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Italie: Les affaires "transparentes" de l'ex-chef d'Ordre Nouveau


Jeudi 22 septembre 2005



Le groupe de Zorzi possède aussi une boutique de luxe dans la Galleria Vittorio Emanuele, en plein centre de Milan.
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L
e journaliste du Figaro Guillaume Perrault s'apprête à publier un livre. L'ouvrage reviendra sur l'affaire Battisti. Le point de vue du journaliste, tel qu'il apparaissait dans ses articles du Figaro, était que l'extradition de Cesare Battisti était normale et légitime.

Peu importe que Battisti, comme des centaines d'autres ex-militants de l'extrême gauche italienne, avaient été accueillis en France grâce à l'engagement du président de la République de ne pas donner suite aux demandes d'extradition italiennes. Peu importe que Cesare Battisti était déjà comparu devant une juridiction française, la Chambre d'accusation de Paris, en 1991, et que deux avis défavorables à l'extradition avaient été prononcés par la Cour.

Peu importe, donc, que, en rejugeant une deuxième fois Battisti, la justice ait agi avec une étonnante désinvolture en ignorant un des principes du droit: on ne rejuge jamais une personne pour le même fait. Peu importe... face à l'importance des pressions italiennes.

Un accord avait été scellé. L'Italie, pays voisin et ami, pouvait accéder à sa requête.

C'est pourtant singulier de remarquer que les mêmes pressions exercées par l'Italie lors de l'affaire Battisti, ne soient plus à l'ordre du jour, quand il s'agit de rechercher certains ex-militants de l'extrême droite italienne. Une extrême droite putschiste qui était très étroitement rattachée aux officines d'Etat.

L'histoire de Delfo Zorzi est un exemple éloquent. Zorzi était un des leaders de l'organisation "criminelle et raciste" (ainsi fut-elle définie par la Justice) Ordre Nouveau. Il a été condamné pour différents attentats. Il est accusé d'avoir participé au massacre de Piazza della Loggia, en 1974 à Brescia, où l'explosion d'une bombe causa la mort de huit personnes. Plus de cent personnes furent blessées. Il a été acquitté, dans un procès d'appel très controversé, pour la participation à l'attentat, en 1969, de piazza Fontana à Milan, 17 morts e 84 blessés. En première instance, il avait été condamné à la perpétuité.

Zorzi a refait surface au Japon, où il a obtenu la nationalité. Il a aussi obtenu de changer de nom. Tout cela est très suspect, souligne le journaliste Pio D'Emilia qui a longuement enquêté sur Zorzi.

Ce dernier, s'appelle aujourd'hui Hagen Roi et il est à la tête d'un véritable empire économique, avec une série de sociétés dont les sièges se trouvent dans des paradis fiscaux.

Il a été impliqué dans différentes enquêtes internationales pour contrefaçon de marques et importation parallèle de produits griffés. "Il est suspecté d'être en rapport avec la criminalité organisée japonaise et coréenne", souligne l'hebdomadaire italien L'Espresso (...)

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