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Nicolas
Sarkozy a annoncé hier, 8 juillet 2008, que
la France allait extrader Marina Petrella:
"Conformément aux accords européens
que nous avons signés et aux
décisions de justice qui ont
été rendues, sous réserve que
le Conseil d'Etat confirme, la France extradera Mme
Petrella", a souligné Sarko Ier en
précisant que "l'Etat de droit" devait
être respecté. Ensuite, le
président français a admis qu'une
question humanitaire se posait aussi. Le chef de
l'Etat a donc annoncé qu'il avait
demandé au président du Conseil
italien, Silvio Berlusconi, de solliciter la
grâce auprès du président de la
République italienne, Giorgio Napolitano,
"compte tenu de l'ancienneté de la
condamnation et de la situation psychologique et de
santé".
Il faut bien reconnaître que ce dualisme
dialectique est autant extravagant que coutumier de
la part de Sarko Ier.
En
Italie, les alliés politiques de Berlusconi
ont réagi très violemment au
deuxième volet de la proposition
sarkoziste: "Il faut que Petrella, la rouge,
purge toute sa peine en taule!", "Pas question de
grâce aux terroristes rouges!" se sont
exclamés les alliés "post"-fascistes
du Cavaliere.
Quant
à Berlusconi... Sarkozy a
précisé avoir reçu une
"réaction positive" de sa part... Le
Cavaliere partagerait son analyse et aurait
accepté d'intervenir auprès du
président Giorgio Napolitano.
Problème: l'annonce de la proposition du
président français a
provoqué, comme l'a souligné le
quotidien La Repubblica, l'irritation du
président du Conseil italien. L'accord,
dont on ne connaît en réalité
aucune modalité, entre les deux chefs devait
rester secret...
Paolo
Bonaiuti, le porte-parole de Silvio Berlusconi a
tenté immédiatement de botter en
touche en soulignant que "le président
du Conseil sera seulement porteur de la
requête de Sarkozy. Mais il est
évident que le pouvoir de grâce est
une prérogative exclusive du
président de la République
italienne". Bref, Nicolas Sarkozy renvoie la patate
chaude à Berlusconi lequel la renvoie au
président de la République
italienne... L'hypocrisie est de
rigueur!
Résumons
la situation. Marina Petrella avait
été accueillie en France avec toutes
les garanties que propose aujourd'hui Nicolas
Sarkozy aux guérilleros des Farc (voir
nos éditions du 4
juillet 2008
et du 4
avril 2008).
Soudainement, alors que Marina a
déposé les armes, fondé une
famille, on lui explique que, trente ans
après les faits qui lui sont
reprochés en Italie, les règles ont
désormais changé. Il lui est
signifié que la parole de la France est
à géométrie variable. Bref, on
l'arrête sous un prétexte futile avant
de lui faire comprendre que l'engagement d'un chef
d'État français n'est que provisoire,
et qu'elle doit être enfermée à
perpétuité. Elle ne peut même
pas espérer purger sa peine en France,
là où vivent ses enfants. Non. Il
faut qu'elle aille se faire enterrer, à demi
vivante, dans les geôles italiennes. Dans un
pays actuellement gouverné par une coalition
composée par le Cavaliere et ses amis
"post"-fascistes, et xénophobes.
Face
à cette situation, Marina se laisse
mourir.
Son état est aujourd'hui
considéré comme très
grave.
Nicolas Sarkozy ment quand il oppose "l'Etat de
droit" à l'humanitaire... car, dans les
accords d'extradition franco-italiens, une clause
humanitaire est bel et bien présente.
Il
suffirait donc de se référer aux
textes pour libérer Marina Petrella, en
raison de son état de santé
alarmant.
Avant qu'il ne soit trop tard.
Une
chose est sûre, Marina ne tiendra pas
jusqu'à cet automne où le Conseil
d'Etat donnera son avis.
En cas de malheur, la responsabilité du
drame pèsera sur les épaules du
président français, Nicolas Sarkozy.
Et sur lui seul. Une responsabilité
écrasante.
Car c'est bien lui qui est en train de trahir les
engagements de la République. Qu'on le
veuille ou non, ces engagements prévoyaient
d'accueillir les anciens militants italiens
dès lors qu'ils renonçaient à
la lutte armée. Non pas de les livrer
à l'administration pénitentiaire du
pays voisin pour les enterrer en prison. Et cela
trente ans après la fin d'une guerre civile
jamais officialisée.
Signez
la demande d'application de la clause humanitaire
à Marina Petrella sur le site
paroledonnee.info
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