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Corse: Les étonnantes "abstractions" du secrétaire national du Syndicat des Travailleurs Corses


Par Enrico Porsia

Vendredi 12 mai 2006



Dans la motion que présentera Alain Mosconi devant le congrès du STC, le leader des marins nationalistes s'élève avec vigueur contre des entreprises privées telles que Véolia, Butler, et Easy Jet... en omettant, au passage, de citer Corsica Ferries...
S'agit-il d'un oubli?
"Ça ne peut pas être un oubli - nous précise le secrétaire national du STC - Corsica Ferries, ils sont là. Les autres, arrivent".

Notre dossier PDF de 41 pages à télécharger

Première partie: Qui veut couler la SNCM?

Deuxième partie: Transformer l'argent public en béton!

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Le 23 mars 2006, Alain Mosconi a accepté de nous rencontrer. Au cours de l'entretien, le secrétaire national du Syndicat des Travailleurs Corses (STC) nous avait affirmé son intention de demander à l'Etat comme à la Collectivité Territoriale de Corse (CTC), que Corsica Ferries présente l'intégralité de ses comptes, et notamment ceux de son holding de tête, Lozali SA, qui, abrité derrière les Alpes suisses, ne communique même pas sur ses activités (Voir notre édition du 17/03/2006).

"Il est inadmissible qu'une société dont l'actionnaire principal est en Suisse, puisse bénéficier de l'argent public", nous avait alors souligné, énergiquement, Alain Mosconi (voir notre édition du 27/04/2006). Corsica Ferries perçoit des subventions depuis 2001 (voir notre édition du 20/02/2006)... "Cette demande de transparence, que vous adressez à l'Etat et à la CTC, allez-vous aussi la rendre publique à travers les media insulaires?" - "Certainement, dès que l'occasion se présentera…" nous avait confirmé le secrétaire national des marins corses.

Plus d'un mois s'est écoulé... Il faut croire que pendant tout ce temps, Alain Mosconi n'a pas eu l'occasion de se retrouver devant un micro de RCFM, ni de France3 Corse... ni même l'occasion de publier un communiqué dans le Ribombu ou Arritti, les deux fleurons de la presse nationaliste… A ce jour, en effet, le dirigeant syndical n'a pas pu aborder, publiquement en Corse, la question des comptes invisibles du holding de tête qui coiffe Corsica Ferries.

Peut-être, la préparation du prochain congrès du syndicat nationaliste, qui doit s'ouvrir samedi 13 mai à Porticcio, a-t-il complètement monopolisé les énergies du leader des "mutins", non-grévistes (voir notre édition du 27/02/2006), du Pascal Paoli.... peut-être...

Et pourtant! Quelle n'est pas notre surprise lorsque nous découvrons que dans la motion que présentera Alain Mosconi devant le congrès du STC, le leader des marins nationalistes s'élève avec vigueur contre des entreprises privées telles que Véolia, Butler, et Easy Jet... en omettant, au passage, de citer Corsica Ferries... "Aujourd'hui, nous devons réaffirmer que les 'Butler', 'Véolia' et 'Easy Jet' sont autant d'abstractions pour notre pays que ce que peut l'être leur complice l'état français", écrit en effet Alain Mosconi.

S'agit-il d'un oubli?

Nous l'appelons, en lui posant la question.
"Ça ne peut pas être un oubli
- nous précise le secrétaire national du syndicat nationaliste - Corsica Ferries, ils sont là. Les autres, arrivent", nous explique-t-il. Avant de couper la conversation.

Doit-on comprendre par là que, contrairement à Véolia, Butler et Easy Jet, la compagnie privée Corsica Ferries, n'est pas une "abstraction" pour l'ile de Beauté, pour le pays d'Alain Mosconi? Doit-on comprendre que pour Alain Mosconi, la compagnie privée Corsica Ferries jouit d'un traitement particulier? Elle n'est pas désignée comme étant complice de l'Etat français...

Doit-on comprendre que le fait d'avoir été fondée par un certain Pascal Lota de Bastia, ainsi que le fait d'avoir "délocalisé" son holding de tête aux pays des Helvètes (voir notre édition du 15/02/2006), réputé pour son secret bancaire impénétrable, mette à l'abri la compagnie privée Corsica Ferries des foudres d'Alain Mosconi? Doit-on donc comprendre que la contradiction posée par le syndicaliste, nationaliste, est purement d'ordre "national": contrairement a Véolia, les dirigeants de Corsica Ferries sont corses. Doit-on donc comprendre que la question de l'origine des dirigeants d'une société prime, pour le syndicaliste nationaliste, sur la gestion de l'entreprise?

La question est posée.

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