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Par ce courrier daté du 4 mars
1998, le Premier ministre de la France
réaffirme les engagement pris par
la République en 1985. Il s'engage
en outre à prendre les dispositions
nécessaires afin que les
exilés politiques n'apparaissent
plus dans le fichier des personnes
recherchées via le système
d'information de Schengen. Le
président Chirac n'a jamais
contredit la prise de position de son
ancien Premier ministre.
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L'écrivain
Cesare Battisti a été
arrêté mardi 10 février
à Paris par des policiers de la Division
nationale antiterroriste (DNAT). Très
rapidement, il a été
présenté devant un magistrat qui lui
a notifié son placement sous écrou
extraditionnel. Une procédure pour le
moins curieuse à l'encontre de quelqu'un qui
avait été déjà
jugé inextradable en 1991. Les doutes sur
les conditions de l'arrestation de
l'écrivain sont renforcés quand on
apprend qu'elle a mobilisé, en amont, la
collaboration de certains services très
discrets du ministère de l'Intérieur.
Essayons d'y voir plus clair.
Les
promesses de la République
Cesare
Battisti, aujourd'hui âgé de 49 ans,
fut dans les années 70, un militant actif de
l'extrême gauche révolutionnaire
italienne. Un passé avec lequel il a
rompu. C'étaient les "années de
plomb". Poursuivi par la justice, il fut
condamné à la prison à vie.
Une peine définitive prononcée en son
absence et sur la foi de déclarations de
"collaborateurs de justice", de "repentis". Une
justice qui ne s'embarrassait pas trop de
vérité, puisque le tribunal italien a
réussi à condamner Battisti pour sa
participation à deux meurtres commis le
même jour, à la même heure. L'un
à Milan et l'autre à Venise!
Après
s'être exilé pendant une dizaine
d'années au Mexique, Césare Battisti
s'était installé en France en 1990.
En 1985, par la voix de son Président, la
France s'était engagée à ne
pas extrader les anciens militants italiens qui
avaient rompu avec la lutte armée. Par
cet engagement, la République avait aussi
reconnu le caractère politique des graves
affrontements qui ont caractérisé
l'Italie des années 70. Battisti, comme des
centaines d'autres exilés italiens avait mis
sa confiance dans les promesses de la
République. L'Etat italien, de son
côté, n'a jamais digéré
cette manière de tirer les leçons de
l'Histoire, comme il n'a jamais renoncé
à assouvir sa vengeance.
Le
30 novembre 1990 Battisti est arrêté
à Paris à la demande de la justice
italienne. Placé sous écrou
extraditionnel, il comparait devant la chambre
d'accusation qui doit se prononcer sur son
extradition. Le 29 mai 1991, les juges
émettent un avis défavorable à
toutes les requêtes présentées
par les autorités italiennes.
Une
procédure bien étrange
Cesare
Battisti est désormais protégé
non seulement par la promesse de la
République, mais aussi par une
décision judiciaire. C'est un grand
soulagement qu'éprouve sa famille. Sa femme
est française, ils se sont connus à
Paris, aujourd'hui ils ont deux enfants. Battisti
donne enfin libre cours à sa passion,
l'écriture. Il s'est affirmé
professionnellement en tant qu'écrivain,
avec 11 romans à son actif. Vis-à-vis
de l'administration, sa situation est tout à
fait régulière. En 1997 la
préfecture de police de Paris lui
délivre une carte de résident d'une
validité de dix ans.
Pour
quelle raison, aujourd'hui, a-t-il
été arrêté de nouveau?
Pour quelle raison, une nouvelle fois, est-il
placé sous écrou extraditionnel... et
cela pour les mêmes faits? Une mesure qui
bafoue toutes les règles, puisque l'un des
principes fondateurs du droit exige qu'on ne rejuge
jamais quelqu'un deux fois pour les mêmes
motifs (...)
-
Mettre la France dans l'embarras
- Le
système d'information de Schengen et les
garanties du Premier ministre
- La "liste" du 11 septembre
- Une arrestation fortuite...
- La note blanche des "services"
- L'Etat de droit et la raison
d'Etat
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