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La
date est inscrite. Ça sera symboliquement le
11 septembre prochain que le ministre de la Justice
italien (qui n'est autre qu'un des dirigeants de la
très xénophobe Ligue du Nord)
Monsieur Castelli présentera aux
autorités françaises la liste des
militants d'extrême gauche que le
Gouvernement de Berlusconi souhaite voir
extradés.
L'arrestation
et l'extradition expéditive de Paolo
Persichetti (voir
notre édition du
27/08/2002),
n'auraient pas été, selon nos
informations, décidées par les plus
hautes autorités de la République
française. Le ministre de
l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, n'aurait
même pas été, toujours selon
nos sources, mis aux parfum de cet "extraordinaire
exploit". L'extradition du militant italien
pourrait donc bien avoir été le fruit
d'une collaboration directe entre les services du
ministère de la Justice italien et ceux de
la Chancellerie française. Une collaboration
si étroite qu'on pourrait se poser la
question de savoir si Monsieur Perben, l'actuel
garde des Sceaux, n'aurait pas, lui aussi,
été court-circuité.
Afin
de bien rappeler à nos lecteurs les traits
de la personnalité de Silvio Berlusconi, qui
dirige actuellement l'Italie, fort de sa coalition
d'ultralibéraux, de "post"-fascistes et de
xénophobes, nous (re)publions aujourd'hui
l'article qui suit écrit au moment de
son élection. A nos lecteurs de juger si la
République française, dont le
président Chirac a été
élu avec des millions de voix du peuple de
gauche face au danger lepéniste, peut
s'abaisser ainsi et capituler devant les
requêtes du pouvoir berlusconien.
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Berlusconi,
le nouveau "duce"
La
gauche italienne s'est asphyxiée toute
seule. De compromis en compromis elle a non
seulement perdu son âme, mais lors de ces
dernières élections elle avait
même honte de ses origines. Les anciens
apparatchiks du PCI, après avoir
abandonné le "C" de communiste et le "P" de
parti, ont même abandonné la
référence de gauche en se
présentant dans une coalition qui s'est
autoproclamée de centre-gauche. Et que
proposait donc ce centre-gauche gouvernemental qui
mélangeait allègrement les
post-communistes avec des post-démocrates
chrétiens? De gérer le pays comme
à l'habitude, de conserver ce qu'il y a, de
garantir ce qui existe. De hisser au plus haut
le drapeau de la tradition.
Dimanche
dernier les Italiens n'avaient pas à
choisir entre deux programmes, entre deux
projets pour le pays. Dimanche dernier les
Italiens avaient le choix entre le statu quo,
(qui dure depuis... au fait, depuis combien de
temps? Sûrement depuis bien plus longtemps
que notre faculté de la mémoire)
et... Berlusconi. "La majorité des
Italiens qui l'ont désigné n'ont
pas forcément choisi une idéologie
(à part le fric, les magouilles et le
mauvais goût, il est bien difficile de lui en
trouver une) ils ont choisi un chef. Un chef
d'entreprise qui "s'est fait tout seul", qui
gère "tout seul" une constellation de
sociétés, qui commande "tout seul"
des milliers d'employés. Un homme qui s'est
même inventé un parti, Forza Italia...
Tout seul", comme le fait remarquer Curzio
Maltese dans Repubblica. Un homme qui
en pleine campagne électorale est
arrivé à proposer un contrat avec le
peuple italien qui ne comporte que, chose
exceptionnelle s'agissant d'un contrat, une
seule signature. La sienne. Silvio Berlusconi.
Le plus riche des Italiens ne dit qu'une seule
chose à ses compatriotes: "enrichissez-vous,
à moi de transformer l'Italie dans le
modèle simplifié de la parfaite
entreprise. Quant au reste... chacun pour
soi".
C'est
ainsi que demain nous verrons apparaître
une nouvelle république. Celle de 1946 a,
très vite, trahi la résistance
antifasciste. Celle des années 90 a
vu le pilotage de la part du pouvoir (de
centre-gauche) d'une armada de magistrats. Ce
même pouvoir les a transformés,
ensuite, en ingénieurs sociaux dont la
tâche était celle de lessiver le pays
des criminels, des mafieux... Tout en se gardant
bien de rechercher les causes sociales qui ont
favorisé et qui favorisent encore le
développement des rapports mafieux dans
l'establishment politique. Maintenant nous
verrons surgir une république nouvelle.
Cogérée entre l'ex-membre de
la
loge P2 (voir la
liste),
Berlusconi, et les "post" fascistes de Fini, elle
pourra enfin boucler la boucle: assassiner
l'histoire de la résistance antifasciste et
absoudre les criminels ayant les moyens de payer
une caution.
Son
article premier dira sans doute que "l'Italie
est une république basée sur la libre
entreprise" à l'image de son nouveau
"duce".
