien demeure-t-il un projet encore envisageable?" "Je ne souhaite pas communiquer d'une manière simpliste sur un dossier compliqué et fondamental pour la Corse. Il faut que les choix de l'assemblée soient effectués en connaissance de cause et en toute transparence". Jusque-là nous sommes entièrement d'accord avec Monsieur Tatti. "Dès l'automne nous allons entrer dans une phase plus active puisque nous allons mettre en uvre notre plan pour fermer les décharges municipales non conformes et lancer un vaste plan de compostage". Nous le suivons toujours.
Pourquoi le président du Sivadec n'est pas en mesure de nous dire, si le projet d'un incinérateur dans l'unité de traitement des ordures ménagères est une hypothèse qu'il envisage pour l'île de Beauté? C'est oui, ou c'est non? En fait, pourquoi entretenir le mystère autour d'un secret de Polichinelle? Un "secret" qui est observé avec nonchalance par Veolia Environnement Nonchalance ne veut pas dire négligence. Nous posons la question. Le numéro un du marché est au courant du projet. Il attend que la collectivité territoriale s'exprime. Chez Veolia Environnement, délégation PACA, on finit par nous lâcher: "De toute façon il y aura appel d'offres. Suez aussi pourrait se présenter". A moins, qu'entre-temps, Veolia n'ait dévoré son principal concurrent. Ce dossier - format PDF - est payant L'intégralité du dossier PDF est déjà disponible dans l'espace abonnés et au moyen du service AlloPass. En voici le sommaire: -
Deux petits navires pour un marché à 100
millions |
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