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La
Turquie embauche le Mossad?
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9
novembre 1998
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Il
y a quelques jours à peine, le président
israélien Ezer Weizmann s'était rendu sur
l'île en visite officielle. Il s'était
efforcé d'expliquer que le récent accord
militaire entre Israël et la Turquie ne contenait
aucune intention d'hostilité envers Chypre et la
Grèce. Et, pourtant, deux ressortissants
israéliens, Yigal Damari, 49 ans, et Udi Argov,
27 ans, ont été arrêtés
samedi à Chypre avec l'accusation
d'espionnage. Dans l'appartement qu'ils avaient
loué, près d'une importante base militaire,
les enquêteurs ont découvert du matériel
d'écoute très sophistiqué
branché sur la fréquence des forces militaires
chypriotes. Ils se seraient intéressés de
très près au futur emplacement de missiles
S-300 promis par la Russie. La Turquie, qui occupe le
nord de l'île, très inquiète par le
déploiement de ces batteries antiaériennes,
menace déjà de les bombarder.
Pour
essayer de dédramatiser les relations avec
Israël, les services de sécurité
chypriotes laissaient entendre que les deux espions
pourraient être des mercenaires à la solde
d'Ankara. Mais, selon le journal chypriote Haravgi qui cite
la radio militaire israélienne, Israël serait en
train d'essayer de récupérer ses deux
ressortissants par voie diplomatique. Ariel Sharon aurait
suggéré que "le cas devrait être
traité sans bruit." On peut le comprendre, car il
faut dire que ces derniers temps les fiascos se multiplient
pour les services israéliens. Le 25 septembre 1997
deux killers du Mossad sont arrêtés à
Amman, où ils voulaient tuer Khaled Meshal,
dirigeant du Hamas. Le 19 février dernier cinq autres
espions israéliens étaient
arrêtés en Suisse pendent qu'ils essayaient
de mettre sous écoute le téléphone d'un
militant d'origine libanaise près de Berne. Le
syndrome de l'arroseur arrosé se serait-il
emparé du Mossad?
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