Mais
au fait comment a-t-il fait pour faire fortune le
richissime Silvio Berlusconi?
Dans
le lointain 1968, celui qui deviendra le
"Cavaliere" avait 32 ans et dirigeait
déjà une société,
Edilnord. A l'époque sa passion
n'était pas encore les médias,
à l'époque Silvio Berlusconi, le
bâtisseur, était dans l'immobilier.
Il acheta au comte Bonzi un vaste terrain dans la
banlieue de Milan d'une valeur de plus de 3
milliards de lires. Ensuite il y construisit
une ville nouvelle, en un temps record de 5
ans. Seulement, pour y arriver il a dû
débourser environ 500 millions de lires par
jour. Voilà le prix de son premier grand
chantier. Qui lui a donné l'argent? Qui
se cachait derrière les mystérieuses
sociétés financières suisses
administrées par un avocat de Lugano, Renzo
Rezzonico, qui ont apporté les fonds au
futur Cavaliere? A cette question Silvio
Berlusconi n'a jamais apporté une
réponse claire. A la rumeur qui veut
que c'est avec des capitaux illégalement
expatriés en Suisse que le futur chevalier
ait pu se financer, tout en blanchissant cet argent
douteux, Berlusconi n'a jamais apporté
un démenti convaincant.
En
1973 Berlusconi fonda une autre
société de BTP. C'était
une PME à responsabilité
limitée, Italcantieri SARL. Deux ans plus
tard cette société a reçu une
injection financière de 500 millions de
lires. Ensuite, 2 milliards
supplémentaires ont atterri à
l'improviste dans les caisses de Italcantieri qui
n'était plus une petite SARL, mais
s'était transformée en une
société anonyme, laquelle,
à travers un emprunt obligataire obtenait
encore 2 milliards de lires
supplémentaires. D'où venait
l'argent, quels étaient les partenaires
financiers de Berlusconi?
En
1975 Berlusconi donne naissance à une
société d'investissement,
Fininvest. Au départ il s'agissait d'une
société à
responsabilité limitée, mais six mois
après elle disposait de 2 milliards de lires
de capitaux et fut transformée en
société anonyme. Le 8 juin 1978
Berlusconi crée encore une autre
société qui s'appelle toujours
Fininvest mais qui, disposant uniquement de 20
millions de lires, est à nouveau une modeste
SARL. Le 30 juin le capital de Fininvest SARL
était augmenté, pour atteindre les 50
millions et, le 7 décembre 18 milliards.
Ensuite, le 26 Janvier 1979, les deux Fininvest
(SA et SARL) fusionnent. Et voici encore une
augmentation de capital. Après la fusion en
effet il y avait 52 milliards de lires dans les
caisses. D'où provenait l'argent?
Mystère.
Berlusconi
imagina aussi de donner naissance à 22
holdings qui détiennent les capitaux de
la société financières
Fininvest. Pourquoi? (voir
aussi notre édition du
10.04.2001).
Et pourquoi une grande partie de l'argent
détenu par ces holdings fut-il donné
en gestion à la société de
gérance de patrimoines Par.Ma.Fid. qui
comptait parmi ses clients, en même temps
que Berlusconi, Antonio Virgilio, le caissier
des principaux mafieux siciliens
spécialisés dans le trafic de
drogue? Simple coïncidence?
Il
faut dire que Berlusconi a un faible pour la
Sicile. En effet quand il décida, en
1979, de se lancer à la conquête du
marché des télévisions
privées italiennes, il chargea Adriano
Galliani de parcourir la péninsule afin
d'acheter des concessions de fréquences et
d'absorber des petites télés
privées dans toutes les régions du
pays. C'est sans doute un hasard si Galliani
commença sa tâche en s'envolant pour
la Sicile. Plus précisément dans
la banlieue de Palerme où l'homme de
Berlusconi fit son entrée dans la
société télévisuelle
Rete Sicilia Sarl. Cette société
avait la particularité d'être
dirigée par les frères Inzaranto,
Antonio et Giuseppe. Or il est intéressant
de remarquer que Giuseppe Inzaranto s'était
marié avec la nièce du boss mafieux
Tommaso Buscetta. Rappelons qu'à
l'époque, nous sommes en 1979, Tommaso
Buscetta n'avait pas encore été
arrêté, il n'était pas encore
le "super repenti" de la mafia, mais l'un des plus
importants chefs mafieux en activité. Mais,
sans doute, encore une fois, nous retrouvons-nous
face à une étrange coïncidence
du destin...
Voilà
donc comment Silvio Berlusconi a commencé
à construire son empire. Voilà les
origines bien opaques de la fortune du "Cavaliere"
du Travail. Voilà d'où vient le
nouveau "duce" qui bâtira la
république nouvelle, ultralibérale et
"post" fasciste.
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