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Il
y a un quart de siècle,
l'éventualité d'un coup d'Etat
d'extrême-droite était une
réalité en Italie, et la faiblesse
des institutions, l'emprise d'une classe politique
corrompue, la persistance de certains dirigeants
d'inspiration mussolinienne aux commandes, ont
conduit toute une génération à
penser qu'il fallait s'opposer au malheur par le
moyen des armes.
On
peut confortablement juger aujourd'hui qu'il
s'agissait là d'une erreur d'analyse.
L'histoire se fait dans la tourmente et
s'écrit dans le calme revenu.
On
fête en cette année le bicentenaire de
la naissance de Victor Hugo, proscrit
célèbre.
Sans
avoir participé à la Commune de
Paris, une révolution ouvrière
saccagée, massacrée, des fleuves de
sang dans Paris, il n'a cessé de se battre
pour que les milliers de combattants exilés,
dont sa grande amie Louise Michel, puissent rentrer
à Paris tête haute.
Au
Sénat, en février 1878, il
proclamait:
"Vous
n'avez qu'une chose à faire: ou la
grâce ou l'amnistie.
Qu'est-ce que la grâce? C'est une
peine.
Qu'est-ce que l'amnistie? C'est un
effacement.
Ce sont les deux contraires.
Les guerres civiles ne sont finies
qu'apaisées.
En politique, oublier, c'est la grande loi.
(...)
La guerre civile est une faute. Qui l'a
commise?
Tout le monde et personne.
Sur une vaste faute, il faut un vaste
oubli".
Quelques
années auparavant, alors qu'on lui proposait
de quitter Guernesey, sans que rien ne soit
changé à la nature du régime
qui gouvernait la France, il avait
répondu:
"Quand la liberté rentrera, je
rentrerai".
Sait-on
qu'aujourd'hui encore, à sa première
page, le Code Pénal italien porte, comme
l'un de ses initiateurs, le nom de Benito
Mussolini? (voir:
Extradition: quand la République
française trahit sa
parole).
Il
faut que cesse la menace permanente qui pèse
sur la liberté de nos amis italiens, et que
ce qui fut fait, huit années seulement
après la tragédie qui mit fin
à la Commune, serve d'élément
de réflexion aux autorités
italiennes.
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