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Extraditions: la France ouvre grand la porte

Paris, mercredi 11 septembre 2002

Aujourd'hui, 11 septembre, après la réunion de travail entre les ministres de la Justice italien Monsieur Castelli et français Monsieur Perben, les représentants des deux pays ont expliqué, au cours d'une conférence de presse, l'accord qu'ils avaient conclu. Dominique Perben a tenu tout d'abord à assumer personnellement la responsabilité de l'extradition, dans la nuit du 24 au 25 août dernier, de l'exilé politique Paolo Persichetti. Ensuite, le garde des Sceaux a annoncé que, désormais, les anciens militants de l'extrême gauche italiens qui avaient trouvé refuge en France ne sont plus tous à l'abri d'une extradition. En effet, tous ceux qui sont accusés d'actes "d'une exceptionnelle gravité", quelque en soit la date, pourront désormais être expédiés au-delà des Alpes. En plus, ceux dont l'Italie réclame l'extradition pour des faits commis après 1982, verront leur sort désormais examiné au cas par cas. Le droit d'asile indifférencié et inconditionnel, que la République française avait offert aux anciens militants des organisations révolutionnaires italiens, en reconnaissant la nature politique de leur combat au cours des affrontements sociaux italiens des années 70 et 80 est, de facto, compromis. Est-il déjà enterré?

"Je remercie le gouvernement français pour son attitude sur le problème des extraditions si cher à notre pays" a affirmé de son côté Roberto Castelli, le militant du parti xénophobe de la Ligue du Nord à qui Silvio Berlusconi, un ancien de la loge P2, a confié le ministère de la Justice. Castelli a précisé que pendant la réunion avec Perben, les deux ministres ont élaboré une "plate-forme technique de travail".

Les plus sérieuses craintes existent que cette "technique de la plate-forme" n'enterre bientôt le choix politique de la République française d'offrir un asile et une protection aux exilés politiques italiens.

L'extradition expéditive de Paolo Persichetti n'était-elle donc que le premier acte de la trahison de la parole donnée par la République, il y a 17 ans déjà? Le virus de l'amnésie a-t-il contaminé, irrémédiablement, le nouveau gouvernement français?

Le sourire sur le visage de Roberto Castelli, le ministre berlusconien, à l'issue de son voyage à Paris est le plus mauvais des augures.

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