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Italie,
années 70. Tentatives de coups d'Etat
militaires. Troubles sociaux. Bombes
meurtrières, posées par les milices
fascistes. Des milices liées au pouvoir en
place. Le pouvoir visible, la Démocratie
chrétienne, véritable
parti-régime qui a régné
pendant presque 50 ans sur la Péninsule. Et
le pouvoir occulte. L'organisation
clandestine de l'OTAN
Gladio.
La loge maçonnique atlantiste, putschiste et
antirépublicaine P2. Regardez
la liste de la P2, la "loge occulte". Le cavaliere
Berlusconi y figure en bonne
place.
Aujourd'hui, il a conquis le pouvoir. C'est la P2
qui a gagné. La P2 avec les "post"-fascistes
de Gianfranco Fini. Celui qui, il y a encore
quelques années, définissait
Mussolini comme le plus grand homme d'Etat du XXe
siècle,
est aujourd'hui le président de la Chambre
des députés. Une Chambre où
aucun député se réclamant sans
ambiguïté de la gauche n'est plus
présent. Les Italiens ont voté. La
P2, les "post"-fascistes avec les
"néo"-xénophobes de la Ligue du Nord
sont les maîtres du pays. Une fois le scrutin
terminé, les pogroms contre les campements
des Roms ont pu commencer. Et le pouvoir a pu
justifier "l'exaspération" des
Italiens.
En
d'autres temps, l'Europe s'inquiétait.
Rappelons-nous lorsque le parti de Haider
accéda au pouvoir en Autriche. En Europe, on
parlait de cordon sanitaire. Souvenirs.
Aujourd'hui, alors que la P2 est au pouvoir avec
les xénophobes et les héritiers du
Duce, l'Europe félicite le nouveau
gouvernement italien
Sait-on ici que
le
président de la Chambre, le "post"-fasciste
Gianfranco Fini, n'est autre que le
préfacier du livre
"Témoignage", une uvre
signée Nicolas
Sarkozy?
C'est
sous la présidence de Jacques Chirac que la
République française a trahi sa
parole.
La promesse avait été faite par le
président François Mitterrand:
les militants des organisations armées de
l'extrême gauche italienne, seront accueillis
sur le territoire de la République, du
moment où ils déposent les armes.
Ainsi, pendant 20 ans, les réfugiés
politiques italiens ont pu vivre officiellement sur
le territoire de la République
française. L'asile qui leur avait
été accordé était-il
une faveur du prince? Non. Le président de
la République avait engagé la parole
de la France, car il avait estimé qu'un
conflit politique avait eu lieu en Italie. En
pleine cohabitation avec Jacques Chirac, le Premier
ministre Lionel Jospin avait été
très explicite: La France n'extradera pas
les ressortissants italiens recherchés dans
leur pays pour avoir commis "des actes de nature
violente d'inspiration politique".
Les
mêmes conclusions étaient celles de la
commission parlementaire italienne qui avait pour
mission d'enquêter sur les "années de
plomb". Le sénateur Giovanni Pellegrino,
qui présidait la commission, explique:
"L'Italie a vécu une guerre civile jamais
reconnue. C'était une guerre civile de basse
intensité". Le président de la
commission d'enquête parlementaire souligne
aussi que, contrairement aux groupes paramilitaires
de la droite extrême, aucune organisation
révolutionnaire de l'extrême gauche
n'était liée à aucun service
secret, ni manuvrée par aucune
puissance étrangère.
Une
guerre civile, de basse intensité, une
guerre civile jamais officialisée a eu
lieu au beau milieu de l'Europe dans les
années 70 et le tout début des
années 80.
Le droit d'asile que la France avait accordé
n'était donc nullement une faveur.
La France considérait simplement les faits
historiques et assumait sa responsabilité de
terre d'asile en acceptant sur son territoire les
perdants d'une guerre civile qui avait
secoué le pays voisin.
2001.
Al-Qaïda frappe New York. Le choc est
énorme. La "guerre au terrorisme" est
déclarée. C'est en exploitant le choc
émotionnel causé par les attentats
que le gouvernement de Berlusconi met la pression
sur Paris. Et, le gouvernement Chirac
cède.
Paolo
Persichetti, enseignant à
l'université de Saint-Denis, est
arrêté
et extradé vers Italie le 24 août
2002. Ensuite, c'est Roberto
Castelli, ministre de la Justice italien et
responsable politique de la très
xénophobe Ligue du Nord qui se rend à
Paris
pour traiter d'autres extraditions. Rome et Paris
se mettent d'accord sur une liste.
En
février 2004, l'écrivain Cesare
Battisti est
arrêté
et placé sous écrou extraditionnel.
Trois ans plus tard, c'est le tour de Marina
Petrella.
Avec
une nonchalance inquiétante, le gouvernement
français extrade aujourd'hui des personnes
qui avaient été accueillies, hier, en
toute connaissance de cause. Elles avaient
été accueillies officiellement, car
Marina Petrella est bel et bien titulaire d'une
régulière carte de séjour
d'une validité de dix ans,
délivrée par les autorités
françaises.
Et, par là même, la France se
défausse de ses responsabilités
vis-à-vis de personnes qui vivaient depuis
des dizaines d'années sur son territoire,
qui ont fondé des familles, qui se sont
intégrées à la
société.
L'Etat
italien n'a pas le courage de regarder son
histoire. Il n'a pas le courage de tourner la
page des années de plomb, il n'a pas le
courage d'admettre les conclusions de sa commission
parlementaire et d'en tirer les conséquences
politiques qui s'imposent: décréter
une amnistie et tourner la page du conflit civil
qui a endeuillé le pays.
Pourquoi
la République française doit-elle se
rendre complice de la vengeance infinie que demande
aujourd'hui le cavaliere
Berlusconi,
l'ancien adhérant à la loge
antirépublicaine et putschiste P2,
secondé par Gianfranco Fini, ancien cadre
fasciste et actuel préfacier de l'hôte
de l'Elysee?
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