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Exclusif: Le Sardinia Express, avec 229 personnes à bord, a frôlé la catastrophe. La sécurité des passagers et des membres d'équipage a été mise en danger.
Malgré un incendie dans la salle des machines, la procédure automatique de sécurité n'a pas été immédiatement déclenchée par l'équipage.


Par Enrico Porsia

Lundi 13 août 2007 (actualisé le 14 août à 9h30)


Corse: Guerre maritime pour la conquête de l'île par Enrico Porsia
Notre dossier exclusif en trois parties

Première partie: Qui veut couler la SNCM? à télécharger gratuitement

Deuxième partie: Transformer l'argent public en béton! 1,50 euros

Troisième partie: SNCM - Corsica Ferries: Le choc final 1,50 euros


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Qui se cache derrière le "Sardinia Express", le navire qui a pris feu au large de la Corse? Voici la réponse

L'extravagante publicité de Corsica Ferries

Depuis le premier août 2007, le Sardinia Express naviguait avec un seul bloc-moteur. L'autre, était en panne. Exceptionnellement il avait été autorisé, par le Registre italien naval (RINA) à prendre la mer avec un seul département moteur exploitable. Cette autorisation, exceptionnelle, était valable pour une semaine.

Le 9 août à 2 heures 30 du matin (hors délai de l'autorisation du RINA?) le Sardinia Express longeait les côtes corses. Le feu s'est déclaré dans le compartiment du seul bloc-moteur opérationnel. Le système automatique de sécurité n'a pas été déclenché, immédiatement. Bien au contraire, l'équipage a essayé de traiter l'incendie. Il ne pouvait donc pas avoir fermé toutes les portes donnant accès au département moteur. Le feu s'est d'ailleurs propagé à l'extérieur du département des machines. Les enquêteurs qui ont inspecté le bateau l'ont constaté.

Le CROSSMED (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage en Méditerranée) a été alerté à 2 h 58, que le Sardinia Express était victime d'un incendie au sein de l'un de ses compartiments machines. Contacté, le directeur du CROSSMED pour la Corse nous a affirmé qu'à 3 heures du matin, selon les toutes premières informations dont il disposait, le feu dans le local machines n'était pas sous contrôle. Il a ensuite contacté le commandant du Sardinia Express, qui lui a déclaré que le feu n'était pas totalement maîtrisé.

Face à cette situation, le CROSSMED a, "par principe de précaution, envisagé le pire: l'évacuation du bateau!" Il a mobilisé aussitôt les hélicoptères Super-Frelon, Dauphin et Lynx de la BAN Hyères ainsi que celui de la sécurité civile d'Ajaccio. Le bâtiment de soutien Carangue est également dirigé vers le Sardinia Express.

Une première équipe de pompiers est hélitroyée à 6 heures du matin.
Le CROSSMED nous a affirmé que, à ce moment précis, le feu n'avait pas encore été totalement maîtrisé.
A 6 heures du matin, le feu était confiné dans le compartiment machine mais il n'avait pas encore été complètement éteint. Le CROSSMED nous a affirmé que des points chauds étaient ancore présents dans le compartiment machine à 18 heures de l'après-midi.

La fumée a envahi tout le navire, circonstance inexplicable, si les portes étanches du département moteur avaient été fermées. Cet état de fait a failli mettre le feu au bateau. La catastrophe a été évitée de justesse.

Le directeur général de Corsica Ferries France SAS, Pierre Mattei(*) était très mal informé quand il déclarait dans Corse Matin du 10 août 2007 que "très rapidement et avec beaucoup de maîtrise et de sang-froid, les hommes d'équipage ont réussi à éteindre le sinistre en actionnant le système automatique d'extinction de feux à base de CO2". Si tel avait été le cas, l'anhydride carbonique aurait étouffé le feu en le privant d'oxygène. L'incendie aurait été maîtrisé en quelques secondes et aucune fumée n'aurait enveloppé les 229 passagers et membres de l'équipage.

Pourquoi l'équipage du Sardinia Express a choisi de tenter de maîtriser le feu, sans déclencher immédiatement le système automatique de sécurité ? Parce que depuis le premier août, le Sardinia Express transportait des centaines de passagers entre L'Italie et la Sardaigne avec un seul bloc-moteur opérationnel.

Le 8 août au soir, le Sardinia Express n'a pourtant pas hésité à quitter le port de Golfo Aranci, en Sardaigne, et ceci bien qu'un bulletin météo spécial (avis de tempête) eût été diffusé. Lorsque l'incendie s'est déclenché le 9 août au matin, dans le seul département machine fonctionnant, l'équipage savait parfaitement qu'en arrêtant le moteur et en déclenchant immédiatement la procédure d'urgence, le bateau n'aurait plus été gouvernable.
En effet, en ce moment même, le moteur tribord (en panne depuis le premier août) était démonté, et une équipe travaillait à sa réparation.
L'équipage a donc tenté, dans un premier temps, de maîtriser le feu, en essayant de ne pas perdre le seul bloc-moteur encore opérationnel.
Il ne faut pas être un expert pour comprendre que, privé de moteur, le bateau ne pouvait que dériver sans aucun contrôle.

Nous pouvons affirmer, sur la base des témoignages recueillis, qu'une réelle menace a pesé sur les 229 passagers et membres d'équipage.

Qui est responsable juridiquement?

La dénomination Corsica Ferries n'a aucune raison juridique. Seul Corsica Ferries France SAS, existe. Son activité est principalement l'affrètement des navires. Le Sardinia Express est armé par la société italienne Forship SPA, filiale de Lota Maritime, holding intermédiaire qui contrôle Corsica Ferries France SAS. La coque nue du bateau est la propriété de la société italienne Medinvest SPA, qui est à son tour contrôlée par le mystérieux holding suisse Lozali SA, société mère de la nébuleuse communément appelée "Corsica et Sardinia Ferries".

Nous attendons des réponses des autorités françaises et italiennes.

Développements dans nos prochaines éditions…

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(*) Depuis la publication de la première partie de notre dossier "Corse: Guerre maritime pour la conquête de l'île", Monsieur Pierre Mattei, sollicité à maintes reprises, a toujours catégoriquement refusé de répondre à nos questions. Le directeur général de Corsica Ferries France SAS s'est pourtant bien gardé de démentir nos informations...

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