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Méditerranée:
risque nucléaire et silence
d'Etat
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Par
Enrico Porsia
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Lundi
6 décembre 2004
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A
la fin du mois d'octobre 2003, à 6 milles de
la Maddalena et à quelques encablures des
côtes corses, le sous-marin d'attaque
nucléaire Hartford, rattaché au
Squadron Submarine 22, a été
gravement endommagé. Et cela sans que le
gouvernement italien n'ait même eu
connaissance de la date précise de
l'accident.
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A
la fin du mois de novembre, Renato Soru, le président
de la région Sardaigne, s'est rendu à Rome
pour rencontrer l'ambassadeur des Etats-Unis, Mel
Sembler. Au cours du déjeuner, qui a eu lieu a
l'ambassade américaine de via Veneto, la base
nucléaire US de La Maddalena a constitué la
pièce principale du menu.
Renato
Soru a demandé aux autorités
américaines le démantèlement de la base
nucléaire, située entre la Sardaigne et la
Corse, au beau milieu du parc marin international des
Bouches de Bonifacio. Pour toute réponse, Mel Sembler
s'est engagé à "informer" l'administration
Bush de la "requête" venant de Sardaigne
Une
formule qui, pour bien d'observateurs, équivaut
à une fin de non-recevoir, même si elle est
déclinée avec un petit zeste de politesse
(...)
"Dans
onze ports italiens (Augusta, Brindisi, Cagliari,
Castellamare di Stabia, Gaeta, La Maddalena, La Spezia,
Livorno, Napoli, Taranto et Trieste) transitent et
s'amarrent des sous-marins à propulsion
nucléaire. Ceci entraîne des énormes
risques pour la population civile, vu la
possibilité d'accidents à conséquences
catastrophiques.
Un décret législatif de 1995 contraint
l'Etat à informer la population sur les risques
inhérents à la présence des sous-marins
nucléaires dans les zones portuaires. C'est une
obligation requise aussi par l'Union européenne.
Jusqu'à aujourd'hui, rien n'a été
fait en ce sens et les gens sont tenus dans la
complète ignorance", a dénoncé le
25 novembre 2004, au Parlement italien le
député des Verts Mauro
Bulgarelli(...)
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