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Au
moment où le débat sur la
discrimination est relancé avec
force, et que le Gouvernement avait
même proposé l'introduction
d'un un CV anonyme pour les demandeurs
d'emploi, il nous semble opportun de
publier une réflexion sur les
différents aspects de la
"discrimination positive".
Nous
publions donc ici avec l'aimable
autorisation des Editions Syllepse des
amples extraits du livre de Patrick Le
Tréhondat et Patrick Silberstein,
"Vive la discrimination positive!".
©2004,
Editions Syllepse.
Pas
plus que la Liberté ou la
Fraternité, l'Egalité ne
peut être une simple proclamation
dont la présence gravée dans
la pierre des frontons de nos mairies
attesterait de la
réalité.
L'Egalité, comme la Liberté,
n'est pas un état mais un processus
qu'il faut construire, consolider,
défendre, approfondir pour ne pas
dire radicaliser. Il s'agit donc
d'éclairer le contenu d'une
"discrimination positive", discrimination
"antidiscriminatoire" ainsi que les
mesures démocratiques et
égalitaires qui permettraient de
sortir des blocages actuels.
La discrimination positive est une des
propositions politiques qui permet
d'allier divers groupes sociaux autour
d'un projet qui n'apparaisse pas
circonstanciel mais qui cristallise la
volonté collective de voir la
société faire des "efforts"
particuliers pour éliminer les
discriminations héritées du
passé et pour tenter
d'empêcher leur reproduction. Dans
cet état des lieux qui parcoure le
monde, (des USA à l'Inde), sur la
réalité concrète de
politiques qui apparaissent vues de
l'hexagone comme innovantes dans ce
domaine, ce sont, dans cet ouvrage,
également, les pistes d'une
politique radicalement républicaine
qui sont proposées. Un point de vue
sans concession et
exigeant.
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Tous
les citoyens étant égaux aux yeux de
la loi sont également admissibles à
toutes les dignités, places et emplois
publics, selon leur capacité et sans autre
distinction que celle de leurs vertus et de leurs
talents.
Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen,
1789.
Imaginons
un cent mètres dans lequel l'un des deux
coureurs aurait les jambes attachées. Durant
le temps qu'il lui faut pour faire dix
mètres, l'autre en a déjà
parcouru cinquante. Comment rectifier la situation?
Doit-on simplement délivrer le premier
coureur et laisser la course se poursuivre, en
considérant qu'il y a désormais
"égalité des chances" Pourtant, l'un
des coureurs a toujours quarante mètres
d'avance sur l'autre. Est-ce que la solution la
plus juste ne consisterait pas plutôt
à permettre à celui qui était
attaché de rattraper son retard?
[
] Ce serait là agir
concrètement dans le sens de
l'égalité. [
] En
vérité, on ne peut considérer
avoir été parfaitement
équitable envers une personne
enchaînée si l'on se contente de la
débarrasser de ses chaînes et de lui
faire prendre place sur la ligne de départ
[
] en lui disant : "Voilà. Tu
es libre de rivaliser avec les
autres."
Lyndon
B. Johnson, président des Etats-Unis, 4 juin
1965.
Il
peut sembler pour le moins incongru, voire
intolérable, d'ouvrir cet essai par la mise
en exergue de la Déclaration de 1789 aux
côtés d'une longue citation d'un
Lyndon la Peste de sinistre mémoire.
Même s'il s'agit essentiellement de
rhétorique, le bourreau du Vietnam a su
trouver les mots justes pour expliquer ce qu'il
faut entendre par "affirmative action". Il est
d'ailleurs tout aussi incongru, voire troublant, de
constater qu'en France cette question est sortie
des amphithéâtres de droit et des
revues universitaires parce qu'un Nicolas Sarkozy,
alors ministre de l'intérieur, aura
lancé, comme un os à ronger,
l'idée de la "discrimination
positive".
Néanmoins,
la mise en parallèle de ces deux citations
nous invite avec une certaine brutalité,
à considérer la question de
l'égalité de façon dynamique
et non plus comme une donnée établie
et intangible.
