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Le
regard planté dans celui que lui renvoie son
miroir, il s'écoute roucouler sur une de ses
chaînes:
J'ai
mal quand je pense
Que tu pourrais me mentir
Je ne sais plus si je dois te croire
Quand tu me dis que tu m'aimes
encore...
Il
s'approche de son reflet, retrousse les babines,
dilate les narines, inspecte ses canines. Jamais il
ne s'est trouvé aussi beau: il vient de se
faire tirer la peau. Le scalpel a tranché
dans l'épiderme trop abondant, réduit
le menton qui tirait vers le triple, le bistouri
s'est promené sous ses yeux pour vider des
poches pleines comme ses coffres. Il en a
profité pour s'offrir une lippo-succion et
se faire enlever une disgracieuse excroissance de
chair sur la joue. Le bronzage d'une semaine, au
soleil sarde de la Maddalena, a masqué les
traces des chairs incisées. Du grand art. Un
domestique venu de Cyrénaïque lui tend
un verre de jus vitaminé quand il sort de la
salle de bains. Il l'avale d'un trait, repose le
cristal sur le plateau puis traverse la vaste salle
de réception du Palazzo Chigi dont le balcon
fait face à la colonne de Marc
Aurèle. Il ondule au rythme des lamentations
sirupeuses des violons, rejoint le Salon d'Or et
s'arrête devant un homme au brushing
impeccable. Ils fredonnent en riant les deux
derniers vers de la romance avant de se serrer la
main.
Je
sens que la vie veut nous séparer
Mais jusqu'à la fin, je
t'aimerai.
--
Merci de me recevoir, Silvio...
--
C'est toujours un plaisir, Roberto
Si je ne
t'avais pas à mes côtés, je me
demande qui pourrait tenir à distance cette
meute de juges mentalement dérangés!
Tu sais que je n'ai rien contre le Nord, mais ces
excités du tribunal de Milan commencent
à jouer avec le feu en relançant leur
putain de procédure pour corruption
Tu
vois ça comment? (...)
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l'intégralité de cette nouvelle
inédite publiée ici en version
française et italienne.
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in versione italiana e francese.
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