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Italie: quand la liberté rentrera, je rentrerai...

Par Didier Daeninckx


Paris, samedi 31 août 2002

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Il y a un quart de siècle, l'éventualité d'un coup d'Etat d'extrême-droite était une réalité en Italie, et la faiblesse des institutions, l'emprise d'une classe politique corrompue, la persistance de certains dirigeants d'inspiration mussolinienne aux commandes, ont conduit toute une génération à penser qu'il fallait s'opposer au malheur par le moyen des armes.

On peut confortablement juger aujourd'hui qu'il s'agissait là d'une erreur d'analyse. L'histoire se fait dans la tourmente et s'écrit dans le calme revenu.

On fête en cette année le bicentenaire de la naissance de Victor Hugo, proscrit célèbre.

Sans avoir participé à la Commune de Paris, une révolution ouvrière saccagée, massacrée, des fleuves de sang dans Paris, il n'a cessé de se battre pour que les milliers de combattants exilés, dont sa grande amie Louise Michel, puissent rentrer à Paris tête haute.

Au Sénat, en février 1878, il proclamait:

"Vous n'avez qu'une chose à faire: ou la grâce ou l'amnistie.
Qu'est-ce que la grâce? C'est une peine.
Qu'est-ce que l'amnistie? C'est un effacement.
Ce sont les deux contraires.
Les guerres civiles ne sont finies qu'apaisées.
En politique, oublier, c'est la grande loi.
(...)
La guerre civile est une faute. Qui l'a commise?
Tout le monde et personne.
Sur une vaste faute, il faut un vaste oubli".

Quelques années auparavant, alors qu'on lui proposait de quitter Guernesey, sans que rien ne soit changé à la nature du régime qui gouvernait la France, il avait répondu:
"Quand la liberté rentrera, je rentrerai".

Sait-on qu'aujourd'hui encore, à sa première page, le Code Pénal italien porte, comme l'un de ses initiateurs, le nom de Benito Mussolini? (voir: Extradition: quand la République française trahit sa parole).

Il faut que cesse la menace permanente qui pèse sur la liberté de nos amis italiens, et que ce qui fut fait, huit années seulement après la tragédie qui mit fin à la Commune, serve d'élément de réflexion aux autorités italiennes.

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