|
Par
Enrico Porsia
|
Lundi
15 décembre 2003
|
|

|
|
Un
sous-marin d'attaque de la classe "Los Angeles"
basé à La Maddalena.
.
|
La
CRIIRAD (Commission de recherche et d'information
indépendantes sur la radioactivité) prend
très au sérieux l'accident du sous-marin
à propulsion nucléaire USS Hartford, survenu
le 25 octobre dernier dans les Bouches de Bonifacio,
entre la Sardaigne et la Corse. Le laboratoire
indépendant vient ainsi de demander de nouveaux
prélèvements. " Nous disposons des premiers
éléments sur les prélèvements
effectués les 17 et 18 novembre, mais nous souhaitons
effectuer des analyses complémentaires afin de
pouvoir établir une interprétation
précise ", nous déclare, mercredi 10
décembre, Corinne Castanier, la directrice de la
CRIIRAD
Le
député italien, Mauro Bulgarelli (Verts) qui a
effectué le 24 novembre dernier une inspection sur la
base US de La Maddalena ne nous cache pas son sentiment:
"Nous nous trouvons devant un fait incontestable, car si la
marine américaine a démis de ses fonctions le
commandant de la base ainsi que huit membres de
l'équipage du sous-marin, dont deux officiers, cela
signifie qu'on a frôlé une catastrophe de
dimensions inimaginables ".
|

|
|
Le
19 novembre, la CRIIRAD avait écrit à
l'ambassadeur américain à Paris, en
posant des questions précises sur les
circonstances exactes de l'accident du sous-marin
Hartford. Pour toute réponse, le laboratoire
indépendant reçut un courrier de 10
lignes et signé, non pas par l'ambassadeur,
mais par le colonel Ralph R. Steinke,
l'attaché de défense et militaire
à l'ambassade US à Paris. Il y est
écrit: "Monsieur Leach (l'ambassadeur) nous
a chargé de vous faire parvenir le
communiqué de presse officiel, transmis par
le commandement de la Sixième Flotte US"...
Un communiqué de presse, qui avait
été déjà rendu public
le 18 novembre, et qui explique, que l'incident
n'aurait entraîné aucun dommage
significatif ni au sous-marin ni à
l'environnement.
.
|
"Nous
attendons avec impatience la publication des
résultats de la part de la CRIIRAD, car ici, à
Bonifacio, l'inquiétude demeure", affirme de son
côté Geneviève Méjean, de
l'association de défense de l'environnement
bonifacienne ABCDE. Elle poursuit en posant des questions
qui en disent long sur la circonspection avec laquelle les
militants associatifs ont accueilli les communiqués
officiels: "Comment pouvons-nous faire confiance à
des analyses effectuées par l'Institut de
radioprotection et sûreté nucléaire
(IRSN), alors que cet institut officiel est placé
sous la tutelle conjointe des ministres chargés de la
Défense, de l'Environnement, de l'Industrie, de la
Recherche et de la Santé ?"
A La
Maddalena, les habitants doutent. "J'ai rencontré des
personnes qui m'ont juré que dans la nuit, tout de
suite après avoir entendu un fort bruit, 5 hommes se
sont précipités à la base. Qui
étaient-ils et que cherchaient-ils?" s'interroge
Giorgio Pisano, journaliste au quotidien L'Unione
Sarda. Et, encore, que s'est-il produit le 19 novembre ?
Il était environ 20h15, quand les habitants de La
Maddalena ont soudainement entendu deux
déflagrations. Ensuite, ils ont vu s'éteindre
toutes les lumières de l'îlot de Santo Stefano,
là où est située la base US.
Après, ils ont entendu le bruit de moteurs de
vedettes rapides et ils ont vu des lumières de
projecteurs s'agiter tout autour de la petite île qui
était plongée dans le noir. "Rien d'alarmant",
expliquent les militaires américains. "Je ne peux pas
croire un seul instant à la version qui nous a
été fournie", nous dit Salvatore Sanna,
fonctionnaire du ministère de la Justice italien qui
a siégé comme expert vingt ans durant à
la commission paritaire de sites militaires en Sardaigne.
"Selon
les informations que j'ai pu recueillir et selon mon
expérience dans ce domaine, je suis sûr que le
19 novembre il y a eu une tentative d'infiltration dans
le périmètre marin de la base
américaine. D'où l'alarme qui a
été immédiatement
déclenchée".
Une tentative d'infiltration? Mais par qui?
"On parle
beaucoup d'hommes-grenouilles des services secrets
français. Ça ne serait d'ailleurs pas
étonnant si, après le mystérieux
accident du sous-marin Hartford, la France essayait de voir
d'un peu plus près ce qui se passe à quelques
kilomètres de ses côtes", nous déclare
un élu municipal de La
Maddalena(...)
|
|