"C'est une victoire formidable, une victoire qui est celle d'une grande mobilisation populaire", nous déclare Mariella Cao, la porte-parole du comité 'Jetons les bases'. "C'est depuis 1999 que le peuple sarde lutte, dans une solitude parfois angoissante, contre la présence massive des bases militaires. Nous sommes l'île la plus militarisée d'Europe et nos élus ne pouvaient plus ignorer que la majorité des citoyens n'ont plus envie d'être les otages des bases militaires et des polygones de tir qui occupent 24.000 hectares de la terre sarde (pour comparaison, sur toute la péninsule italienne, 16.000 hectares de territoire sont destinés à des activités militaires). Les élus du conseil régional ne pouvaient ignorer non plus qu'en moins de 15 jours les associations ont déjà recueilli plus de 4.000 signatures afin de proposer un référendum régional consultatif qui posera clairement la question aux citoyens: êtes-vous pour ou contre la présence de bases militaires étrangères sur notre sol?" Au moment même où le conseil régional sarde se prononçait pour le démantèlement de la base atomique secrète US de La Maddalena, au parlement italien, le ministre de l'Environnement Altero Matteoli n'était pas très à l'aise pour répondre à la question parlementaire, faisant référence aussi aux informations publiées par Amnistia.net, présentée par les députés Bulgarelli et Lion (Verts). En effet, à la suite de la publication des résultats des analyses préliminaires effectuées par le laboratoire français de la Commissionde recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) en collaboration avec l'association de défense del'environnement bonifacienne ABCDE (voir notre édition du 14.01.2004), qui avait détecté la présence anormalement élevée de thorium 234 dans certaines algues collectées à proximité de la base US, les deux députés italiens ont demandé au Gouvernement de rendre publiques les mesures officielles relatives aux analyses effectuées dans le périmètre de la base atomique américaine. Des mesures officielles... jusqu'à ce jour mystérieusement insaisissables. "Le ministre de l'Environnement Altero Matteoli a admis en substance qu'il n'existe pas de mesures fiables de la part de l'Italie, et que pour cela il sera mis en place un groupe de recherche", nous déclare à la sortie de la séance parlementaire le député Mauro Bulgarelli. "Le ministre a aussi concédé à tous les organismes publics territoriaux intéressés le droit de pouvoir effectuer des analyses sur la route de transit des unités navales états-uniennes, à l'intérieur de la zone militaire. Et finalement", souligne encore Mauro Bulgarelli, "reconnaissant l'autorité de la recherche de la CRIIRAD, le ministre a contacté l'ambassade italienne en France pour démarrer un plan de mesures commun". "Nous continuerons à maintenir la pression tant que la US-Navy n'aura pas quitté nos côtes", affirme Mariella Cao, la porte-parole du comité 'Jetons les bases'. "Le 21 février, à Cagliari aura lieu une grande manifestation. Un seul mot d'ordre: La base atomique américaine dehors!" La balle
est maintenant dans le camp du gouvernement italien,
à qui la région sarde demande de faire
respecter la volonté de ses élus.
L'exécutif italien aura-t-il la volonté et les
moyens de dénoncer les accords secrets qui le lient
aux intérêts de Washington? Rien n'est moins
sûr. Abonnez-vous
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Les Enquêtes interdites.
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