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Conflit d'intérêts à l'Office des Transports de la Corse?


Par Enrico Porsia

Vendredi 24 mars 2006



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A lire et voir sur le site de FR3 Corse l'émission "Cuntrastu":
Transports maritimes: La dernière ligne droite
Chronique d'une mort programmée

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L'
assemblée de Corse doit voter, aujourd'hui, 24 mars 2006, le cahier des charges qui définira la desserte maritime (fret, passagers) entre Marseille et la Corse pour les prochains six, voire sept ans. Le choix des élus est déterminant pour l'avenir de l'île. L'enjeu est de taille, quand on sait que l'enveloppe de continuité territoriale représente la moitié du budget de la Collectivité territoriale de Corse. Il n'est donc pas extraordinaire d'assister à une "bataille navale" d'envergure. Une bataille où tous les coups sont permis...

Le nouveau cahier des charges, qui sera présenté aux élus corses, n'est pas favorable à la SNCM. La compagnie publique perdra en effet près de 190.000 places, si les élus de l'île devaient voter, sans amendements substantiels, le cahier des charges élaboré par l'Office des Transports de la Corse. Dans cette hypothèse, selon nos informations, le groupe Veolia ne serait plus disponible à rentrer dans le capital de la SNCM. En effet, selon la volonté gouvernementale, la compagnie publique devrait être privatisée au mois d'avril 2006. Or, le retrait de Veolia signerait la mort de Société Nationale Corse Méditerranée. Pour la première fois nous assisterions donc à la liquidation d'une entreprise publique française… et ceci pour le grand bonheur de Corsica Ferries, la compagnie maritime privée contrôlée par un mystérieux holding domicilié en Suisse (voir notre édition du 15 février 2006).

La disparition de la SNCM ferait aussi le bonheur de la Compagnie Méridionale de Navigation (CMN), contrôlée par le groupe privé Stef-TFE (voir notre édition du 17 mars 2006). Une alliance objective semble se dessiner, de plus en plus clairement, entre Corsica Ferries et la CMN.

Comme nous l'avons affirmé dans notre dossier exclusif "Corse: guerre maritime pour la conquête de l'île", Monsieur Victor Castellani, directeur régional de la CMN a été étrangement détaché pendant six mois auprès de l'Office des Transports de la Corse (OTC). Quand on sait que la CMN est en conflit ouvert avec la SNCM (voir notre édition du 17 mars 2006), on peut légitimement se demander si cet étrange "détachement" ne s'apparente-t-il pas à un conflit d'intérêts. Un conflit d'intérêts d'autant plus évident que, comme l'écrit dans son édition du 21 mars 2006 le quotidien spécialisé dans les transports, L'Antenne, "Pierre Mattei, le directeur de Corsica Ferries est proche de Victor Castellani".

"Lors du congrès du Syndicat national des agents de voyage à Pékin, il y a un an, Victor Castellani ne faisait-il pas partie de la délégation de Corsica Ferries?" questionne, d'une façon impertinente, Nathalie Bureau du Colombier, journaliste à L'Antenne.

Mais, au fait, quelle était donc la mission de Monsieur Castellani, auprès de l'Office des Transports de la Corse?
Le directeur de la CMN en Corse a participé "à l'élaboration du futur cahier des charges" affirme Nathalie Bureau du Colombier dans les colonnes de L'Antenne. "Cette information est fausse" nous indique Monsieur Yves Carsalade, le directeur de l'Office du Transport de la Corse

Le directeur de l'OTC nous a affirmé que Victor Castellani, avait comme "seule tache, celle de participer à la rédaction du cahier des charges concernant... le transport aérien (sic!)".
Peut-on vraiment croire à cette version?
Monsieur Victor Castellani est le directeur régional d'une compagnie maritime. On peut donc imaginer qu'il dispose d'une compétence dans ce secteur. Pourquoi l'Office des Transports de la Corse aurait-il donc "déplacé" ses compétences de la "mer au ciel"?

Notre question est d'autant plus pertinente quand on sait que Monsieur Victor Castellani a été détaché à l'OTC de juin 2005, jusqu'à début janvier 2006... et que les travaux concernant l'appel d'offre du transport aérien se sont clôturés à la fin du mois d'octobre 2005. Qu'a-t-il fait le directeur régional de la CMN entre le mois de novembre 2005, et le mois de janvier 2006 à l'Office des Transports de la Corse? Nous avons contacté Monsieur Castellani. Il n'a pas souhaité nous répondre.

Nous avons alors interrogé le directeur de l'Office des Transports de la Corse. Tout comme Monsieur Castellani, Monsieur Yves Carsalade, lui non plus, ne nous a pas répondu... C'est dommage.

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