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Mussolini
est encore d'actualité
dans le Code pénal
italien:
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Décret royal du 19 octobre 1930:
"Le texte définitif du Code
pénal est approuvé...",
signé par le roi Victor Emmanuel
III, Mussolini et le Garde des sceaux
Rocco. C'est par ce décret royal
que commence l'édition 2001 du
"nouveau" Code pénal de la
République italienne, toujours en
vigueur.
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Dimanche
25 août, pour la première fois, la
République française, en trahissant
ses engagements, a livré à l'Etat
italien le militant de l'extrême gauche
italienne Paolo Persichetti. En effet, depuis
bientôt 20 ans la République
française s'était toujours
refusée à répondre aux
demandes d'extradition émanant des
autorités italiennes et concernant les
anciens militants des organisations d'extrême
gauche accusés d'être des
"terroristes" dans leur pays d'origine.
La
France avait, jusqu'à dimanche,
accordé donc un asile politique de facto aux
anciens militants de la gauche
révolutionnaire italienne, en
considérant implicitement que l'affrontement
social qui avait eu lieu en Italie dans les
années 70 et 80 était de nature
politique. Il ne faut en effet pas oublier que
dans ces années-là, l'Italie vivait
sous la menace permanente de tentatives de coups
d'Etat organisés par des organisations
secrètes comme la loge maçonnique P2
(voir
la liste des
adhérents)
qui, nous le savons aujourd'hui, était
sponsorisée directement par Washington.
Il
est intéressant de remarquer que la
République française a
décidé de tourner le dos à ses
promesses, en extradant Paolo Persichetti, au
moment précis où l'Italie est
gouvernée par une coalition de droite
comprenant des "post" ainsi que des "néo"
fascistes, coalition qui est présidée
par Silvio Berlusconi qui fut lui-même un
adhérent de la loge P2 où il
disposait de la carte n°1816. Cette
organisation illégale et secrète
faisant partie intégrante du réseau
de l'OTAN "Gladio-stay behind" (Voir
notre enquête "Le réseau Gladio et la
démocratie
confisquée")
était un véritable Etat dans l'Etat.
Tous les principaux responsables des services
secrets en faisaient partie, ainsi que 12
généraux des Carabiniers, 5
généraux de la "Guardia di Finanza",
22 généraux de l'Armée de
terre, 4 généraux de l'Armée
de l'air, 8 amiraux de la Marine nationale, et...
Silvio Berlusconi. (Voir
"La loge secrète du réseau
atlantique").
La
décision de livrer un militant
d'extrême gauche à l'Italie est
dictée, selon le ministre de
l'Intérieur Nicolas Sarkozy par "la
coopération judiciaire dans le cadre de la
lutte contre le terrorisme entre deux Etats de
droit". La première page du Code
pénal italien est aujourd'hui encore
"ornée" de la signature du Duce. Nous
trouvons singulier qu'un ministre de la
République française définisse
le droit mussolinien, encore en vigueur de nos
jours dans la péninsule italienne comme un
exemple de légitimité.
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Europe:
la justice n'est pas une marchandise
Le
19 septembre, la Commission européenne a
proposé de supprimer toute démarche
d'extradition en la remplaçant par un mandat
d'arrêt européen. Toute personne
"demandée" par un magistrat d'un Etat pourra
être arrêtée dans un autre pays
de la Communauté et être
transférée sur le territoire du
demandeur. Sans autres
formalités.
Depuis
les attentats à New York du 11 septembre,
les travaux destinés à mettre en
place ce dispositif avancent au pas de charge. Un
diplomate en poste au Luxembourg commentait le 17
octobre: "Le terrorisme emporte tout sur son
passage". Tout, même les principes de
liberté les plus
élémentaires. Ainsi le ministre
de la Justice française Marilyse Lebranchu
s'exclamait avec satisfaction "Le mandat
d'arrêt européen, c'est gagné".
C'est gagné... et cela, avant même que
cette question soit débattue par une
assemblée élective. Il faut bien
reconnaître que comme démarche
démocratique celle-ci est assez surprenante.
Et, pourtant, dans la philosophie de cet
étrange objet défini comme "L'Europe
en construction" une pareille procédure de
confiscation de tout débat aux élus
du peuple semble parfaitement légitime.