Pas
plus que la Liberté ou la Fraternité,
l'Egalité ne peut être une simple
proclamation dont la présence gravée
dans la pierre des frontons de nos mairies
attesterait de la réalité.
L'Egalité, comme la Liberté, n'est
pas un état mais un processus qu'il faut
construire, consolider, défendre,
approfondir, pour ne pas dire radicaliser. Pour ce
faire, la volonté politique, l'appel
à l'intervention citoyenne des mouvements
sociaux, la mise en uvre de différents
dispositifs législatifs et
réglementaires et la mise en cause de
certains pouvoirs sont
nécessaires.
Nous
voudrions défendre ici l'idée de la
"discrimination positive", c'est-à-dire
d'une discrimination "antidiscriminatoire",
désignée aussi comme une
"contre-discrimination" par
Gwénaële Calvès ou comme une
"action compensatoire et réparatrice" par
Elise Marienstras. Dans son essai Je suis noir
et je n'aime pas le manioc, Gaston Kelman
[2003] compare la discrimination positive
à une "rampe pour que les personnes
handicapées puissent évoluer à
peu près comme tout le monde".
Il
s'agit d'éclairer ici les enjeux d'un train
de mesures démocratiques et
égalitaires qui permettrait, nous
semble-t-il, de sortir des blocages actuels.
Cette situation enferme en effet les unes dans les
effets rémanents de la division
sexuée tandis que les quelques cabines de
l'ascenseur social qui fonctionnent encore sont
inaccessibles à certaines catégories
de la population, parmi les plus démunies
certes, mais affublées de surcroît de
"stigmates" ethnoculturels.
Habile
bonimenteur qui chevauche le tigre en
espérant le dompter, Nicolas Sarkozy,
candidat putatif à la présidentielle
de 2007, doit néanmoins répondre
à une question simple: à qui
fera-t-il croire que l'on peut mener une
politique de discrimination positive digne de ce
nom alors que, dans le même temps, la droite
s'emploie à la destruction massive et
brutale des bases matérielles de
l'égalité héritées des
combats des générations
passées? La première des
discriminations positives n'est-elle pas en effet
une politique économique et sociale
(notamment dans par le biais de l'impôt
direct) qui oriente vers les plus démunis
(individus ou territoires) une part plus importante
des dépenses publiques et des prestations
sociales, favorisant ainsi la solidarité par
la redistribution? Nous sommes évidemment
loin du "donner plus à ceux qui ont moins"
avec l'offensive néolibérale de
destruction des acquis sociaux, des
solidartés et du service public dont les
frères Sarkozy comptent parmi les
maîtres d'uvre.
Nous
ne pouvons malheureusement que partager la crainte
de Philippe Bernard: "Il reste à faire en
sorte que le bébé - la
nécessité d'ouvrir l'emploi aux
membres des minorités visibles - ne soit pas
jeté avec l'eau du bain, une vulgaire
querelle préélectorale."
[Le Monde, 24 janvier 2004] En
effet, si au début de l'année 2004,
le débat semblait lancé - il ne se
passait alors guère de jour sans que les
mots de "discrimination positive" ne soient
prononcés à la radio ou à la
télévision - il n'y a eu qu'"fugace
flambée de discussion" [Epok,
2004]. Néanmoins, comme le note
Horizons 2015 [CNAF, juillet 2004],
plus de soixante dépêches de l'AFP ont
utilisé l'expression "discrimination
positive" en 2003 soitt qutre fois plus qu'entre
1997 et 2002.
Cependant,
en fait de débat, nous avons souvent
assisté au bal des masques où la
poudre d'escampette et la poudre aux yeux
dissimulaient difficilement l'embarras et les
difficultés à répondre aux
défis de la ségrégation par
autre chose que des effets de manche et des
formules magiques où le mot
"République" n'est souvent qu'un voile
destiné à cacher la
vacuité.
