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Ingrid
Betancourt vient d'être libérée
et Nicolas Sarkozy vient d'envoyer un message aux
guérilleros des Farc.
Le président français demande aux
guérilleros: arrêtez votre combat. Si
vous déposez les armes, la France est
prête à vous accueillir.
Question:
quelle est la crédibilité de cette
proposition de Nicolas Sarkozy, alors qu'en ce
moment même, Marina Petrella, ancienne
militante des Brigades rouges, se laisse mourir
dans les prisons françaises?
Comme beaucoup de militants de l'extrême
gauche italienne qui avaient choisi la lutte
armée dans les années 70, Marina
Petrella avait, elle aussi, été
accueillie, officiellement, en France.
Elle avait eu la garantie de la République
française: une fois déposées
les armes, elle pouvait vivre en France. En toute
tranquillité. Tous les anciens militants des
organisations combattantes de l'extrême
gauche italienne ont alors été
régularisés vis-à-vis de
l'administration française.
Ce
choix du président Mitterrand n'était
pas une faveur. La France avait
considéré qu'un grave conflit social
avait parcouru la péninsule italienne.
La commission d'enquête parlementaire
italienne, chargée de faire la
lumière sur "les années de plomb",
était arrivée aux mêmes
conclusions: une guerre civile, de basse
intensité, avait secoué le pays. "Une
guerre civile jamais officialisée". C'est
dans ces termes, exacts, que s'était
exprimé le sénateur Giovanni
Pellegrino, qui avait la charge de présider
la commission d'enquête parlementaire en
Italie.
Plusieurs
centaines de militants des organisations
combattantes de l'extrême gauche italienne
avaient accueilli favorablement la proposition de
l'Etat français.
Aujourd'hui le gouvernement nommé par le
président Sarkozy, décide, avec une
nonchalance extraordinaire, que la parole
donnée par la République
française en 1985 n'a plus aucune
valeur.
Les anciens militants italiens d'extrême
gauche doivent donc être renvoyés dans
leur pays pour purger leur peine. Le gouvernement
actuel, se moque donc de la parole donnée
par le président de la République, au
nom de la France. Il est vrai que plus de 20 ans se
sont écoulés.
Qu'en sera-t-il, dans vingt ans, de la proposition
formulée aujourd'hui par la nouvelle voix de
la France, Nicolas Sarkozy?
Pendant
ce temps, les militants italiens ont
déposé les armes, se sont
intégrés à la
société française et ont
fondé des familles. Marina Petrella a deux
enfants.
Elle a été arrêtée
l'été dernier, juste après
l'élection de Nicolas Sarkozy.
La chambre d'instruction de Versailles a
donné un avis favorable à son
extradition.
Le Premier ministre François Fillon a
signé le décret d'extradition. Seule
une décision contraire du Conseil d'Etat
peut empêcher que l'ancienne militante des
Brigades rouges soit extradée. Une
décision du Conseil d'Etat... ou une prise
de responsabilité politique du
président de la République!
Si
Marina Petrella est extradée, elle sera
enfermée à perpétuité
dans les geôles du Cavaliere
Berlusconi,
qui était dans les années 70 un
membre éminent de la loge maçonnique
P2 (voir la liste des
adhérents).
Une loge maçonnique occulte, qui
était à la botte de Washington. Une
organisation antirépublicaine et putschiste
qui avait été activée, et
financée, par les Etats-Unis
d'Amérique pour mettre en uvre "la
stratégie de la tension". Une
stratégie qui prévoyait des attentats
terroristes et aveugles, tel que l'attentat de la
gare de Bologne, où en 1980 une bombe a
causé la mort de 85 personnes.
Face
à cette situation, face à la trahison
de la parole donnée, Marina Petrella a
choisi la "grève de la vie". Elle est en
train de se laisser mourir en
prison.
Que vaut la parole de la France?
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