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Sos-Racisme attaque Le Pen pour ses apologies de la Gestapo et des crimes de guerre

Vendredi 11 février 2005




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n janvier dernier, le journal d'extrême-droite Rivarol a publié une longue interview de Jean-Marie Le Pen dont le prétexte était de connaître son sentiment au sujet des commémorations dont l'année 2005 serait l'objet, notamment celles concernant le 60e anniversaire de la libération des camps nazis. La question de la directrice de publication, Camille-Marie Galic, formulée dans un français approximatif, était tout sauf neutre. Qu'on en juge:
"Que pensez-vous des commémorations de la fin de la seconde guerre mondiale avec la propagande qui va se déchaîner dès ce mois-ci et tout au long de l'année 2005?"

Le président du Front National a saisi l'occasion pour resserrer les rangs de son appareil politique, secoué par les divergences entre sa propre fille, Marine Le Pen et son dauphin, Bruno Gollnisch. La méthode est éprouvée, c'est celle de la provocation, de l'instillation du poison révisionniste, une méthode destinée à faire bouger, insensiblement, les lignes de l'admissible.

Pour Le Pen, "l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 555 000 km2".

Ainsi, après la stratégie du "détail" concernant les chambres à gaz, Le Pen en vient-il à la stratégie de la "bavure". Des bavures qui, rappelons-le, englobent les 70.000 déportés raciaux juifs " qui n'en sont jamais revenus", les 25.000 otages fusillés ou pendus, les 60.000 déportés politiques morts en captivité, les 60.000 victimes d'opérations terrestres nazies… Au total, on estime à plus de 600.000 les décès imputables à l'armée allemande, dont près de deux tiers de civils. Après cette négation des crimes de guerre au moyen de la minoration par le terme de "bavure", c'est-à-dire de dérapage et non d'action délibérée, Le Pen donne des exemples dont on cherche la trace en vain. Ainsi, s'appuyant sur un fait invérifiable, il gratifie la Gestapo de Lille d'une action de sauvetage des populations civiles. Ce qui lui permet de conclure que "si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques". Et il piétine dans l'ignoble en proclamant que "sur le drame d'Oradour, il y aurait ainsi beaucoup à dire". On se souvient que 643 personnes dont trois quarts de femmes et d'enfants furent exterminés par la division SS Das Reich. Entassés dans l'église du village, ils y périrent brûlés vifs.

Au moment où sont rappelées les conditions de la découverte par les soldats alliés de la réalité des camps, Le Pen parle lui aussi de "libération", mais son combat se situe à l'exact opposé:
"Nous devons libérer notre pays" proclame-t-il, mais l'ennemi n'a pas de brassard à croix gammée, l'ennemi, c'est la République, l'ennemi c'est ce qui permet de réfléchir aux abominations du passé, aux moyens à mettre en œuvre pour interdire leur répétition. Le Pen veut libérer le pays "des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des mesures d'exception", c'est-à-dire les lois antiracistes.

SOS Racisme a donc décidé de porter plainte, en citation directe, contre Jean-Marie Le Pen pour contestation de crimes contre l'humanité et d'apologie de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, un délit pour lequel il a déjà été condamné à sept reprises, le 14 janvier 1971, le 23 janvier 1987, le 28 janvier 1988, le 23 mai 1990, le 18 mars 1991, le 2 juin 1993 et le 26 décembre 1997.

L'action de SOS Racisme a été confiée à Maître Gérard Boulanger dont le travail fut essentiel, à Bordeaux, pour aboutir à la condamnation de Maurice Papon, et elle est soutenue, entre autres personnalités, par Raymond Aubrac, grande figure de la Résistance au nazisme. Il est possible de soutenir cette action en envoyant un message à nathalie.fortis@sos-racisme.org.

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