Les
politiques d'affirmative action mise en uvre
dès la fin des années 1960 aux
Etats-Unis ont été
désignées en français par
l'expression "discrimination positive" alors que la
traduction naturelle aurait été
"action positive". C'est d'ailleurs celle-ci
que les Canadiens ont choisie. Nous avons donc
hésité à reprendre à
notre compte les termes de "discrimination
positive" car nous partageons l'opinion de Sylvie
Kauffmann [Le Monde, 9 janvier 2004]
qui indique que, selon elle, celle-ci a
été choisie parce qu'elle avait une
"connotation péjorative". Faire ce choix,
écrit-elle encore, c'était
"déjà porter un jugement sur le
concept". Véronique De Rudder va dans le
même sens quand elle écrit qu'il
s'agit d'une traduction "falsificatrice"
[2001].
Ce
n'est pas tant finalement la reprise
générale de l'expression - Le
Monde du 17 septembre 2004 titrant par exemple
un de ses articles "Les entreprises tentent la
discrimination positive" - qui nous l'a fait
adopter, que l'abîme de réflexions
dans lequel nous a plongés son utilisation.
Car, au contraire du sociologue Michel Faure qui
dans les colonnes de Libération
considère que "discrimination" et "positive"
sont deux termes antinomiques, nous pensons qu'une
telle oxymore possède une insondable
richesse dialectique qui devrait, si un puissant
mouvement pour l'égalité des droits
politiques et sociaux s'en emparait, permettre une
transformation réelle et profonde de notre
société et de ses
institutions.
Il
est néanmoins vrai que la réception
en France de l'affirmative action sous les traits
de la "discrimination positive", en même
temps que déferlait ici la confusion autour
d'un "politiquement correct" censé ravager
les Etats-Unis d'Amérique, n'a fait
qu'entretenir les incompréhensions.
Enfin, les parti-pris et une certaine dose de
"franco-centrisme" plus ou moins bien
emballé dans le papier de soie d'un
pseudo-universalisme ont autorisé les
tenants, de droite comme de gauche, d'une
"rhétorique autosatisfaite sur les vertus du
modèle républicain" [De Rudder
2001] proclamé "universel" et donc
immuable, à empêcher tout débat
sérieux en dévalorisant le sens de la
discrimination positive. Pourtant, vingt ans
après la Marche des Beurs pour
l'égalité, la discrimination positive
s'impose désormais à nous comme une
réponse - parmi d'autres - à la
question que pose à la démocratie
politique et sociale l'existence de
minorités ethnoculturelles victimes de ce
qu'on pourrait appeler un "apartheid de facto"
[www.amnistia.net/news/articles/voile/voile.htm].
Elle s'impose aussi au vu de la situation faite aux
femmes pour lesquelles l'égalité
proclamée n'a, le plus souvent,
d'égale que le nom.
La
discrimination positive ne peut évidemment
se résumer à la nomination d'un
préfet "musulman" - ou, après
correction sémantique, d'un préfet
"issu de l'immigration". Pas plus que ne peut
suffire la nomination d'Ali Bencheneb comme recteur
de l'académie de Reims, ou l'affichage,
ambitionné plus que réel, sur les
plateaux de télévision d'une palette
colorée de journalistes et de vedettes du
show biz. Mais, faits du prince plus que politique
égalitaire systématique, ces symboles
sont le symptôme évident que la
préoccupation est désormais sur la
place publique. La France à la fois
plurielle à l'image des Bleus et monocolore
doit prendre des mesures pour que ses
minorités sortent de
l'invisibilité.
Néanmoins,
une fois les vents les plus mauvais apaisés,
le risque est grand de se contenter de mesures en
trompe-l'il et d'effets de manche.
Allons-nous encore une fois, en repoussant la
discrimination positive au nom de
l'égalité, laisser la discrimination
en l'état? Ou au contraire, allons-nous
enfin ouvrir une véritable bataille pour les
droits civiques et l'égalité qui
aille au-delà des slogans égalitaires
aussi généreux
qu'abstraits?
Pour
notre part, nous pensons que la bataille pour la
discrimination positive, dont nous allons
présenter ici quelques-uns des aspects, est
un élément essentiel de la bataille
pour l'égalité, afin que, pour
paraphraser Voltaire, cette "chose" si naturelle
qu'est l'égalité ne soit plus une
chimère.
