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Battisti: La police politique italienne menace le comité de soutien français de l'écrivain


Lundi 19 mars 2007


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Mercredi 31 janvier 2007, le Canard enchaîné révélait, dans une petite brève, que "le ministre de l'Intérieur a relancé la traque de Cesare Battisti". "Sarko veut en faire un coup politique" - soulignait l'hebdomadaire, qui publiait l'information en marge d'une enquête consacrée aux manœuvres entreprises par les Renseignements généraux afin de déstabiliser la candidate socialiste.

Ce sont en effet les RG, actionnés par le ministre en personne, qui ont retrouvé la trace de l'ancien militant de l'extrême gauche italienne en surveillant attentivement les membres français du comité de soutien de l'écrivain. Une fois identifié le fil pouvant mener à Battisti, c'est la brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) qui a pris le relais d'une traque qui a duré plus de six mois. Il y a une dizaine de jours, deux fonctionnaires de la police judiciaire française se sont rendus au Brésil.

Le temps pressait car Nicolas Sarkozy souhaitait conclure l'opération avant de devoir quitter le ministère de l'Intérieur. Battisti a donc été arrêté par la police brésilienne aiguillée par les fonctionnaires aux ordres de la place Beauvau. Au moment de l'arrestation, les deux fonctionnaires français qui avaient fait le voyage au Brésil ont pu participer au dispositif mis en place par la police brésilienne.

Immédiatement après l'arrestation de Cesare Battisti au Brésil, c'est au tour du comité de soutien de l'écrivain de se retrouver dans le collimateur de l'UCIGOS (Bureau central pour les enquêtes générales et les opérations spéciales), la police politique italienne, qui est autorisée à intervenir à l'étranger (voir aussi nos éditions du 06.09.2002 et du 12.09.2002).

"Battisti a certainement bénéficié d'un important réseau de couvertures qui le supportaient financièrement", a déclaré à l'agence de presse italienne ADNKRONOS le préfet Carlo De Stefano, le directeur de l'UCIGOS. "C'est dans notre plus grand intérêt de faire le jour sur ce système de couvertures - continue-t-il - Certainement, il y en a eu en France, mais il en pourrait y avoir aussi en Italie, et nous continuons à travailler sur ce fait en étroite collaboration avec la police transalpine. Et je ne peux exclure des prochains développements".

Limpide comme de l'eau de roche: le patron de la police politique italienne menace, avec une désinvolture déconcertante, le comité de soutien français de l'écrivain... en comptant sur l'appui de la police nationale hexagonale!

Avec Sarko, tout devient possible.

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