En
quoi consiste-t-il au juste cet étrange
objet qui s'appelle Europe? Une constitution? Elle
n'en dispose pas. Un parlement? Pour les domaines
sensibles (politique étrangère et de
sécurité ) il n'a qu'un pouvoir
consultatif. La clef de voûte, ce sont les
dispositions, les directives, les
négociations discrètes. L'Union
européenne actuelle est un pur produit de
tractations occultes et le droit communautaire
n'est rien d'autre qu'un espace judiciaire
conçu dans la pénombre. A cet effet
il est intéressant de souligner l'oeuvre du
Comité des représentants permanents
(COREPER). Ce comité a pour fonction
d'examiner les projets avant qu'ils soient
portés au niveau ministériel. Depuis
le traité d'Amsterdam de 1999, ce
comité de technocrates peut même
prendre des décisions au nom du Conseil. Le
COREPER, dont les membres ne disposent d'aucun
mandat électif, produit pourtant, "en toute
indépendance", le droit européen. En
profitant cyniquement des attentats du 11
septembre, ses membres ont donc proposé,
certes sous commission des ministres
intéressés, une coalition judiciaire
au nom de la "lutte aux terroristes".
Pour
eux, le rapport entre l'ex-agent de la CIA, le
milliardaire Ben Laden, les indépendantistes
basques, corses, irlandais, les anciens militants
rescapés des années de plomb en
Italie et en Allemagne, les manifestants anti-G8,
ou les activistes de la Confédération
paysanne, coule de source! Au moyen de
l'amalgame, ils passent en contrebande l'urgence
et, au nom de l'urgence, ils imposent l'exception.
Qui finit par devenir la règle.
Privée
de constitution et de pouvoir parlementaire, de
quoi dispose l'Europe? D'une monnaie et d'un espace
marchand. Elle s'est aussi dotée, depuis
peu, d'une charte des droits fondamentaux. "Les
peuples d'Europe ont décidé de
partager un avenir pacifique fondé sur des
valeurs communes". Des valeurs communes? Mais,
lesquelles? Nous nous retrouvons sur un
territoire où il y a plus de royaumes que de
républiques, parfois bananières. Et
que penser de la définition de "peuples
d'Europe"? Peuples, mais décidément
pas citoyens. Nous nous retrouvons donc dans un
espace marchand, privé de
représentation politique mais, ayant une
valeur... identitaire. Nous sommes définis
comme "Les peuples d'Europe". Nos valeurs communes
sont-elles donc le marché et...
l'ethnie?
Les
6 et 7 décembre prochains, le Conseil de
l'Union nous offrira une autre "valeur commune". La
justice d'exception! Car... c'est la guerre! La
guerre juste, forme moderne de la guerre sainte.
Qui est le mal absolu, l'ennemi? C'est "le
terrorisme". Qui n'est pas un Etat, ni une
idéologie. Bien souvent, d'ailleurs, le
terrorisme n'est rien d'autre qu'une
définition à géométrie
variable. Pendant la guerre d'Algérie,
c'était le FLN que les institutions
françaises qualifiaient de terroriste,
tandis que le préfet Papon et les
parachutistes tortionnaires n'étaient que
des bons et loyaux serviteurs de... la
République. Militaire.
C'est
donc au nom de la lutte aux terroristes que toute
condamnation à une peine d'au moins quatre
mois d'emprisonnement et toute infraction passible
d'une peine d'au moins 12 mois tombera, dans le
territoire de l'Union européenne, sous la
houlette des nouvelles normes. Celles-ci sont
dictées par la phobie
ultrasécuritaire du Comité des
représentants permanents et des hauts
fonctionnaires de la Commission. "C'est bien eux
qui rédigent, les ministres ne font que
signer" nous explique un expert en droit
européen.
Comme
le souligne l'avocat Antoine Comte: "en 1957 la
convention européenne interdisait
l'extradition lorsqu'une infraction était
politique". Demain, par contre, toute notion de
droit d'asile sera bannie entre les
différents états européens.
Et, cela au nom de l'Union, qui, soit dit en
passant, n'a même pas un statut de personne
juridique.
Cet
été l'ancien membre de la loge P2 et
actuel président du Conseil italien, Silvio
Berlusconi dénonçait "la
contiguïté entre le mouvement
anti-globalisation et le terrorisme". Demain, un
magistrat italien pourra faire arrêter un
citoyen d'un autre pays européen ayant pris
part aux manifestations de Gênes et le
faire transférer en Italie. Il y sera sans
doute très bien reçu par la police
pénitentiaire, qui s'était si bien
illustrée en passant systématiquement
à tabac tout manifestant
arrêté. Ensuite, le malheureux, sera
jugé dans la Péninsule et aura le
privilège de découvrir que le Code
pénal rédigé au temps de
Mussolini y est toujours en vigueur.
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