Discrimination
positive et République
Les
politiques de discrimination positive ont en commun
de chercher à rétablir
l'égalité des chances et de corriger
les effets négatifs de situations
créées par l'histoire et les
inégalités devant l'accès
à l'emploi, à la formation, au
logement pour des groupes
désavantagés voire
discriminés.
Dans
un rapport publié en 1977, la US Commission
on Civil Rights proposait une définition de
l'affirmative action qui en résume la
philosophie tout en permettant d'en
appréhender le champ et la souplesse
d'application. Il s'agit de toute mesure qui,
au-delà de la simple cessation des pratiques
discriminatoires, permet de corriger ou de
compenser les discriminations passées ou
présentes ou d'empêcher leur survenue
dans l'avenir.
Ces
dispositions visent à "réparer",
à "corriger", à "compenser", à
"contrebalancer", à "nverser" les effets des
discriminations ethniques ou sexuées et les
tendances naturelles à la
pérennisation, d'une
génération à l'autre, des
inégalités qui en
découlent. Lesquelles
inégalités qui frappent des groupes
sociaux particuliers et identifiables - à
défaut pour certains d'entre eux de pouvoir
être nommés - peuvent être
qualifiées de "systémiques", ce qui
ne signifie pas évidemment que ces groupes
soient immuables et qu'il faille les naturaliser.
Pour Véronique De Rudder, c'est "le
traitement à la fois différent et
inéquitable dont ils sont l'objet" qui
cristallise ces groupes en renforçant chez
les individus qui les constituent "le sentiment de
partager une situation et des
intérêts". Ainsi, le fait que ces
groupes soient "socialement
considérées comme ayant des
caractéristiques propres, immuables,
naturelles [
] confortent cette
conviction" et ce sont ces "prétendues
caractéristiques" qui "justifient"
l'inégalité de traitement et
"concourent à la formation-définition
de groupes sociaux réels". Selon Manning
Marable [1995], auteur
africain-américain méconnu en France,
l'appartenance ethnique doit être
considérée comme une "identité
de survie" puisque l'impossible
égalité combinée au retrait
(ou à l'absence) de l'État-providence
ne laissent que la communauté comme espace
de socialisation et d'entraide.
Pour
Christine Delphy [1998, 2001], "ce n'est
pas la différence de sexe qui constitue les
exclus comme groupe politiquement pertinent mais la
différenciation dont ils font l'objet
qui accorde à la différence un sens
social précis". Les groupes sociaux victimes
de ces situations ne sont donc pas
réductibles à des minorités,
quelles qu'elles soient. La division sexuée
évoquée par Christine Delphy est une
des formes des divisions sociales qui appellent
correction par des formes de discrimination
positive.
Les
minorités ethniques, ethnoculturelles ou
nationales constituent une "partie" importante de
ceux qui sont redevables de telles
dispositions. Il n'est d'ailleurs pas absurde
de penser qu'au sein même de ces
minorités, les femmes sont elles aussi
redevables de "traitements spécifiques".
Deux auteurs étatsuniens, étudiant la
ségrégation spatiale,
socio-économique et raciale de leur pays,
résument cette situation en une formule: "La
discrimination cause la ségrégation
et la ségrégation maintient la
discrimination" et décrivent un "effet feed
back" en partie indépendant des
différenciations sociales qui peuvent
s'opérer [Massey et Denton
1993].
