Les précisions du directeur général de Corsica Ferries "Nos
finances sont saines", affirme pourtant Pierre Mattei, le
directeur général de Corsica Ferries. En novembre 2000, il avait déjà affirmé, sur FR3 Corse, que les intérêts de Corsica Ferries n'étaient pas "liés directement à Tourship Group". Etrange argumentaire, quant ont sait que jusqu'en 1998 Tourship Group contrôlait Corsica Ferries France, via la société tampon EGM SA. Pierre Mattei affirme aussi que les rapports financiers rédigés par le cabinet Alpha Secafi ne sont pas crédibles, car ils ont été commandés par le comité d'entreprise de la SNCM. Corsica Ferries s'est pourtant abstenue de porter plainte. Mais tout cela appartient au passé... De nos jours, si l'on se fie à ce que nous a déclaré le directeur général de Corsica Ferries, le groupe se porterait comme un charme. "Nous gagnons de l'argent", nous affirme, avec une grande assurance, Pierre Mattei. La preuve? "Tenez, je vous envoie les comptes consolidés de Lota Maritime (le holding 'intermédiaire' du groupe, NDLR)". "Peut-on aussi avoir quelques éléments concernant Lozali, le holding de tête?", demandons-nous. -- "Lozali ne publie pas ses comptes. Les actionnaires de cette société ne souhaitent pas communiquer sur leurs activités, seul le groupe opérationnel dans la partie maritime publie ses comptes. Et notre activité dans ce secteur est rentable. Le holding Lozali s'occupe aussi d'autres activités, qui n'ont rien à voir avec le maritime", nous explique Pierre Mattei. -- "Mais, si votre question est de savoir si nous gagnons ou nous perdons de l'argent avec nos activités maritimes, ma réponse est claire: c'est oui", souligne encore le directeur général. -- "Donc, votre groupe est en actif?" -- "Certainement". -- "Et Lozali, votre holding de tête, est-il en actif?" demandons nous encore. -- "Je ne vous ai pas répondu sur Lozali, je vous ai répondu uniquement sur les sociétés qui participent au groupe Lota Maritime". Etant donné que Lota Maritime est "coiffé" (comme il est clairement indiqué dans une brochure publiée par Corsica Ferries) par le holding suisse Lozali SA, nous nous permettons d'insister. -- "N'employez-vous pas une subtilité dialectique, Monsieur Mattei?" -- "No comment " est la réponse du directeur général, "Mais si vous vous donnez la peine de regarder les comptes de nos activités maritimes, vous verrez qu'ils sont clairs", nous affirme-t-il, "tout est écrit noir sur blanc et je ne vois pas en quoi les comptes de Lozali pourraient être utiles pour juger de la rentabilité de Lota Maritime et de Corsica Ferries. Comme vous pouvez le remarquer, nous jouons la carte de la transparence: je vous envoie notre bilan. Et vous verrez que, en faisant la somme des résultats de toutes les sociétés qui y apparaissent, nous sommes largement bénéficiaires". Une transparence impénétrable La lecture des comptes consolidés de Lota Maritime est pleine d'enseignements. Et aussi de surprises... Ainsi, le bilan "consolidé" ne l'est pas totalement. Deux navires, seulement, apparaissent dans le périmètre de consolidation du groupe Lota Maritime. Les sociétés SIME I, II, III et la société Medinvest SPA, qui détiennent 8 navires, ne sont pas consolidées dans le bilan, et pourtant elles sont annexées aux comptes qui nous ont été envoyés par Pierre Mattei. Pourquoi? Nous posons la question suivante au directeur général: "Selon la réglementation en vigueur, vous êtes obligés de consolider toute société contrôlée, même simplement 'en substance', par votre groupe. Pourquoi ne l'avez-vous pas fait?" -- Réponse: "Lota Maritime ne doit pas consolider ces sociétés, puisqu'elle n'en a pas le contrôle". -- Et qui les contrôle donc? -- Réponse: Lozali SA, le holding de tête du groupe. CQFD! En effet, comment est-il possible évaluer les comptes du groupe dans sa globalité, sans connaître la position du holding Lozali qui "coiffe" Lota Maritime et Corsica Ferries, et qui contrôle la majorité des sociétés détenant les navires? Lozali est solidement barricadé, à l'abri des Alpes suisses. Le holding n'estime pas nécessaire de publier ses comptes et n'autorise même pas Pierre Mattei à communiquer sur ses activités. Pierre Mattei, qui occupe aussi la fonction d'administrateur de Lozali SA, nous parlait de "transparence". Nous avons beau la chercher. Elle nous paraît aussi impénétrable que la porte d'un coffre blindé. Ce dossier- format PDF - est payant Première partie: Qui veut couler la SNCM? -
SNCM:
Un gouffre financier? Deuxième partie: Transformer l'argent public en béton! -
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