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Extraditions politiques: L'axe Chirac-Berlusconi


Samedi 10 juillet 2004



A quand une intervention du Parlement européen pour que l'Italie supprime la référence au fascisme, à son chef Benito Mussolini et aux lois qu'il a inspirées?
Des références encore d'actualité dans le Code pénal italien, comme le prouve sa première page (voir document ci-dessus).

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A
l'occasion du 23e sommet franco-italien qui s'est déroulé à l'Elysée le 2 juillet dernier, le président de la République, Jacques Chirac s'est exprimé sur les menaces d'extradition qui pèsent sur plusieurs exilés politiques italiens réfugiés en France. Interpellé par une journaliste sur l'affaire Cesare Battisti, le président de la République, qui disposait déjà d'une réponse préalablement écrite, a donc lu les phrases suivantes:
"S'agissant de la question de son extradition, la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris y a donné une suite favorable. Cette décision a fait l'objet d'un pourvoi devant la Cour de cassation et vous comprendrez que j'attendrai la décision de la justice, c'est-à-dire celle de la Cour de cassation, pour faire connaître la position de la France".

Force est de constater que, en attendant la décision de la Cour de cassation, le président a néanmoins laissé entrevoir quelle était son idée sur la question. Jacques Chirac a en effet choisi ce moment pour donner son interprétation de "la doctrine française", une règle de conduite officiellement appliquée depuis 1985. Une règle codifiant le refus de toute demande d'extradition venant d'Italie qui visait les anciens militants des organisations combattantes de l'extrême gauche.

"Quant à ce que vous avez appelé 'la doctrine française'", a précisé Jacques Chirac, "je voudrais rappeler que le Président Mitterrand avait pris position, en 1985, alors que la loi italienne, à tort ou à raison, je n'ai pas de jugement à porter, faisait l'objet de débats notamment sur le plan européen en raison, je dirais, d'une certaine passion qui existait et que l'on pouvait comprendre à cette époque en Italie".

Ainsi le président français, sans "porter aucun jugement", semble convenir que "à cette époque" il existait "une certaine passion" qui agitait l'Italie. "Une passion", que le sénateur Giovanni Pellegrino, président de la Commission d'enquête parlementaire italienne sur le terrorisme, a définie, en 2000, en ces termes très précis: "En Italie s'est déroulée une véritable guerre civile, même si elle était de basse intensité" (...)

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