Il
s'agit donc de trouver les moyens politiques de
briser les mécanismes de ce racisme
institutionnel, de cette "ethnicisation de la force
de travail" qui permet, selon Immanuel Wallerstein
[1998], "de rendre possibles des salaires
très bas pour des segments entiers de la
force de travail", de retourner en leur
contraire les "signes génériques de
populations qui sont destinées
collectivement" selon Étienne Balibar
[1998] à l'exploitation capitaliste
ou à la relégation. Selon Mouna
Viprey [2002], la notion d'immigré
n'est d'ailleurs désormais plus liée
à celle de "migration" mais s'est
transformée "en une catégorie sociale
spécifique". Elle note que si la
tertiarisation touche de manière
équivalente les jeunes salariés, ceux
d'origine étrangère accèdent
au secteur tertiaire essentiellement par les
emplois de service non qualifiés: "Les
mécanismes de discrimination intentionnelle
ou non intentionnelle font système et cela,
à travers les sphères de
l'école, du marché du travail et de
l'habitat." Il est ainsi patent que la
présence des Français d'origine
étrangère et originaires des DOM-TOM
parmi les cadres des grandes entreprises publiques
et privées est très faible, ce qui
fait dire au Haut Conseil à
l'intégration [HCI, 2001] qu'"en
cultivant le silence sur cette question, les
entreprises [
] publiques ou
privées maintiennent le mythe selon lequel
'elle ne se pose pas', ce qui crée un
terrain favorable au maintien des pratiques
discriminatoires et des préjugés
[
]. La somme des silences individuels
crée un silence collectif qui, s'il ne
favorise pas en lui-même la discrimination,
empêche de la connaître et partant de
lutter efficacement contre elle".
La
France semble aujourd'hui sensible à la
question de la ségrégation et aux
moyens d'y mettre un terme. L'épuisement du
discours républicain, la polémique
sur le voile, l'offensive des fondamentalismes
religieux, la désaffection électorale
des couches populaires et la présence de
Jean-Marie Le Pen et de sa
"préférence nationale" au second tour
de la présidentielle de 2002 y sont
certainement pour quelque chose. La discrimination
dont est victime une part notable de nos
concitoyens, moins égaux que d'autres,
semble vouloir être désormais
abordée autrement que par l'éternel
retour à la rhétorique
égalitaire.
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Pour
mémoire
-- Les
Français nés de parents
algériens connaissent un
chômage quatre fois supérieur
à leurs homologues nés de
parents français.
-- Le
taux de réussite à bac + 2
est près de deux fois
inférieur pour les étudiants
ayant un de leur parent né à
l'étranger (hors Union
européenne)
-- La
part des jeunes d'"origine populaire" dans
les grandes écoles est
passée de 21 % au début des
Trente Glorieuses à 7 %
aujourd'hui. Comme les statistiques ne
nous disent pas la part des jeunes
"issu(e)s de l'immigration" dans ces 7 %,
nous ne pouvons que l'imaginer! [Le
Monde, 5 janvier 2004]
-- 22
% des femmes actives de la tranche de
15-24 ans sont au chômage contre 34
% pour les femmes d'origine
étrangère.
-- Selon
une étude du Crédoc, la
présence des Français
d'origine étrangère ou
originaires des DOM-TOM parmi les cadres
des grandes entreprises publiques ou
privées est "faible, voire
très faible" [Viprey,
2002].
-- Selon
le Groupe d'étude sur les
discriminations, à statut
socio-économique équivalent,
l'origine ethnique est un facteur qui
pèse négativement sur
l'attribution d'un logement
social.
-- En
Grande-Bretagne, 10 % des effectifs de la
BBC et 6 % de ses présentateurs
sont issus de l'immigration. En France, on
en est à un niveau dix fois
inférieur.
-- La
France consacre 0,36 % du PIB à ses
"territoires défavorisées".
La RFA a consacré 3,5 % du sien aux
territoires de l'Est après la
réunification.
-- Diverses
sources statistiques montrent que les
jeunes issus de l'immigration sont
nettement sous-représentés
dans les dispositifs en alternance du fait
essentiellement de la politique des
entreprises. D'autre part, quand ils
bénéficient de stages
réalisés dans des centres de
formation, ces jeunes sont plus
massivement orientés vers les
substituts à l'emploi alors que
quand cette formation se déroule en
entreprise et se rapproche de l'emploi,
ils sont moins représentés
[Viprey 2002].
-- La
probabilité de rester sans-emploi
est plus forte parmi les jeunes dont un
parent est immigré.
-- Comment
remédier au fait qu'aux Etats-Unis,
à statut social égal, les
élèves blancs issus de
familles pauvres sont six fois plus
nombreux à réussir les tests
d'admission à l'université
que leurs homologues noirs et hispaniques?
Les mesures économiques ne semblent
pas ici suffire.
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