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Accident du sous-marin nucléaire Hartford en Méditerranée: Le rapport de la US-Navy

Lundi 14 mars 2005


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Les dommages au gouvernail sur une photo prise par les plongeurs du bateau d'appui Emory Land tout de suite après l'accident. Le choc a été très violent.
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Un plongeur de la Emory Land coupe au chalumeau une partie du gouvernail tordu pour le dégager de la coque.
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e 25 octobre 2003, le sous-marin nucléaire USS Hartford, affecté à la flotte des sous-marins d'attaque de la base américaine ultrasecrète de La Maddalena, a subi un grave accident (voir notre édition du 19.11.2003 et tout le dossier "Les mystères de La Maddalena: Une base US contre l'Europe"). Immédiatement, les autorités militaires américaines, en collaboration avec leurs homologues italiennes, ont décrété le black-out sur l'information. Ce fut seulement le 12 novembre que la US-Navy publiait un communiqué rendant compte de l'accident. En minimisant, toutefois, son importance.
"Le sous-marin a heurté le fond de la mer", avait en effet déclaré le commandant Kate Mueller, porte-parole de la Sixième flotte US. "Le gouvernail et la partie inférieure du sous-marin ont subi des dégâts, mais il n'y a jamais eu de danger pour les personnes ou pour l'environnement".

A quelques encablures de là, sur l'île de Beauté, la communication officielle se voulait encore plus optimiste. Le 17 novembre, la Direction régionale des affaires maritimes de Corse affirmait que le sous-marin avait déjà été réparé et qu'il avait même pu reprendre "son programme de navigation". Rien de bien grave donc, sauf que l'US-Navy déclarait avoir désormais perdu "la confiance dans les capacités de commandement" du commodore Parker et du commandant Van Metre (voir notre édition du 15 décembre 2003).

Rien de bien grave... sauf que, contrairement à ce qu'avait affirmé la Direction régionale des affaires maritimes de Corse, le sous-marin Hartford ne pouvait même pas être remis en état sur place et, après des réparations provisoires, il avait dû être rapatrié d'urgence vers les chantiers navals de Norfolk en Virginie. Rien de bien grave, sauf que les dommages subis ont nécessité des interventions lourdes, en cale sèche, dont le coût est estimé à plus de 9 millions de dollars.

Pourtant, l'optimisme officiel était de rigueur. Le 12 novembre 2003, le ministre italien de l'Environnement, Altero Matteoli affirmait avec assurance: "Heureusement, les premières informations dont nous disposons indiquent qu'il n'y a pas eu de conséquences sur l'environnement".
Heureusement... à un petit détail près: en ce 12 novembre, le ministre de l'Environnement italien ne disposait d'aucune analyse scientifique fiable lui permettant d'exclure un risque radioactif important pour les populations sardes et corses.

En effet, c'est seulement le 14 janvier 2004 que Amnista.net révélait que le laboratoire indépendant de la CRIIRAD, qui avec l'aide d'associations de défense de l'environnement sardes et corses, avait pu analyser des échantillons d'algues prélevés à proximité de la base, n'avait détecté aucun radionucléide artificiel. "Ceci nous permet d'affirmer que l'accident du sous-marin atomique américain n'a pas provoqué une catastrophe majeure", nous certifiait Bruno Chareyron, le responsable du laboratoire indépendant.

Toutefois, il nous faisait part d'un doute concernant les rejets radiologiques qui pourraient être émis par la base américaine.

"Dans les échantillons d'algues rouges, prélevés à côté de la base, nous avons trouvé un taux étonnamment élevé de thorium 234, radionucléide associé habituellement à l'uranium 238. Il pourrait s'agir, bien évidemment, d'un phénomène naturel, mais il pourrait s'agir aussi d'un marquage radiologique dû au fonctionnement de la base militaire", nous précisait Bruno Chareyron (voir aussi notre édition du 21 janvier 2004).
Depuis, aucune analyse officielle n'a pu répondre à l'interrogation posée par la CRIIRAD: le thorium est-il naturel ou bien l'origine est-elle liée à des activités humaines... des activités militaires?

Le 20 septembre 2004 (voir notre édition du 23.09.2004), le réseau italien des "Scientifiques contre la guerre" publiait les résultats d'un travail de recherche qui mettait en évidence la présence d'un autre élément étonnant retrouvé dans les eaux de l'archipel: "Dans les échantillons recueillis le long des côtes de l'archipel de La Maddalena on a retrouvé une concentration inquiétante de radioactivité émanant du plutonium 239". D'où vient-il?
Encore une fois, et jusqu'à ce jour, les autorités italiennes, américaines et françaises ne semblaient pas être pressées de trouver une réponse à cette question fondamentale.

En attendant leur bon vouloir, nous avons pu reconstruire, minute par minute, ce qui s'est exactement produit le 25 octobre 2003, quand l'accident du sous-marin Hartford a failli provoquer une catastrophe majeure.

C'est grâce à notre confrère Antonio Zonza, directeur du mensuel Lo Scoglio, diffusé sur l'île de La Maddalena, que nous avons pu prendre connaissance du rapport rédigé en mars 2004 par la US-Navy. Un document qui relate précisément le récit d'un accident qui aurait pu avoir des conséquences terribles.
"Quand j'ai su que n'importe quel citoyen américain pouvait, en vertu du Freedom of Information Request, demander le rapport rédigé par la US-Navy, je n'ai pas hésité un seul instant", nous explique notre confrère sarde. "J'ai immédiatement pris contact avec des relations de nationalité américaine qui ont pu demander et obtenir l'intégralité du document".

Voici donc, le récit de l'US-Navy, extrait de ce rapport.
Un récit qui donne des sueurs froides
(...)

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