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12 mars, du 15 mars et du 26 mars), les manuvres entreprises par l'équipe au pouvoir, visant à accuser les indépendantistes basques de ETA du massacre qui a coûté la vie à 190 personnes, ont été déjouées très rapidement. C'est un fait assez rare. Très rare même car, bien souvent, quand on se trouve face aux puissants réseaux dont dispose un Etat afin d'orienter la lecture des informations, le travail de recherche de la vérité s'avère être extrêmement long et compliqué. La tentative en cours de la part des autorités italiennes de "récupérer" les anciens militants de l'extrême gauche ayant pratiqué, il y a 25 ans, la lutte armée, et ayant depuis trouvé l'exil comme seul refuge, en est un exemple significatif. C'est en 2002 que le gouvernement Berlusconi décide de se lancer dans cette entreprise. Pour ce faire, il exploite l'apparition dans la Péninsule d'un nouveau groupe armé qui se revendique des Brigades rouges. Une organisation qui s'était auto-dissoute à la fin des années 1980. Or, le 19 mars 2002, Marco Biagi, conseiller auprès du ministre du Travail est assassiné à Bologne. Ce meurtre est revendiqué par les Brigades rouges. Ou, plus précisément, par de "nouvelles" Brigades rouges. Qui se cache derrière ce sigle? (...) En exploitant les graves événements internationaux, Silvio Berlusconi a imaginé la possibilité de criminaliser le mouvement alter-mondialiste, très présent en Italie. La recette conçue par le "cavaliere" est la suivante: l'ennemi étant désormais "le terrorisme", il faut trouver le moyen de relier Al-Qaida aux Brigades rouges et ces dernières au mouvement alter-mondialiste! L'assassinat de Marco Biagi lui offre un prétexte précieux. C'est ainsi qu'il est suggéré aux enquêteurs, qui naviguent dans le brouillard, de s'intéresser aux brigadistes rouges, de l'ancienne génération, qui ont trouvé refuge, depuis désormais 20 ans, en France (...) Parallèlement,
les services secrets de Berlusconi imaginent une autre
opération destinée à manipuler
l'opinion publique. Pour la réaliser, ils
exploitent les relations nouvelles qui, après le 11
septembre, remodèlent les alliances en
Méditerranée. Notamment celles avec
l'Algérie de Bouteflika, un pays qui de nos jours
n'hésite même pas à accepter des accords
militaires que lui propose l'Oncle Sam. Un pays où
les services de renseignement militaires italiens sont
très bien introduits (...) Cet
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