L'accident, qui a coûté la place au commandant de la base, a été qualifié de minime par les autorités US. Selon la version officielle, le fait remonte au 25 octobre dernier, mais il n'a été rendu public officiellement que le 12 novembre... et cela uniquement suite à certaines fuites publiées par un hebdomadaire spécialisé américain! (voir nos éditions du 19/11/2003 et du 26/11/2003). Les mesures effectuées par l'IRSN n'ont révélé "aucune radioactivité anormale", indique l'Institut. Toutefois, l'IRSN note que les courants marins, à cette période, "n'étaient pas propices au transfert d'une éventuelle radioactivité émise depuis la zone d'incident vers les Bouches de Bonifacio"... exactement là où ont été effectués les prélèvements analysés ensuite par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. "Il fallait analyser des échantillons d'eau prélevés dans le périmètre immédiat de l'îlot de Santo Stefano, et non beaucoup plus au nord comme cela a été le cas. Si on choisit un endroit protégé par les courants, même en cas d'accident atomique, on ne retrouverait aucune trace de radioactivité. Les mesures qui ont été rendues publiques ne sont donc pas à même de nous rassurer". Voila ce que disaient, hier, les militants écologistes sardes qui avaient organisé un carrousel de bateaux autour de l'îlot de Santo Stefano afin de protester contre la présence de la base US qui, selon les souhaits de l'US Navy, pourrait être agrandie très prochainement. L'association
de défense de l'environnement bonifacienne, ABCDE,
qui avait quant à elle effectué des
prélèvements dans différents endroits
des Bouches de Bonifacio, et notamment dans les eaux
proches du lieu de l'accident, attend les résultats
des analyses. Les échantillons contenant les
prélèvements ont été
envoyés, par l'association bonifacienne, à la
CRIIRAD (Commission de recherche et d'information
indépendantes sur la radioactivité). A cause
d'un contretemps dû aux services postaux, le
laboratoire n'a reçu les échantillons que
vendredi 28 novembre. "Notre souci est que plus le temps passe, et plus il est difficile de déceler des traces de radioactivité", nous déclare Vincente Cucchi, la présidente de l'ABCDE, "et, il est bien dommage que nous ayons dû attendre plus de deux semaines avant que les militaires américains rendent public l'accident. Nos prélèvements datent du 18 novembre", précise-t-elle. Les
résultats de la CRIIRAD devraient être connus
le 15 décembre. En attendant, les
autorités américaines, italiennes et
françaises semblent avoir
décrété, unanimement, que l'accident du
sous-marin nucléaire Hartford n'a d'autre valeur que
celle d'un non-événement. Abonnez-vous
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