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Mercredi
dernier une délégation de hauts
fonctionnaires du ministère de la Justice
italien a rencontré à Paris leurs
homologues français. Le but de cette
réunion de travail était d'examiner
la situation juridique des anciens militants de
l'extrême gauche italienne qui ont
trouvé refuge en France après les
violents affrontements sociaux qu'a vécue
l'Italie pendant les années 70 et 80.
Après l'extradition expéditive de
Paolo Persichetti, survenue dans la nuit de samedi
24 à dimanche 25 août, les
autorités italiennes s'apprêtent
à demander l'extradition d'une trentaine
d'exilés politiques qui vivent actuellement
en France. Comme nous l'indiquions
déjà dans notre édition du
29.08.2002, nous confirmons, aujourd'hui, que
l'extradition de Paolo Persichetti n'a pas
été directement décidée
par les plus hautes autorités de l'Etat
français. Selon nos informations, le sort du
militant italien a été scellé
par une collaboration directe entre des
fonctionnaires du ministère de la Justice
italien, épaulés par les agents de
l'UCIGOS, la police politique italienne qui est
autorisée à intervenir à
l'étranger, et de hauts fonctionnaires de la
Direction des affaires criminelles de la
Chancellerie française.
Mercredi
prochain, le 11 septembre, le ministre de la
Justice italien, Monsieur Castelli sera reçu
à Paris par son homologue
français Monsieur Perben.
A
cette occasion, selon le quotidien italien
Corriere della sera d'aujourd'hui 6
septembre, l'Italie présentera une
première liste comprenant 12 noms
d'exilés italiens dont le gouvernement de
Berlusconi solliciterait, avec insistance,
l'extradition. Il semblerait que les
autorités italiennes concentrent leurs
efforts pour récupérer surtout des
anciens militants des Brigades Rouges. Parmi les
exilés qui seraient visés en
priorité, par l'irrésistible envie de
vengeance berlusconienne, le Corriere della
sera cite les noms de six anciens militants de
la colonne romaine des Brigades Rouges. Nous tenons
à souligner que toutes ces personnes vivent
et travaillent au grand jour en France depuis de
très nombreuses années. Elles
disposent toutes d'un permis de séjour
régulier. Il nous paraît donc
incompréhensible que la République
française puisse se soumettre aux
injonctions d'un gouvernement italien dont le
ministre de la Justice Castelli est un militant de
la très xénophobe Ligue du Nord et
dont le président du Conseil, Silvio
Berlusconi est un ancien adhérent de la loge
occulte, antirépublicaine et putschiste,
P2.
Si
la France devait donner suite aux requêtes
italiennes non seulement elle abdiquerait sur tous
les principes du droit d'asile, mais elle se
disqualifierait aussi vis-à-vis des plus
élémentaires principes du droit.
En effet, plusieurs des ces anciens militants ont
été condamnés
définitivement et par contumace, en leur
absence, par les normes pénales italiennes
qui, en plus d'appliquer le Code mussolinien encore
en vigueur, sont régies par les lois
d'exception de "l'état d'urgence"
décrété dans les années
70. Rappelons-nous, en Italie point besoin de
preuves pour condamner un suspect: le
témoignage d'un repenti, un collaborateur de
justice, est suffisant. En outre selon le droit
français il est inconcevable de condamner
quelqu'un en son absence à une peine
définitive. Il convient donc de souligner
que, en cas d'extradition, les anciens militants
des BR ne seraient pas remis à la justice
italienne en vue d'être jugés, mais
directement entre les mains de l'administration
pénitentiaire afin qu'ils purgent une peine
décrétée en leur absence par
des tribunaux dont la norme, est
l'exception.
Hier,
au siège de la Ligue des droits de l'homme
à Paris, au cours d'une conférence de
presse le président de la LDH, Michel
Tubiana s'est adressé directement au
président de la République: "Il y
a une éthique et une morale en politique.
C'est à Jacques Chirac que nous nous
adressons, en lui demandant de respecter la parole
qu'il avait respectée auparavant". Michel
Tubiana faisait référence aux
engagements pris par François Mitterrand, au
nom de la République, en 1985, et toujours
respectés par la République
française jusqu'au 25 août dernier, de
ne pas extrader des anciens militants politiques
italiens accusés d'être des
"terroristes" dans leur pays d'origine. Mardi
prochain les avocats Jean-Jacques De Felice et
Irene Terrel doivent être reçus par
des conseillers du président Chirac au
palais de l'Elysée. Nous ne pouvons
imaginer, ne serait-ce un seul instant que le
président de la République puisse
trahir la parole donnée.
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